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African Banker

Conjoncture : Optimisme prudent pour l’Afrique centrale

La Banque centrale de la zone Cemac se montre plutôt optimiste pour les court et moyen termes. Ses économistes tablent sur une poursuite de la croissance, 1,6% en 2021, et une décélération progressive de l’inflation. La politique monétaire reste inchangée.

Par Laurent Soucaille

Les économies de l’Afrique centrale devraient poursuivre le rebond amorcé au premier trimestre 2021, malgré la persistance de la crise sanitaire, pronostique la BEAC (Banque des États d’Afrique centrale).

L’institution constate que son indice composite ICAE, qui donne un instantané de la conjoncture et de ses indicateurs avancés, avait bondi de 8%, en glissement annuel, à fin juin 2021, après une glissade de 5,9% un an plus tôt.

Ce qui induit, d’après les estimations de la Banque centrale, une hausse de 3,9% du PIB réel, sur un trimestre, d’une année sur l’autre. Néanmoins, le rebond du premier trimestre a été suivi, en termes réels, d’une stabilité du PIB (-0,1%) d’un trimestre à l’autre.

Il est « fort probable » que la situation se redresse progressivement à court et moyen termes, « sans risque sur la stabilité des prix, malgré le niveau encore insuffisant des réserves de change », notent les économistes de la BEAC. Qui estiment que ces réserves « devraient retrouver leur trajectoire haussière » d’ici la fin de l’année.

Ce, en partie en raison de certaines tensions inflationnistes sur la période. L’inflation en moyenne annuelle s’est hissée à 2,1 % à fin juin 2021, contre 1,6 % un an plus tôt.

En glissement annuel, le taux d’inflation est revenu de 2,2 % à fin juin 2020 à 1,6 % un an plus tard. En première approche, les analystes attendent une hausse de 4,2% de l’indice ICAE au troisième trimestre (contre -3,3% un an plus tôt), et « dans une moindre mesure », une poursuite de la dynamique au quatrième trimestre.

Pas de quoi s’alarmer, juge la BEAC, dans son bulletin de conjoncture rendu public le 1er octobre. La zone Cemac a enregistré des différentiels d’inflation « globalement favorables », notamment vis-à-vis de la zone euro (- 0,2 point d’inflation en moins), l’UEMOA (-1,9 point), les États-Unis (-3,7 points) et le Nigeria (-13,4 points). Il n’est défavorable que vis-à-vis de la France : + 0,2 point.

Un point à surveiller, les réserves de change s’étaient contractées de 13,7%, à 3 967 milliards de F.CFA, à fin juillet 2021. « Malgré un cours du baril de pétrole durablement ancré au-dessus de 60 dollars depuis février 2021, le rebond des flux entrants de réserves de change espéré pâtit du recul du volume de …

… la production pétrolière et des réticences des compagnies pétrolières et minières à se conformer à certaines obligations réglementaires », explique la BEAC. Dans cette veine, le taux de couverture extérieure de la monnaie fluctue autour du seuil de 60 % depuis février 2021.

Des risques inflationnistes faibles

Tous ces éléments permettent aux économistes de la Banque centrale de tabler sur une croissance de 1,6% du PIB de la zone Cemac en 2021 (contre -1,7% en 2020). Ils comptent, pour atteindre cette cible, sur la dynamique des activités dans le secteur non pétrolier, sur une atténuation des tensions inflationnistes (+2,0% en 2021). Le BTP et l’industrie manufacturière devraient tirer l’activité. Ils tablent également sur une diminution des déficits budgétaires et des comptes courants des pays de la région.

« À moyen terme, la reprise devrait se poursuivre entre 2022 et 2024, dans un contexte de recul de l’incertitude au niveau mondial grâce aux avancées de la vaccination contre la COVID-19, associé aux gains à tirer des réformes structurelles engagées. »

Enfin, il est « fort probable » que la situation se redresse progressivement à court et moyen termes en Afrique centrale, « sans risque sur la stabilité des prix, malgré le niveau encore insuffisant des réserves de change », notent les économistes. Qui estiment toutefois que ces réserves « devraient retrouver leur trajectoire haussière », d’ici la fin de l’année.

BEAC Conjoncture graphique

C’est dans ce contexte que le Comité de politique monétaire s’était réuni le 27 septembre, en ayant toutes ces informations à disposition, sous la présidence du gouverneur Abbas Mahamat Tolli. Le CPM a maintenu inchangés ses principaux taux directeurs.

Ainsi, le taux d’intérêt des appels d’offres demeure-t-il à 3,25% et le taux de la facilité de dépôt reste nul. De même, la BEAC maintient ses coefficients de réserves obligatoires, ce qui témoigne de sa confiance dans le système bancaire de la Cemac.

C’est aussi dans ce contexte que le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale, a-t-on appris le 1er octobre, a « encouragé toutes les parties prenantes à poursuivre les efforts consentis dans la mise en œuvre des différentes réformes….

…et pour la conduite du processus de conclusion des programmes de deuxième génération avec le FMI, et à se mobiliser davantage pour affronter les défis à venir ». Il s’agit de conférer à la stratégie de sortie de crise, avec le soutien du FMI, « son caractère communautaire et solidaire ».

@LS

 

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