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African Banker

Cemac : Quels liens entre la finance et le PIB?

Dans la zone Cemac, une analyse fine du ratio fonds propres / bilan donne une indication sur l’effet de levier du système bancaire, calcule Julie Onomo Betsama. Dans les années 1990, ce ratio a évolué de manière disparate : il est vrai que malgré la création de la Cobac en 1993, les réglementations bancaires étaient le fait de chaque pays.

Dans le même temps, la période a été marquée par de nombreuses faillites bancaires. Aussi, la diminution générale du ratio de fonds propres met en lumière la fragilisation du système bancaire.

Entre 2001 et 2008, les banques améliorent leur capitalisation ; la progression abrupte des fonds propres s’accompagne de la restructuration du système bancaire. L’année 2009 marque l’harmonisation des exigences de capital minimum. S’en suit alors une nette progression des fonds propres.

Au cas par cas

Le graphique de l’évolution du PIB et des fonds propres suggère, pour l’ensemble de la zone Cemac, une faible corrélation. Cette tendance générale masque des réalités différentes dans chaque pays. Ainsi, le Cameroun et le Gabon démontrent « une claire interdépendance » entre les deux variables. La relation est moins affirmée pour la Guinée, le Tchad, et le Congo.

Corrélation fonds propres (FP) – PIB

Pays 

Cameroun 

Centrafrique 

Congo 

Gabon 

Guinée 

Tchad 

Cemac

Coefficient de corrélation PIB/FP 

0,74 

-0,43 

0,22 

-0,67 

0,16 

0,28 

0,17

Moyenne du ratio PIB/FP (201-2016) 

22,9 

8,8 

16,9 

9,6 

11,9 

10,3

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette faible relation entre la performance économique et les fonds propres bancaires notamment la conservation de réserves par les banques. Ces réserves leur permettent de ne pas être dépendantes des phases du cycle économique.

Étrangement, les coefficients de corrélations au Gabon et en Centrafrique (lire tableau) suggèrent une corrélation inverse : une augmentation du PIB induirait une baisse des fonds propres, notamment par la distribution des résultats, et une baisse du PIB entraînerait une hausse des fonds propres (conservation des résultats).

Compte tenu des contraintes réglementaires liées à la distribution des crédits, un tel comportement de la part des banques impliquerait une baisse de la capacité à accorder des crédits en cas de progression du PIB et une hausse de cette capacité, susceptible de susciter une relance, en cas de baisse du PIB.

Dans le cas du Cameroun, la corrélation élevée et positive suggère un comportement contraire et donc une certaine pro cyclicité, en raison de l’altération de la capacité à accorder du crédit lors des périodes difficile (et vice versa).

Notons aussi que les moyennes du ratio fonds propres / total bilan suggèrent une plus grande solva­bilité des systèmes bancaires de la Centrafrique et du Gabon. On relève, par ailleurs une meilleure capitalisation des banques du Gabon en comparaison avec les autres pays de la zone.

La réflexion se poursuit quant à l’imbrication de la sphère financière dans l’économie. « Elle est essentielle à la définition d’une politique macroprudentielle cohérente avec le cadre de politique économique global », souligne l’analyste de la Cemac.

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