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African Banker

Henri-Claude Oyima* : « Nous réajustons notre stratégie »

Au-delà de la réglementation, la mise en place de la ZLEC suppose aussi une révolution culturelle, pour permettre à l’Afrique de s’engager dans de grands projets. Comment allez-vous vous inscrire dans cet espace panafricain ? 

Si cette zone de libre-échange est mise en place et se développe comme nous le souhaitons tous, elle sera une raison supplémentaire de continuer à accompagner nos clients. Nous jouerons notre partition aussi bien auprès de nos clients entreprises que des particuliers. Aujourd’hui, note rôle est déjà d’accompagner les entreprises dans de grands projets structurants, ou les particuliers qui veulent investir. Dans le cadre de la ZLEC, cette capacité d’accompagnement de nos clients constituera incontestablement un atout pour notre groupe. 

La concurrence pour la matière grise et les compétences constitue aussi, aujourd’hui, un enjeu majeur. Comment préserver vos ressources ? 

Notre groupe a créé une école supérieure de la banque, BGFI Business School, qui constitue un laboratoire de création et d’observation des jeunes, une pépinière de laquelle sortent des jeunes de talents pétris aux métiers de la banque. Nos collaborateurs sont fiers et heureux de travailler pour un groupe multi-métiers, multi pays, et très performant. C’est une garantie de pérennité et d’espérance pour l’avenir. Nous offrons à nos collaborateurs une formation et des perspectives de carrière qui ne leur donnent pas de raisons particulières de vouloir aller travailler ailleurs. On dit souvent que l’herbe est plus verte dans le champ du voisin. Je vous rassure, elle est très verte chez nous ! Ceux qui croient très fort à la réalisation de grands projets et au développement de l’Afrique ont toutes les raisons de croire en BGFIBank. 

Peut-on faire un classement des pays où vous êtes leader, ou ceux dans lesquels vous occupez une place d’acteur important ? 

Nous finançons et accompagnons les entreprises et les particuliers. Les stratégies et les cycles de développement sont différents selon le stade de développement. Certaines filiales n’en sont qu’au stade du démarrage, d’autres sont en développement et d’autres, enfin, sont parvenues à maturité. Toutes nos filiales concourent chacune, à son niveau, au financement des économies africaines. C’est dire que chacune de nos filiales joue un rôle important dans le développement de son pays. 

Le poids des inerties, les pesanteurs n’entravent pas votre groupe dans sa stratégie ? 

Nos résultats sont en progression constante de même que la valeur de l’action BGFIBank. À la fin d’une journée, on peut toujours déplorer les pesanteurs, mais qu’est-ce qui compte ? La banque a-t-elle été performante ou pas ? A-t-elle créé de la valeur ou pas, pour ses actionnaires, pour ses collaborateurs, ou pour ses clients ? Est-elle ou pas un élément important du financement de l’économie ? La réponse à ces questions s’impose d’elle-même : nous sommes un acteur important du financement des économies africaines. Et ça, c’est au-dessus de tout. 

Quels sont vos défis des mois à venir ? Et comment comptez-vous les relever ? 

Le groupe s’est fixé six défis à relever au titre de son projet d’Entreprise Excellence 2020 : le défi réglementaire, le défi de la technologie, le défi de la dégradation des marges, le défi de l’image, le défi des pertes financières et le défi de la transformation de l’organisation et de la gouvernance. Vous aurez compris que notre enjeu majeur est de maintenir notre positionnement, notre stratégie, et ce que nous savons faire le mieux. 

Quelle est votre position à propos du débat empoisonné, qui monte en puissance, autour du franc CFA ? Quelle est l’attitude la plus réaliste ? 

C’est un débat que j’évoque avec réticence, dans la mesure où j’estime qu’il n’est abordé que lorsque nos économies sont en difficulté. Comme par hasard, lorsque nous connaissons une crise des matières premières, le débat sur le CFA surgit à nouveau. Que cette crise s’apaise, et l’on oublie le débat… En réalité, c’est un débat beaucoup plus politique ou philosophique qu’un débat économique. D’où ma réticence à m’exprimer sur cette question. Ce qui nous importe, avant toute chose, c’est le dynamisme des économies, leur développement, afin de satisfaire aux besoins de nos concitoyens par une bonne gouvernance en plaçant l’intérêt général au-dessus de tout. 

Le taux de bancarisation demeure extrêmement faible en Afrique, entre 12 % et 15 %. Pour quelles raisons ? 

De nombreux facteurs contribuent à cette situation. Le premier, qui est d’ordre psychologique, peut se définir comme une « peur de la banque ». En tant qu’institution financière, notre rôle est de rassurer les clients afin qu’ils nous confient leur épargne et consomment des produits financiers en fonction de leurs besoins. Le cadre réglementaire doit pouvoir être aussi adapté à notre culture et notre…

Le meilleur moyen de maintenir notre position, c’est de demeurer constant, en continuant à faire ce que nous savons faire. Nous nous différencions en outre de nos concurrents par la certification ISO qui atteste de la qualité des produits et des services que nous offrons à nos clients. 

… environnement. Enfin, je n’oublie pas le rôle des États dans la stratégie d’inclusion financière et de droit aux comptes avec la limitation des paiements en espèce. C’est ce qui fait que nous avons développé dans notre groupe de structures adaptées à tous les types de clientèle, depuis la microfinance jusqu’à la banque élitiste. 

Le secteur informel représente 85 % de l’économie africaine, ce qui représente énormément de liquidités en circulation. Quelle est votre stratégie pour capter cette manne, et pour favoriser l’inclusion des acteurs de ce secteur informel ? 

Le développement de l’inclusion financière est un impératif. Et c’est ce que nous faisons. Les structures de microfinance que nous avons créées nous permettent d’attirer une partie de ces acteurs. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls. D’autres ont créé des structures analogues. Au fur et à mesure que ces structures se développent, l’informel diminue. Nous devrons tenir compte, aussi, de toutes les incidences fiscales liées à cette évolution, que ce soit sur le plan politique ou économique. 

Entre le person driving et le process driving, quelle approche privilégiez-vous, en matière de gouvernance de votre groupe ? 

Nous privilégions à la fois la performance globale et l’apport de chaque collaborateur dans le cadre, bien sûr, du respect des stratégies, des politiques, des méthodes, de la déontologie et de la culture de l’entreprise BGFIBank. Il y a consensus, dans le groupe, autour des valeurs de travail, d’intégrité, de transparence, de responsabilité et d’esprit d’équipe. C’est aussi simple que cela. Ce n’est pas la forme des hommes qui compte, mais la forme de l’institution. Elle domine tout le reste. Elle a sa stratégie, sa déontologie, son code éthique, ses valeurs. Celui qui respecte tous ces critères peut prétendre assumer la direction de société au sein de Groupe BGFIBank.

*Président de BGFIBank

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