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Concilier banque d’affaires et banque de développement

Concilier banque d’affaires et banque de développement
  • Publiéavril 5, 2024

Lors d’une réunion de travail avec des représentants de JP Morgan Chase, les dirigeants de la BAD ont exploré les voies permettant d’harmoniser leurs objectifs.

 

La vice-présidente de la BAD (Banque africaine de développement), Bajabulile Swazi Tshabalala (photo ci-dessus), a reçu récemment une délégation de la banque d’affaires américaine JP Morgan Chase. Laquelle se dit « très désireuse » de travailler avec le Groupe de la BAD dans les domaines du commerce et du secteur privé et de participer dans des opérations de financement de projets.

« Nous sommes également très intéressés à fournir des financements autant que possible en monnaie locale à long terme si nous avons la garantie de la BAD », a déclaré Olivier Eweck responsable du secteur public de JP Morgan en Afrique subsaharienne. JP Morgan Chase a travaillé et travaille déjà avec la banque dans les marchés de capitaux et souhaite surtout bénéficier du système de garantie d’investissement de la BAD, pouvant aller jusqu’à 100 %.

Si des institutions comme la BAD apportent des garanties et leur connaissance du terrain, les banques multilatérales se tournent vers l’innovation. D’où le souhait de la BAD que les banques d’affaires internationales adoptent une vision à long terme sur le continent.

Outre la BAD elle-même, qui offre des services aux pays à revenu intermédiaire, le Fonds africain de développement (FAD) propose des financements essentiellement concessionnels aux pays à faible revenu et en transition. Le FAD a obtenu une reconstitution record de ses ressources à hauteur de 8,9 milliards de dollars, et a été autorisé à aller sur le marché des capitaux pour lever des financements additionnels, ce qui signifie qu’il devra passer au filtre des agences de notation.

Et parmi toutes les banques multilatérales de développement, la BAD est la seule à combiner opérations souveraines et non souveraines pour le secteur privé.

Sa nouvelle stratégie décennale vise à accélérer une croissance et un développement inclusifs et résilients aux changements climatiques et entend renforcer le partenariat avec les banques multilatérales de développement à qui on demande d’être meilleures, plus larges et plus efficientes.

Tout en saluant la volonté de JP Morgan de s’engager davantage en Afrique, Bajabulile Swazi Tshabalala a assuré que la BAD est prête à renforcer le partenariat avec cette banque d’affaires pourvu que les actions ne créent pas de « risques systémiques » portant que sur l’une ou l’autre des institutions. En effet, l’un des objectifs majeurs de la BAD réside dans la mobilisation des financements du secteur privé pour le développement de l’Afrique.

Les parties prenantes souhaitent que JP Morgan et d’autres accompagnent la BAD dans les pays éligible au FAD  et dans « certains pays difficiles comme les États en transition » y compris dans le financement mixte ou en monnaie locale.

Bajabulile Swazi Tshabalala a interpellé JP Morgan sur le refus catégorique de certaines banques d’affaires de partager les risques lorsque les États respectent les règles et malgré tout, subissent les conséquences de problèmes exogènes comme la pandémie de Covid-19.

« JP Morgan a sa démarche propre, et nous sommes là pour durer. Si notre travail a un impact en période de prospérité, il est particulièrement important dans les périodes difficiles », a répondu Olivier Eweck. « Nous nous inscrivons sur le long terme. Et si vous voulez être là dans 100 ans, vous n’aurez jamais de tels comportement de JP Morgan », a-t-il poursuivi.

« Nous sommes une institution à but lucratif. C’est donc un défi pour nous. Et nous avons besoin d’une meilleure couverture. Il faut donc adopter une approche holistique », reconnaît-on du côté de la banque d’affaires.

Si des institutions comme la BAD apportent des garanties et leur connaissance du terrain, les banques multilatérales se tournent vers l’innovation. D’où le souhait de la BAD que les banques d’affaires internationales adoptent une vision à long terme sur le continent.

JP Morgan participera au prochain Forum d’investissement en Afrique prévu en décembre à Rabat, au Maroc ; l’événement réunira des porteurs de projets et des investisseurs pour des transactions.

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En bref

Un partenariat solide avec le Canada

 

Bajabulile Swazi Tshabalala a également reçu, le 25 mars 2024, la sous-ministre du Canada chargée des Affaires internationales pour l’Afrique subsaharienne, Cheryl Urban. La réunion a permis d’échanger sur les moyens de renforcer les relations entre l’un des actionnaires essentiels de la BAD et la plus importante institution du développement en Afrique.

« Notre partenariat est solide et s’il y a plusieurs choses que j’ai toujours appréciées à propos de la BAD, je citerai surtout sa capacité à innover notamment dans le cadre de la réforme des dispositifs d’adéquation des fonds propres des banques multilatérales de développement », a déclaré Cheryl Urban.

 

« Au sommet africain sur le climat, de nombreux dirigeants ont parlé du climat, des finances, des défis liés à l’accessibilité, de la demande de concessionnalité, entre autres. Il me semble qu’une voix de plus en plus forte et peut-être plus unie se fait entendre en Afrique pour réclamer une modification des institutions financières internationales », a-t-elle poursuivi. Rappelant que le Canada s’apprête à succéder à l’Italie en 2025 à la présidence du G7, elle a souhaité entendre les responsables de la BAD sur ces divers sujets.

@ABanker

Écrit par
Kimberley Adams

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