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African Banker

Abdelwaheb Ben Ayed, PDG de Poulina

Face aux réticences des banquiers 

Poulina a pu se développer pour devenir en cinquante ans un géant comptant plus de cent entreprises, sans compter la myriade de structures dans l’agriculture, un secteur ne figurant pas dans le périmètre consolidé du groupe.

Quand on lui demande quelle activité est la plus importante du groupe, son fondateur ne cite aucun des huit secteurs dans lesquels il opère. Il répond que son métier est la gestion. Pourtant, la principale force de Poulina réside dans sa capacité à innover. Or, l’innovation est le « jeu » préféré de Abdelwaheb Ben Ayed. 

Absent de l’industrie touristique jusqu’à la fin des années 1980, Poulina y a fait une entrée remarquée il y a 25 ans. Le rêve et le projet sont nés d’une grande frustration que ressentait Abdelwaheb Ben Ayed à chaque fois qu’il recevait des VIP européens et qu’il les emmenait visiter la Médina de Sfax ou Tunis. « J’ai rêvé de créer une Medina où l’on peut inviter des étrangers et être fier. » Le déclic se produit lors d’une visite à Pueblo Espagnol à Barcelone, en marge de l’Exposition universelle de Séville de 1992. 

Il charge l’architecte Tarek Ben Miled de concrétiser son projet qui s’inspire des médinas d’Espagne, de Sfax, de Mahdia… 

Au moment de passer du projet à la réalité, le patron de Poulina se heurte au scepticisme des banquiers dont certains refusent de le financer au motif que « le tourisme ce n’est pas votre métier », ou parce que « le risque financier est trop élevé ».

D’autres lui disent qu’ils ne peuvent financer un projet qui n’« a de pareil nulle part ailleurs ». Il est vrai que l’investissement nécessaire avait été alors estimé en 1993 à près de 200 millions de dinars (soit près de 100 millions d’euros de l’époque), du jamais -vu en Tunisie.

Préparer l’avenir 

Pourtant, grâce au soutien d’Amen Bank et « après vingt ans de rêve et quinze pour concrétiser le travail », Medina Mediterranea finit par sortir de terre. « Tout le monde reconnaît que la Medina constitue aujourd’hui le coeur battant de la station de Hammamet », se félicite le patron de Poulina. 

Certes, au début Medina, inaugurée en 2004, a perdu beaucoup d’argent, malgré son hôtel et son parc d’attractions.

Les pertes cumulées ont totalisé 38 millions de dinars (près de 12 millions d’euros). Mais, avec plus d’un million de visiteurs tous les ans, la Medina, est rentable depuis cinq ans, le bénéfice après amortissement s’est élevé à près de 2 millions d’euros en 2017, et ses pertes seront épongées en 2019. 

Après avoir essayé pendant longtemps de former un second à son image à qui il confierait les rênes de la maison, Abdelwaheb Ben Ayed est arrivé à la conclusion que son exemple n’« est pas reproductible ».

Aussi, a-t-il décidé de revoir l’organisation et le mode de gestion du groupe et de mettre en place une nouvelle gouvernance. Le pouvoir est désormais réparti entre diverses structures et plusieurs responsables.

De plus, après avoir misé sur des seniors, dont d’anciens responsables du secteur public, le président de Poulina compte désormais faire confiance à de plus jeunes managers. Et croise les doigts pour trouver parmi eux le « futur Abdelwaheb Ben Ayed. »

ENCADRE

Honoré par ses pairs 

L’Utap (Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche) avait invité, le 16 novembre, des représentants de toutes les organisations patronales et syndicales de Tunisie, ainsi que les cadres du groupe Poulina, afin de rendre un hommage unanime à Abdelwaheb Ben Ayed pour sa carrière exemplaire. 

Le dirigeant syndical Bouali Mbarki (UGTT) a salué « l’ingénieur » Ben Ayed, soulignant « les très bonnes relations sociales » à l’intérieur du groupe. Son discours a été rejoint par celui de Hichem Elloumi, qui, au nom de l’Utica (patronat) a souligné « le grand apport » de Abdelwaheb Ben Ayed à la Tunisie.

Le président de l’Utap, Abdelmajid Zar, a invité ses hôtes « à tirer les leçons de l’expérience d’une personnalité qui a fait grandir » l’industrie agricole de son pays. À l’image d’autres capitaines d’industrie, Abdelwaheb Ben Ayed sert d’exemple « de réussite et contribue à construire un dispositif économique solide ». 

Représentant le gouvernement, le secrétaire d’État aux Ressources hydrauliques et à la pêche, Abdallah Rabhi, a souligné combien le groupe Poulina participe à la formation et à l’épanouissement des acteurs de la filière agricole, en mettant à leur disposition « leur plus important laboratoire », à savoir celui de l’école vétérinaire de Sidi Thabet. 

Le dirigeant syndical Bouali Mbarki (UGTT) a salué « l’ingénieur » Ben Ayed, soulignant « les très bonnes relations sociales » à l’intérieur du groupe. Son discours a été rejoint par celui de Hichem Elloumi, qui, au nom de l’Utica (patronat) a souligné « le grand apport » de Abdelwaheb Ben Ayed à la Tunisie.

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