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African Banker

Samaila D. Zubairu, PDG d’African Finance Corporation, explique…

L’AFC accorde-t-elle beaucoup d’importance à la diversification? 

Oui, nous voulons diversifier le portefeuille d’investissements de l’AFC en augmentant le nombre de projets dans lesquels nous investissons – avec les États membres et les États non-membres. Jusqu’ici, nous avons investi dans plus de trente pays. Toutes mes priorités visent, au bout du compte, à combler le déficit de financement des infrastructures qui entrave la croissance économique de l’Afrique et freine la réduction de la pauvreté. 

Le manque de volonté politique et l’insuffisance des capacités pour exécuter les projets accroissent les risques liés au financement des infrastructures. Comment limitez-vous ces risques ? 

L’AFC réduit ces risques en investissant de manière responsable et durable dans le développement des capacités. Nous intervenons également dans le travail législatif. En outre, nous pouvons limiter les risques en respectant un cadre environnemental, social et de gouvernance. L’Afrique est composée de 54 pays dont les besoins en infrastructures diffèrent. Il n’existe pas de solution universelle. Néanmoins, les cinq secteurs que nous privilégions sont ceux dans lesquels les investissements peuvent faire le plus de différence. 

L’Afrique affiche des taux de croissance élevés. Pourquoi le continent ne parvient-il pas à attirer suffisamment d’investissements étrangers pour le financement des infrastructures ? 

L’Afrique attire des financements. Le portefeuille africain de l’OPIC, qui aide les entreprises américaines à investir sur les marchés émergents, s’élève actuellement à 6,1 milliards $, investis dans 128 projets à travers le continent. En 2017, l’Afrique subsaharienne représentait 27 % du portefeuille de l’OPIC. 

La Chine, lors du Forum de coopération Chine-Afrique l’an dernier, s’est également engagée à investir 60 milliards $ en Afrique : 15 milliards $ en subventions, crédits sans intérêts et prêts concessionnels ; 20 milliards $ de lignes de crédit ; 10 milliards $ consacrés à un nouveau fonds dédié au financement du développement et un fonds spécial de 5 milliards $ pour le financement d’importations venant d’Afrique. 

Que doit faire l’Afrique pour améliorer sa trajectoire de croissance ? 

Celle-ci est assez exceptionnelle aujourd’hui. Depuis 2000, au moins la moitié des économies à la croissance la plus rapide se situent en Afrique et six des dix économies à la croissance la plus rapide sont en Afrique de l’Ouest. 

Le FMI prévoit une croissance supérieure à 3 % cette année en Égypte, au Rwanda, en Côte d’Ivoire, en Éthiopie, au Sénégal et en Tanzanie. D’ici 2030, l’Afrique comptera 1,7 milliard d’habitants, représentant 6 700 milliards $ de dépenses. 

Toutefois, l’Afrique ne crée pas suffisamment de valeur ajoutée sur ses matières premières, entravant la croissance des industries en aval, qui génèrent l’impact socio-économique le plus important. Il faut créer davantage de valeur ajoutée. 

Le déficit élevé des infrastructures est dû en partie à la dépendance de l’Afrique vis-à-vis des financements étrangers. L’Afrique peut-elle financer elle-même ses infrastructures ? 

Pour disposer de fonds, les gouvernements peuvent émettre des obligations souveraines dans leur monnaie ou bien utiliser leurs fonds de pension ou les envois d’argent de la diaspora africaine. Les financements ne manquent pas – et les projets d’infrastructure non plus. 

L’Afrique attire des financements. Le portefeuille africain de l’OPIC, qui aide les entreprises américaines à investir sur les marchés émergents, s’élève actuellement à 6,1 milliards $, investis dans 128 projets à travers le continent. En 2017, l’Afrique subsaharienne représentait 27 % du portefeuille de l’OPIC. 

Ce qui fait défaut, ce sont les capacités et les compétences. Les pays africains peuvent renforcer les capacités en encourageant les citoyens à acquérir les compétences nécessaires et à rester en Afrique pour contribuer au développement du continent. Cela dit, les pays africains pourront trouver leurs propres financements. Ils n’auront d’ailleurs peut-être pas d’autre choix alors que le protectionnisme, le populisme et l’isolationnisme affectent les économies mondiales. 

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