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African Banker

L’avis de Ade Ayeyemi, Directeur Général de Ecobank Transnational Incorporated

À une certaine époque, des incertitudes planaient au sein du conseil d’administration. On a entendu dire que Qatar National Bank (QNB) souhaitait prendre le contrôle. Est-ce réglé ? Les actionnaires sont-ils satisfaits aujourd’hui ? 

Depuis que je suis à la banque, les actionnaires se sont montrés très solidaires entre eux et vis-à-vis de la banque. Je ne peux pas répondre aux rumeurs qui circulent, mais je suis en relation directe avec tous les actionnaires, de PIC (le fonds sud-africain), la SFI, QNB et Nedbank, et je peux vous assurer qu’ils coopèrent très bien. C’est ce que j’ai pu observer. Je ne vois pas d’animosité entre les actionnaires. 

Quand nous nous sommes parlé il y a deux ans, vous aviez pour objectif d’atteindre 100 millions de clients d’ici à 2020. Qu’en est-il aujourd’hui ? 

Nous sommes sur la bonne voie. Pendant la phase de consolidation de la banque, nous avions atteint 20 millions de clients. La croissance est exponentielle. Je suis très fier du travail réalisé par notre équipe – à la fois des personnes qui sont en contact direct avec la clientèle, de celles qui s’occupent des produits, et de celles qui travaillent à consolider les bases de la banque. 

Selon vous, l’industrie bancaire peut-elle être transformée par des bouleversements technologiques, tels qu’Alipay ou WeChat ? 

Le concept de paiement pour un bien ou un service existe depuis l’époque vénitienne ! Aujourd’hui, l’échange de biens et le dépôt des fonds à la banque se produisent simultanément. C’est la seule chose qui a changé.

Quand les gens paient avec leur téléphone mobile ou une carte bancaire, ils ne font qu’utiliser un mode de paiement comme un autre. Mais la différence, c’est que le paiement et le versement de l’argent sur le compte bancaire sont simultanés. Les transactions effectuées dans les commerces se produisent aujourd’hui directement sur les comptes de la banque. Les transactions sont miniaturisées et nous en avons des milliers. C’est le premier point. 

Le deuxième point, c’est le développement de la logistique qui permet aux consommateurs de commander, acheter et faire livrer des produits dans divers lieux. Ils n’ont plus besoin d’acheter en gros, car ils obtiennent rapidement les produits, en particulier grâce à la technologie qui permet de régler des achats en un instant. D’autre part, il est aujourd’hui possible d’envoyer de l’argent instantanément où que l’on soit et n’importe où dans le monde. 

Les jeunes peuvent faire un repas ensemble et partager la note. Au lieu d’une seule transaction, ce sont plusieurs transactions qui sont effectuées sur les comptes bancaires. 

Mais les gens ne risquent-ils pas de court-circuiter le système bancaire? 

L’échange de biens et services contre paiement n’a pas changé. C’est le mode de paiement qui a changé. Il faut un intermédiaire pour recevoir l’argent. Je ne sais pas ce que vous entendez par « court-circuiter ». Le téléphone mobile est le moyen par lequel l’argent est crédité sur le compte bancaire.

Les plateformes de paiement mobile ne possèdent pas d’agrément bancaire et ne conservent donc pas l’argent. Ces plateformes de paiement mobile remplacent l’argent en espèces que les gens gardaient dans leur poche. Elles remplacent le fourgon qui emportait l’argent à la banque. 

Je considère ces plateformes comme des partenaires. Elles peuvent collaborer avec nous et nous permettent de proposer un meilleur produit à la clientèle. 

D’après ce que vous dites, le nombre de transactions va augmenter. Cela ne peut-il être que bénéfique pour les banques ou pour les plateformes de paiement ? 

Cette tendance va profiter à l’économie et à la société, car les gens peuvent faire davantage de choses. Les données des transactions sont analysées. Plus on a de données, plus on peut planifier et mieux on peut coordonner et gérer l’économie. 

Estimez-vous que la réglementation change suffisamment rapidement pour vous permettre d’agir ? 

Oui. La réglementation est une bonne chose, car elle rassure le public sur la solidité du marché. L’objectif de la réglementation est d’instaurer la confiance et de s’assurer que les acteurs du marché respectent certaines règles. 

Que pensez-vous des taux d’épargne actuels en Afrique ? Devraient-ils être supérieurs ? 

Le taux d’épargne d’un pays doit être suffisant pour financer les investissements nécessaires dans l’économie. L’épargne au niveau mondial est suffisante pour les investissements internationaux – la question est de savoir si l’épargne est bien distribuée entre les pays. 

Laissez-moi vous donner un exemple. On a besoin de nombreux investissements en Afrique : il faut construire des hôpitaux, des routes, etc. Dans les pays développés, on voit des centres commerciaux vides, des parkings sans voitures.

Les besoins en infrastructures sont de plus en plus faibles. Si la demande d’investissement diminue, le rendement de l’épargne diminue. Dans les pays où la demande d’investissement est élevée, la demande peut être supérieure au taux d’épargne. Pour trouver un équilibre, il faudrait redistribuer l’épargne mondiale. Pour cette raison, je soutiens les divers marchés obligataires internationaux où les pays africains ont emprunté. 

Dans certains pays d’Afrique, le niveau d’épargne n’est pas suffisamment élevé. Mais, au niveau mondial, le taux d’épargne est suffisant pour les investissements à réaliser. 

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