Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Banker

BAD : Akinwumi Adesina définitivement innocenté

Selon les experts indépendants, le Comité d’éthique de la Banque africaine de développement a eu raison de rejeter l’ensemble des allégations, sans preuves formelles, portées contre le président de la BAD. Voilà Akinwumi Adesina définitivement lavé des accusations.

Par Laurent Soucaille 

Le panel des experts indépendants, conduit par l’Irlandaise Mary Robinson, dédouane pleinement Akinwumi Adesina des accusations portées contre lui. Le rapport détaille les seize allégations portées contre le président de la BAD (Banque africaine de développement), et auxquelles le Comité d’éthique désigné par la Banque avait déjà répondu.

Sur l’ensemble des seize allégations, le panel partage les conclusions du Comité concernant toutes les allégations formulées contre le Président et estime qu’elles ont été dûment examinées et rejetées par le Comité.

C’est à la demande de certains pays actionnaires, notamment les États-Unis, peu convaincu par les conclusions du Comité, qu’un petit groupe de spécialistes a été réuni pour examiner les charges retenues et les réponses apportées par ce Comité.

Outre l’ancienne présidente de l’Irlande, le panel indépendant comptait comme membres, Hassan B. Jallow, président de la Cour suprême de Gambie, et Leonard McCarthy, ancien directeur des poursuites pénales, ancien directeur du Bureau des infractions économiques graves et ancien chef de la Direction des opérations spéciales de l’Afrique du Sud.

La plupart du temps, les experts se bornent à rappeler que les « lanceurs d’alerte » n’ont fourni aucune preuve à leurs allégations et donc, que le Comité était en droit de les rejeter.

Le rapport précise toutefois que l’« absence de preuve n’est pas une preuve de l’absence ». Cela étant, « il nous apparaît comme une charge excessive d’attendre d’un titulaire de hautes fonctions dans une organisation internationale qu’il prouve une négation en l’absence de motifs suffisants », tranche Mary Robinson. Laquelle tient à faire, à la suite des avocats de Akinwumi Adesina, la distinction entre une défaillance institutionnelle alléguée à la Banque et la conduite de son président.

Manque de preuves apportées par les accusateurs

Par exemple, les « lanceurs d’alerte » accusaient le président de la BAD d’intervenir de manière intrusive dans les recrutements, écartant parfois de candidats bien notés ou proposés par des comités indépendants.

Rejoignant leur conseiller juridique, les panélistes ont estimé que la question du recrutement et de la promotion du personnel relevait des attributions du Président et qu’aucun reproche ne pouvait lui être adressé. Y compris dans la nomination d’un salarié soupçonné de « conduite inappropriée » au Nigeria.

Ou d’une personne supposée être membre de la famille du président Adesina et qui aurait touché double salaire. Ou encore de l’emploi d’un ancien dirigeant de la BAD en tant que consultant. « Les plaignants ont refusé de fournir des preuves à l’appui de l’une de ces allégations », explique le rapport qui juge donc « correcte » la conclusion du Comité.

Même rejet pour une accusation de favoritisme dans l’attribution d’une subvention de 40 millions de dollars versée à un bénéficiaire, supposé ancien employeur de Akinwumi Adesina. « Les plaignants ont refusé de fournir des éléments de preuve à l’appui des allégations. »

De plus, le rapport Robinson suit le Comité d’éthique concernant la supposée « préférence » de la BAD à l’égard du Nigeria et le recrutement supposé excessif d’employés nigériens. Les panelistes rappellent qu’outre le manque de preuve, les lanceurs d’alerte n’avaient pas tenu compte du rôle du Conseil d’administration de la BAD, qui partage les responsabilités sur ce point avec le Président.

La question des (coûteux) voyages est fondée

Mary Robinson et ses collègues confirment que rien n’indique que la BAD ait dépensé plus que de raison pour célébrer les prix internationaux reçus par Akinwumi Adesina, en 2017 et 2019. En l’occurrence le prix mondial de l’Alimentation et le prix Sunhak pour la Paix. Les décisions du Comité d’éthique sont également validées pour plusieurs cas de membres du personnel.

Un seul bémol, la question des congés et des déplacements que prennent les dirigeants, à grands frais, selon les accusateurs. Si les panélistes dédouanent le président de la BAD, ils reconnaissent qu’ici, « les plaignants sont assez précis ». En effet, ils fournissent des détails sur deux personnes nommées qui auraient pris des périodes de congé excessives.

Aussi, le panel est-il d’avis que ces abus allégués de la politique de voyage de la part de la direction, en particulier ceux spécifiés par les plaignants, « devraient être examinés pour s’assurer que les règles et réglementations de la Banque concernant les voyages et les congés sont pleinement respectées ». Cet avis ne concerne pas les voyages du président lui-même, que le Comité d’éthique, rejoint par les panélistes, refuse de qualifier de « tournée électorale ».

LIRE AUSSI

Kaba Nialé : En aucun cas, il n’a été demandé au président Adesina de démissionner

Bref, sur l’ensemble des seize allégations, le panel partage les conclusions du Comité concernant toutes les allégations formulées contre le Président et estime qu’elles ont été dûment examinées et rejetées par le Comité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts

Share This