x
Close
Actualité African Banker

BAD : un soutien remarqué des actionnaires

BAD : un soutien remarqué des actionnaires
  • PubliéJuly 19, 2022

L’agence de notation Fitch confirme, une nouvelle fois, son appréciation relative à la Banque africaine de développement, soulignant le soutien de ses actionnaires, en cas de besoin. En dépit des turbulences économiques, le profil de risque de la BAD s’améliore même.

 

Par Laurent Soucaille

Fitch Ratings confirme son sentiment sur la BAD (Banque africaine de développement), maintenant sa notation dite « de défaut émetteur » à long terme à AAA, le plus haut rating. L’agence américaine estime que ce jugement n’a pas de raisons d’être modifié prochainement, d’autant que le profil de risque de la BAD s’améliore.

« Cette excellente cote de crédit permet à la Banque africaine de développement de fournir des ressources financières aux pays africains à des niveaux favorables pour développer leurs économies », se félicite Hassatou N’Sele, vice-présidente de la BAD.

Ce « triple A » de la BAD est dû « au soutien extraordinaire que la banque reçoit de ses actionnaires non régionaux », estiment les analystes qui « notent » également ce soutien au maximum. Ceci est basé sur le fait que la dette nette de la banque de développement sera couverte par le capital exigible des États membres notés AAA sur la période de prévision. Cette « forte propension » des actionnaires à soutenir la BAD constitue ainsi un atout précieux ; à commencer par le soutien des États-Unis, le deuxième actionnaire avec 6,5% du capital total et 38 % du capital exigible.

La note de la BAD est également soutenue par un meilleur profil de crédit, que Fitch revoit en hausse d’un cran. Cela s’explique par « une amélioration de la solvabilité de la banque grâce aux injections de capital en cours et par un renforcement du statut de créancier privilégié de la banque ». Bref, des paramètres de capitalisation « solides » et un profil de risques « faible ». Le tout alors que le profil de liquidité, jugé « excellent », ne pose aucun problème et que l’environnement commercial de la BAD est « à risque moyen ».

Fitch constate un meilleur bilan de la performance des prêts souverains, comme en témoignent les récents remboursements complets des arriérés de la Somalie et du Soudan en 2020 et 2021, respectivement. Le Zimbabwe est désormais le seul souverain en défaut de paiement auprès de la banque (sur 29 emprunteurs souverains actifs).

 

Part modérée des actifs risqués

L’évaluation plus solide du profil de crédit est également étayée par la part croissante des expositions souveraines dans le portefeuille de prêts total (85 % à la fin 2021, et 80 % en moyenne au cours des cinq dernières années). Cela est en partie compensé, toutefois, par une détérioration de la qualité de crédit des prêts non souverain (à des institutions privées) ; la part des prêts à risque ayant augmenté de 16% au premier trimestre 2022, principalement en raison de la non-exécution du plus grand prêt de la banque au secteur privé (représentant 0,8 % du total des prêts, ou 5,3 % du portefeuille de prêts non souverains).

Cela étant, Fitch s’attend à ce que ce ratio de créances douteuses demeure dans une proportion « modérée » (3% à 6% du total). La crise alimentaire provoquée par le conflit entre la Russie et l’Ukraine et la hausse des rendements ajoutent des risques à la baisse des prévisions sur ce point.

Enfin, Fitch estime que les politiques de gestion des risques de la banque sont prudentes et évaluées comme « excellentes », en ligne avec ses pairs. Peu de risque, par exemple, d’une concentration du portefeuille d’activité. L’environnement commercial est favorisé par la grande taille du portefeuille de la banque (environ 31 milliards de dollars à la fin de 2021), la gouvernance de la banque et l’importance de son mandat public. L’environnement opérationnel ” à haut risque ” de la BAD est cohérent avec les faibles notations de crédit, le faible revenu par habitant et le risque politique élevé dans les pays où elle opère.

L’évaluation de la liquidité de la BAD reflète aussi les « excellents » tampons de liquidité de la banque, la haute qualité des actifs liquides et son accès aux marchés des capitaux.

Hassatou N’Sele est vice-présidente par intérim, chargée des finances, au sein de la BAD. Elle considère que « cette excellente cote de crédit permet à la Banque africaine de développement de fournir des ressources financières aux pays africains à des niveaux favorables pour développer leurs économies. Cela est extrêmement important dans le contexte actuel de hausse des taux d’intérêt et des interrogations liées à la viabilité de la dette ».

Ce rôle de premier plan que la BAD assume dans le façonnement du paysage mondial du développement a reçu une autre marque de reconnaissance cette semaine : « Publish What You Fund », la campagne mondiale pour la transparence de l’aide et du développement, a classé le portefeuille souverain de la BAD premier parmi les cinquante organisations internationales de développement recensées dans son indice de transparence de l’aide publique 2022.

@ABanker

 

Écrit par
Laurent Soucaille

Laissez un commentaire

Your email address will not be published.