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African Banker

David Malpass : « L’aide directe ne sera pas suffisante »

La Banque mondiale poursuivra ses mesures de soutien aux économies africaines, promet son président, David Malpass. Lequel doit faire face aux réticences des institutions privées face aux demandes de moratoire sur la dette.

Par Rédaction

David Malpass était l’invité de RFI, le 20 mai. Le président du Groupe de la Banque mondiale (BM) constate « la mise en sommeil des économies » qui affecte « d’abord les plus pauvres ». Les pays pauvres et leurs populations sont extrêmement dépendants des grandes économies. Or, ces économies commencent à peine à redémarrer.

De son côté, la BM agit par des subventions et des prêts à des taux d’intérêt très bas qui permettent une aide immédiate. L’argent sert à acheter en urgence des équipements de protection pour les personnes, ainsi que d’autres équipements pour celles et ceux qui sont en première ligne sur le front de la lutte contre la maladie. « Cette aide est très bien accueillie. » Au global, l’aide s’élève à 5,5 milliards de dollars et ce programme va s’accroître. « D’ici juin 2021, nous devrions être en mesure de fournir 156 milliards $ d’aide au total aux pays en difficulté », pronostique David Malpass.

Ces aides prendront, là aussi, la forme de subventions ou de crédits à faible taux d’intérêt. « Et la plus grande partie ira aux pays d’Afrique subsaharienne », poursuit le dirigeant de la BM qui reconnaît : « Ce ne sera pas suffisant. »

« Les plus grands atouts des pays pauvres, ce sont les gens eux-mêmes. Ils doivent pouvoir survivre à cette crise. Continuer à pouvoir se nourrir et à s’éduquer. Ils doivent être en mesure de reconstruire leur vie et de dépasser cette récession. »

En mars, Banque mondiale et FMI avaient appelé à un moratoire sur le paiement des dettes des pays pauvres, ce qui devrait leur permettre d’économiser pas mal d’argent et de le consacrer aux dépenses de santé. Pour l’heure, les créanciers privés, c’est-à-dire les banques et les gestionnaires d’actifs, ont quelques réticences à renoncer aux remboursements des pays les plus pauvres.

L’économiste estime qu’ils doivent « se rencontrer et de décider collectivement de la meilleure marche à suivre, face à la gravité de la crise ». L’autre chose, c’est que les pays doivent étudier quelles sont pour eux les meilleures options dans cette crise.

Le responsable se déclare « optimiste » sur le fait que les créanciers privés comprendront qu’il est dans l’intérêt à long terme de l’ensemble du monde de prendre en compte ce que dit le G20. Lequel a appelé les créanciers privés à agir comme les créanciers publics, c’est-à-dire à procéder au même traitement de cette question de la dette.

Quel signal envoyer aux marchés ?

Les populations et leurs dirigeants doivent examiner ensemble leur situation et choisir leurs priorités en matière d’utilisation des ressources disponibles. Ce que fait la Banque mondiale, c’est de fournir un large éventail de ressources.

Mais il faut faire un certain nombre de distinctions. « Nous avons lancé des appels en direction des bailleurs de fonds multilatéraux pour un allègement de leur dette, en clair pour que les pays puissent ne pas rembourser par exemple ce qu’ils doivent à la Banque mondiale. » Le problème, c’est qu’à la différence des autres créditeurs, la BM fait appel au marché obligataire pour se fournir en fonds et en crédits. « Donc, ne pas rembourser serait de la part de ces pays envoyer un signal très négatif. »

Aussi, la « meilleure solution » envisagée par David Malpass pour les pays endettés est encore de s’adresser à leurs partenaires bilatéraux traditionnels, et trouver avec eux une solution pour obtenir davantage de moyens. « Plus fondamentalement, beaucoup de choses dépendront de la reprise des économies des pays avancés. » Et pour les pays pauvres, « beaucoup dépendra du secteur privé et du développement durable de ce secteur privé, qui fera rebondir les économies », poursuit le président de la BM.

Revenant sur les spécificités africaines, le responsable concède que la question du secteur informel est « un sujet fondamental ». À travers l’IFC (Société financière internationale), son institution abonde les fonds de roulement de certaines entreprises.

Le soutien peut prendre la forme de capitaux sous couvert de prêts à court terme, pour payer les stocks, régler divers problèmes comptables, et tout ce qui permet de continuer à faire tourner les affaires. Pour ce qui concerne les micro-entreprises, « ce que nous voulons faire, c’est poursuivre les flux financiers dont elles ont besoin », explique le président de la BM. « Parce que ces fonds permettent aux gens de continuer. »

« Les plus grands atouts des pays pauvres, ce sont les gens eux-mêmes. » Ils doivent pouvoir survivre à cette crise. Continuer à pouvoir se nourrir et à s’éduquer. Ils doivent être en mesure de reconstruire leur vie et de dépasser cette récession. « Et nous travaillons à cela à travers nos programmes », conclut David Malpass au micro de RFI.

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