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African Banker

Tidjane Thiam veut sa SPAC

L’homme d’affaires franco-ivoirien Tidjane Thiam serait en train de créer une structure d’investissement, de type SPAC, afin de prendre le contrôle de sociétés financières, y compris dans les marchés émergents. 

Décryptage de Kimberly Adams

Selon le Financial Times, Tidjane Thiam travaille avec JP Morgan à la création d’une structure spéciale destinée à nouer des accords dans le secteur des services financiers. L’ancien directeur général du Crédit Suisse semble séduit par la nouvelle mode des financiers, notamment américains, les SPAC : Special Purpose Acquisition Company.

Si elle se confirme, l’information du FT marquerait le retour de Tidjane Thiam dans le monde de la finance, près d’un an après son départ mouvementé du Crédit Suisse. L’homme d’affaires est l’un des piliers de la « task force » de l’Union africaine dans la lutte contre la pandémie de coronavirus.

Ces compagnies sont, de fait, des coquilles vides, c’est-à-dire des entreprises sans but commercial précis, sans personnel, etc., appelées à devenir des véhicules d’investissements. Bien que vides, ces compagnies font appel à la Bourse – généralement Wall Street –, se fixant comme objectif d’acquérir, grâce aux fonds recueillis, une ou plusieurs sociétés non cotées, dans un domaine d’activité défini à l’avance.

Lesquelles sociétés deviendraient ainsi, en quelques mois, inscrites en Bourse sans avoir à engager un long processus d’admission à la cote. À condition, bien entendu, que ses propriétaires acceptent de passer sous la coupe d’un nouveau partenaire financier.

En général, les financiers à l’initiative des SPAC sont des sociétés de capital investissement, des sociétés de gestion ou des Hedge Funds. Parfois, elles émanent de personnalités connues du monde de la finance, comme 2MX Organic, du tandem français Xavier Niel – Matthieu Pigasse.

Comme toute société, les SPAC convoquent des assemblées générales où les actionnaires approuvent les choix d’investissements. Avec une particularité : les actionnaires refusant ces choix peuvent demander à être remboursés de leur mise initiale !

Voilà qui atténue les qualificatifs de « chèque en blanc » ou de « sociétés blanc-seing » dont on affuble cette innovation financière. En général cependant, les investisseurs acceptent de s’embarquer ainsi les yeux fermés grâce à la réputation des fondateurs de la SPAC, souvent des investisseurs de premier plan issus de l’univers du Private Equity, et qui sont financièrement intéressés au succès futur de l’entité.

Par exemple, Richard Branson, le fondateur de Virgin Group, a levé 480 millions $ via une SPAC cotée à New York en octobre 2020. Bill Ackman, le magnat américain des fonds spéculatifs, a levé 4 milliards $ en juillet, montant le plus élevé à ce jour pour ce type de véhicule.

Une coquille vide de 250 millions $

Techniquement, prendre part à un SPAC revient à acheter une part au capital d’une entreprise (sans savoir laquelle !) à un prix plancher. En effet, le prix d’acquisition d’une entreprise est négocié avec ses propriétaires, tandis qu’une introduction en Bourse (IPO) dépend des conditions de marché.

On comprend qu’en 2020, année particulièrement volatile en Bourse, les SPAC aient rencontré leur public : selon la plateforme boursière Dealogic, 234 compagnies de ce type ont été introduites à Wall Street en 2020, pour un montant levé de 81 milliards $. On n’a dénombré que 59 SPAC en 2019, pour une valeur de 13 milliards $. L’engouement est tel que Wall Street (NYSE) est repassée devant le Nasdaq, le marché des valeurs technologiques, l’an passé, en termes d’activité boursière.

Concernant Tidjane Thiam, sa SPAC serait également cotée au NYSE ; elle serait principalement axée sur les investissements dans les entreprises de services financiers à travers le monde, y compris sur les marchés émergents. JP Morgan servirait d’appui à la structure dans sa collecte de fonds, qui pourrait atteindre 250 millions $, croit savoir le FT qui cite des sources anonymes dans l’entourage de l’homme d’affaires franco-ivoirien.

Le principal intéressé n’a pas commenté. Mais le quotidien londonien précise que le patron de JP Morgan, James Dimon, serait partie prenante, à titre personnel. Tidjane Thiam serait aussi en discussion avec des fonds souverains.

Si elle se confirme, l’information du FT marquerait le retour de Tidjane Thiam dans le monde de la finance, près d’un an après son départ mouvementé du Crédit Suisse. L’homme d’affaires, que l’on disait intéressé par un destin politique en Côte d’Ivoire, est membre du conseil d’administration du groupe Kering. Il est également l’un des piliers de la « task force » de l’Union africaine dans la lutte contre la pandémie de coronavirus sur le continent.  

KA

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