x
Close
Actualité African Banker

ASIF, une structure faîtière pour les fonds souverains

ASIF, une structure faîtière pour les fonds souverains
  • Publiéjuin 25, 2022

Le Forum africain des investisseurs africains permettra de stimuler le financement et le développement des compétences et de l’expertise dans le secteur des infrastructures. La BAD et Africa-50 se joignent à l’initiative.

 

Par Aude Darc

Ils sont trois partenaires, la Banque africaine de développement, le fonds Africa50, et le Forum africain des investisseurs souverains (ASIF). Cette nouvelle structure faîtière  « fédère les principaux fonds africains afin de mutualiser les efforts et les savoir-faire dans le but de maintenir un dialogue continu et développer des projets d’investissement concrets dans des secteurs prioritaires », explique le directeur général de Ithmar Capital Obaid Amrane. Lequel dirige le Forum international des fonds souverain, qui s’est tenu les 20 et 21 juin 2022 à Rabat.

« Il est important que nous tirions parti de la force des fonds souverains africains, qui gèrent une épargne nationale importante, pour stimuler la croissance des économies africaines par le développement et la mise en œuvre réussie d’infrastructures stratégiques », juge Alain Ebobissé (Africa 50).

À cette occasion, les trois acteurs ont une lettre d’intention à travers laquelle ils expriment leur volonté de développer ensemble des projets d’infrastructures vertes et résilientes au changement climatique dans toute l’Afrique. Les trois structures travailleront de commun accord pour stimuler le financement et le développement des compétences et de l’expertise dans le secteur des infrastructures.

De la nouvelle plateforme que constitue le Forum permettra d’accélérer la coordination afin de mobiliser des capitaux « patients », c’est-à-dire liés aux investissements philanthropiques et la création de valeur pour le développement du continent.

Parmi les signataires figurent : Agaciro Development Fund du Rwanda, le Fonds souverain de Djibouti, le Fonds gabonais d’investissements stratégiques, le FONSIS sénégalais, Fundo Soberano de Angola, Ghana Infrastructure Investment Fund, Ithmar Capital, Nigeria Sovereign Investment Authority  et The Sovereign Fund of Egypt.

Le directeur général d’Africa50, Alain Ebobissé, et le vice-président de la Banque africaine de développement chargé du Secteur privé, de l’Infrastructure et de l’Industrialisation, Solomon Quaynor ont chacun, signé au nom de leurs institutions respectives. Le directeur général  d’Ithmar Capital, Obaid Amrane, qui sera le premier président de l’ASIF, a signé au nom de la nouvelle initiative.

 

Industrialiser l’Afrique

« Il s’agit d’une étape importante dans la mise en place d’une collaboration solide entre les partenaires adéquats pour répondre aux besoins substantiels de l’Afrique en matière de financement des infrastructures », explique Alain Ebobissé. « Nous devons rendre les principaux projets d’infrastructure régionaux attrayants et bancables pour les investisseurs privés tant mondiaux qu’africains et les accords signés aujourd’hui contribueront grandement à combler le déficit d’infrastructures du continent. Il est donc important que nous tirions parti de la force des fonds souverains africains sur le continent, qui gèrent une épargne nationale importante, pour stimuler la croissance des économies africaines par le développement et la mise en œuvre réussie d’infrastructures stratégiques. » 

Pour sa part, Solomon Quaynor considère que le partenariat « permettra de renforcer la collaboration en matière de développement et de cofinancement de projets, de mobilisation de capitaux pour financer des infrastructures résilientes, vertes et durables et d’identification d’opportunités d’investissement pour promouvoir les infrastructures et l’industrialisation de l’Afrique. »

Il s’agit d’exploiter « les quelque deux billions de dollars d’actifs gérés par les investisseurs institutionnels africains, notamment les fonds souverains, les fonds de pension et les compagnies d’assurances, pour les infrastructures et l’industrialisation du continent », précise-t-il.

Enfin Obaid Amrane constate des « complémentarités » entre les partenaires, « en particulier le fait que nos visions sont alignées en ce qui concerne la préparation de projets et la mobilisation de capitaux ».

L’accord de collaboration portera également sur l’identification et la préparation des projets, un facteur essentiel de réussite pour attirer des financements dans tout projet.

« Les fonds souverains sont des outils de développement stratégique qui visent à soutenir les économies de leurs pays en faisant converger les priorités nationales avec les exigences du secteur privé », explique Obaid Amrane, interrogé par Le Point Afrique. « Ils ont la capacité de parler le langage des investisseurs privés et de faire la synthèse entre les sphères publique et privée. Ils offrent ainsi une grande flexibilité à leurs mandants pour orienter les capitaux privés vers les secteurs productifs et les infrastructures prioritaires. »

@ABanker

 

Écrit par
Aude Darc

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.