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IDA-20 : Alassane Ouattara « Décidons ensemble »

A la faveur de la Réunion de plaidoyer pour la 20e reconstitution des ressources de l’association internationale de développement (IDA-20), le président ivoirien Alassane Ouattara a fait une allocution riche en enseignement.

Par Véronique Clara-Véronne

Le président de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, et la Banque mondiale, ont accueilli jeudi 15 juillet une réunion de haut niveau avec différents dirigeants africains. Avec au menu, l’importance d’une nouvelle reconstitution « ambitieuse et substantielle » des ressources de l’IDA (Association internationale de développement), vingtième du nom.

Alassane Ouattara : Outre leurs efforts propres de mobilisation des ressources domestiques, les pays africains ont donc besoin d’un soutien plus important de l’ensemble de leurs partenaires. De plus, nos Etats font face à une recrudescence des attaques terroristes, sans oublier que la pauvreté est l’une des principales causes du terrorisme et des migrations.
La solidarité est donc indispensable pour le bien de tous et pour combattre les divergences entre les régions du monde ainsi qu’à l’intérieur des pays. Selon les deux parties, la reconstitution soutiendra « une relance résiliente de la crise économique engendrée par la Covid-19, et aidera le continent à poursuivre sa transformation économique ».

Le discours du président ivoirien Alassane Ouattara : « Mesdames et Messieurs, la Côte d’Ivoire est heureuse d’accueillir, en collaboration avec la Banque mondiale, cette rencontre qui se tient dans un contexte mondial particulièrement difficile, marqué par la pandémie de Covid-19.
En effet, la Covid-19 a entraîné une crise sanitaire, sociale et économique sans précédent. Elle a freiné la dynamique de croissance amorcée dans plusieurs régions du monde.

Ainsi, l’Afrique subsaharienne a connu, en 2020, en plus des attaques terroristes, sa contreperformance la plus importante jamais enregistrée, avec un taux de croissance négatif de 1,9%, et une augmentation de 32 millions du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté.

Nous saluons les efforts déjà déployés, en matière de financement, de suspension du service de la dette et de mise à disposition des vaccins. C’est le lieu d’exprimer notre gratitude à l’ensemble de nos partenaires, notamment le Groupe de la Banque mondiale, pour leur soutien constant.
Nous avons aussi lancé, dans nos différents pays, des plans de relance sanitaire, sociale et économique pour contenir les effets néfastes de cette pandémie.

Beaucoup reste encore à faire

Cependant, beaucoup reste encore à faire pour surmonter cette crise, qui est globale. En effet, moins de 3% de la population totale en Afrique, a reçu une première dose de vaccin, contre environ 54% aux États-Unis et dans l’Union Européenne.
Par ailleurs, alors que la reprise, dans les économies avancées, sera financée, en grande partie, par des milliers de milliards de dollars US de mesures budgétaires, et des politiques monétaires extraordinaires et accommodantes des banques centrales, les pays d’Afrique subsaharienne ne disposent malheureusement pas de la même flexibilité et des mêmes instruments.

Le Fonds monétaire international a estimé le besoin de financement en Afrique subsaharienne à 285 milliards de dollars US sur les cinq prochaines années, pour lutter contre la pandémie de Covid-19, le dérèglement climatique, et accélérer à la reprise économique. Outre leurs efforts propres de mobilisation des ressources domestiques, les pays africains ont donc besoin d’un soutien plus important de l’ensemble de leurs partenaires. De plus, nos Etats font face à une recrudescence des attaques terroristes, sans oublier que la pauvreté est l’une des principales causes du terrorisme et des migrations.
La solidarité est donc indispensable pour le bien de tous et pour combattre les divergences entre les régions du monde ainsi qu’à l’intérieur des pays.
(..) Lors du Sommet sur le financement des économies africaines, à Paris, en mai dernier, nous avons retenu plusieurs pistes de solution, notamment l’allocation, par le FMI, de 650 milliards de dollars US au titre des droits de tirages spéciaux (DTS),  la ré-allocation volontaire d’une partie des DTS des pays, disposant de réserves extérieures confortables, au profit des pays africains, une reconstitution ambitieuse des ressources de l’IDA-20, et un accompagnement du secteur privé à travers des mécanismes de financement innovants et des instruments de réduction des risques.

Alassane Ouattara avec ses homologues Macky Sall (Sénégal) et Faure Gnassingbé (Togo) lors de la réunion IDA-20

Nous notons avec satisfaction que les choses évoluent dans le bon sens, notamment en ce qui concerne les DTS, comme le témoigne la récente réunion des Ministres des Finances des pays du G20.

Notre réunion d’aujourd’hui vise à arrêter nos priorités communes de développement, et à faire, dans le cadre de la reconstitution des ressources de l’IDA, un plaidoyer auprès des principaux donateurs de l’IDA, afin de mobiliser au moins 100 milliards de dollars US en vue de relancer nos économies. Ce serait le montant le plus important jamais mobilisé à ce jour.
Cette réunion devrait nous permettre de discuter de nos défis communs de développement, notamment en matière d’amélioration du capital humain, de création d’emplois pour nos jeunes et femmes, et de relance économique pour le bien-être de nos populations. (…)

Les enjeux de la rencontre d’Abidjan

La rencontre d’Abidjan permettra de parvenir à une déclaration dite « Déclaration d’Abidjan » retraçant nos priorités d’investissement et nos engagements pour améliorer notre capacité d’absorption, et une utilisation transparente et efficiente des ressources qui seront mises à disposition, en vue d’une 20e reconstitution ambitieuse des ressources de l’IDA.
C’est une bonne occasion pour montrer que la solidarité est effectivement essentielle pour le bien de tous et pour construire, ensemble, un monde plus sûr et prospère.
Je reste convaincu que les échanges, avec les chefs d’Etat et avec l’ensemble des Experts ici présents, permettront de consolider les acquis et de jeter les bases d’une coopération solide, durable et viable, à même d’accélérer le développement de l’Afrique pour le bien-être de nos populations.
C’est sur cette note d’espoir que je souhaiterais clore mon propos, en déclarant ouverte la réunion de plaidoyer pour une 20e reconstitution ambitieuse des ressources de l’IDA ».

VCV

ENCADRE

Les participants

Patrice Talon (Président du Benin) ; Roch Marc Christian Kaboré (Président du Burkina Faso) ; Alpha Condé (Président de la Guinée) ; George Weah (Président du Liberia) ; Andry Rajoelina (Président de Madagascar) ; Mohamed Ould El-Ghazaouani (Président de la Mauritanie) ; Filipe Nyusi (Président du Mozambique) ; Mohamed Bazoum (Président du Niger) ; Paul Kagame (Président du Rwanda) ; Macky Sall (Président du Sénégal) ; Samia Suluhu (Présidente de la Tanzanie) ; Faure Gnassingbe (Président du Togo) ; Premier ministre du Soudan ; les Représentants des présidents d’Angola, du Cameroun, du Ghana, du Kenya, du Nigeria, d’Ouganda, de la Guinée Bissau et de la République démocratique du Congo ; Premier ministre de la Côte d’Ivoire ; les présidents des commissions de l’Union africaine, de la Cedeao, et de la Cemac) ; les présidents d’Institutions ; les membres du gouvernement ; le Directeur général des Opérations de la Banque mondiale ; le Directeur général de la Société financière internationale (SFI) ; le président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ; les Administrateurs du Groupe de la Banque mondiale ; les Vice-présidents de la Banque mondiale et de la SFI ainsi que leurs collaborateurs ; les représentants des pays donateurs de l’Association internationale de développement (IDA) ; les membres du Corps diplomatique ; les représentants des institutions internationales ; les représentants du secteur privé ; les journalistes et les invités.

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