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African Banker

IFC sécurise les investissements

La filiale de la Banque mondiale signe des partenariats avec des grandes banques afin de favoriser les prêts aux secteurs sinistrés par la crise pandémique. Elle vient ainsi de dévoiler un accord historique avec Crédit Agricole SIB pour soutenir le commerce.

Par Véronique Clara-Véronne

IFC déploie à vitesse grand V son Programme mondial d’assistance technique sur la gestion des risques, pour soutenir le financement des économies. À Djibouti, la branche financière de la Banque mondiale vient de signer un partenariat avec East Africa Bank (EAB) pour sécuriser ses investissements de cette dernière.

« La pandémie a accru le risque de nombreuses typologies de crédits ; de ce fait les transactions de marchés de capitaux de ce type sont plus pertinentes que jamais pour augmenter les volumes de financement vers les emprunteurs des marchés émergents. »

L’institution vient également de finaliser une transaction de financement structuré qui permettra au Crédit Agricole CIB d’élargir significativement ses activités de financement du commerce international dans les marchés émergents. Il s’agit, pour la BM, de « soutenir ainsi un vecteur essentiel de croissance, négativement impacté par la pandémie de la Covid-19 ».

Dans le cadre d’une nouvelle opération de transfert de risque synthétique, IFC garantira 182 millions de dollars sur un portefeuille de référence de 4 milliards $ composé principalement d’actifs de financement du commerce international de Crédit Agricole CIB dans les marchés émergents.

Cette opération de transfert de risque synthétique est la plus importante jamais réalisée par Crédit Agricole CIB, et l’une des plus importantes réalisée par une banque internationale. Son montant est le double d’une opération similaire lancée par IFC et Crédit Agricole CIB en 2018, et il s’agit du financement structuré le plus important réalisé par IFC, toutes catégories d’actifs confondues. Grâce à cette transaction, Crédit Agricole CIB prévoit d’engager un volume important de financements supplémentaires pour soutenir le développement de l’activité dans les marchés émergents.

Cet accord arrive à un moment où les flux de financement du commerce international vers les marchés émergents sont fortement touchés par la pandémie. Les banques recherchent des moyens pour allouer plus efficacement des fonds vers les secteurs d’activité affectés par la crise.

Les banques utilisent des opérations de transfert de risque synthétique pour réduire la pondération de risque de leurs actifs. Contrairement à une titrisation « financée » dans laquelle les actifs sont vendus à des investisseurs, les actifs restent au bilan de la banque, et des investisseurs tiers, tels qu’IFC, prennent une part du risque. Cette technique libère des fonds propres réglementaires, permettant ainsi à l’institution financière de maintenir ses opérations de crédit en cours et d’augmenter ses volumes d’activité, dans ce cas dans les marchés émergents.

Une reconstruction solide

« Les opérations de transfert de risque synthétique ont toujours joué un rôle important en encourageant les banques à octroyer plus de crédits à des secteurs d’activités prioritaires », explique Paulo de Bolle (IFC). « La pandémie a accru le risque de nombreuses typologies de crédits ; de ce fait les transactions de marchés de capitaux de ce type sont plus pertinentes que jamais pour augmenter les volumes de financement vers les emprunteurs des marchés émergents. »

De son côté, Laurent Chenin (Crédit Agricole CIB) considère qu’un soutien financier plus important que par le passé est nécessaire pour que les marchés émergents puissent durablement se redresser. « Cette transaction – historique à la fois en termes de structure et d’échelle – est un excellent exemple de l’engagement de Crédit Agricole CIB de travailler avec des investisseurs comme IFC pour soutenir les clients et faciliter une reconstruction post-pandémie solide. »

À Djibouti, dans le cadre de ce programme d’assistance technique, IFC va aider EAB à améliorer son cadre et ses capacités de gestion des risques, du commerce et du crédit, conformément aux meilleures pratiques internationales. Ce soutien vise à mettre la banque sur la voie d’une croissance durable. Fondée en 2010, EAB détient aujourd’hui sept succursales à Djibouti. La banque propose des solutions de services financiers islamiques à ses clients d’Afrique de l’Est.

« Ce partenariat avec IFC réaffirme notre engagement en faveur de la croissance et du développement et signale l’avènement d’une ère nouvelle de consolidation de nos capacités de gestion des risques, du commerce et du crédit. L’objectif est de conforter notre assise financière et la gamme de services que nous proposons », commente Ibrahim Jaffar, directeur général.

« Le soutien d’IFC va permettre à EAB de se doter de dispositifs efficaces de gestion des risques et du crédit pour l’aider à attirer des capitaux, limiter les pertes et donner confiance aux régulateurs, aux investisseurs et aux agences de notation », relate Cheick-Oumar Sylla, directeur d’IFC pour Djibouti. Qui conclut : « L’Afrique et le monde ont besoin d’institutions financières solides pour surmonter le choc économique causé par la pandémie ».

VCV

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