Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Banker

Des banques moins pessimistes

Les banques de la Cemac, au troisième trimestre 2020, se montraient déjà moins pessimistes quant au resserrement des conditions de crédit. Progressivement, les mesures prises par la Banque centrale et les autorités bancaires portent leurs fruits.

Par Laurent Soucaille

Entre le deuxième et troisième trimestre 2020, les banques de la Cemac se sont montrées moins pessimistes quant aux conditions économiques. Davantage qu’une politique de baisse des taux, elles sont sensibles aux assouplissements des règles prudentielles et à la politique d’injection de liquidité de la Banque centrale, relate le dernier numéro de La lettre de la BEAC.

Pour atténuer les effets négatifs de la crise sanitaire sur les économies de la Cemac, plusieurs mesures monétaires ont été prises par la Banque des États d’Afrique centrale. Son plan de riposte visait principalement à soutenir durablement la liquidité du marché monétaire, afin de faciliter le financement du secteur productif et des États.

Alors qu’au premier semestre 2020, la quasi-totalité des banques envisageait une détérioration de la qualité de leur portefeuille, moins des deux tiers ont maintenu ces perspectives pessimistes.

Afin de mieux adresser, avec les outils à sa disposition, les difficultés auxquelles ces dernières pourraient être confrontées la Banque centrale avait diligenté une enquête sur les perspectives économiques des banques de la zone.

À l’issue de la première enquête qui couvrait le premier semestre 2020, environ 80% des banques interrogées envisageaient un resserrement des conditions d’octroi de crédit – dont un léger durcissement pour 69% et un durcissement pour les 11% restants.

Les entreprises individuelles et les ménages seraient délaissés, tandis que les grandes entreprises bénéficieraient toujours de crédits. Or, cette perception des banques a évolué positivement au cours du troisième trimestre 2020, seulement 57 % de l’échantillon envisageant un resserrement de leurs conditions de crédit, dont un léger durcissement pour 52% et un durcissement pour 5 %. Cependant, les conditions d’octroi de crédits en faveur des PME apparaissent plus difficiles alors que le secteur des administrations publiques serait le moins impacté par ce resserrement.

Un soutien indéfectible

D’ordinaire, les banques montrent une faible sensibilité aux orientations du taux directeur de la BEAC et aux volumes de liquidité injectées sur le marché monétaire.

Pourtant, cette fois, cette évolution positive de leurs anticipations de crédits résulterait de la mise en œuvre des mesures d’assouplissement des conditions monétaire. Celles-ci, adoptées par le Comité de politique monétaire de la BEAC, visent à rassurer les entreprises et les établissements de crédit : le soutien de la BEAC est indéfectible.

D’autre part, les financements extérieurs reçus par les États de la Cemac pour la mise en œuvre de leur stratégie de riposte, ainsi que les engagements des différents bailleurs de fonds pourraient justifier l’amélioration de la perception des banques à l’égard des administrations publiques.

S’agissant de l’évolution de leurs liquidités, la proportion des banques projetant une baisse de leur trésorerie a reculé, passant de 85% à 71%. Le maintien des injections actives de liquidités, au-dessus des besoins exprimés par le système bancaire, est favorable. Cette politique a permis de rassurer les établissements de crédit et de contenir les risques de liquidité du système bancaire, en dépit des incertitudes économiques.

En matière de qualité de portefeuille, la deuxième enquête permet de conforter le fait que les banques sont davantage sensibles aux mesures prudentielles – ainsi qu’à la perception du risque –, qu’au taux d’intérêt. Alors qu’au premier semestre 2020, la quasi-totalité des banques envisageait une détérioration de la qualité de leur portefeuille, moins des deux tiers ont maintenu ces perspectives pessimistes.

BEAC : Perceptions banques

Cependant, la situation reste tendue au niveau des ménages et des PME, et moins délicate dans le secteur public. D’où de nouvelles dérogations temporaires prises par les autorités bancaires, en matière prudentielle, notamment à l’endroit des établissements de crédit et de microfinance affectés par la pandémie.

En définitive, il ressort des analyses que les perspectives de gestion de la liquidité des établissements de crédit sont tributaires de leur perception du risque. Celle-ci découle de la situation actuelle marquée par la crise sanitaire, mais les banques se montrent progressivement moins pessimistes. Enfin, les analystes constatent que les banques maintiennent leur soutien aux États de la Cemac, à travers leurs interventions sur le marché des titres publics.

LS

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts