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African Banker

L’Helicopter Money, une solution pour l’Afrique ?

…est une situation dans laquelle tous les détenteurs d’actifs financiers n’ont qu’un seul désir : vendre des titres contre espèces sonnantes et trébuchantes, et attendre pour voir.

La science économique est souvent contre intuitive. Contrairement aux apparences, les tombereaux de liquidités du Quantitative Easing ne produisent pas l’inflation, mais renforcent les pressions déflationnistes 

Le krach boursier est une manifestation exacerbée de la préférence pour la liquidité. Selon la théorie économique (keynésienne), le renforcement de la préférence pour la liquidité, de tous les porteurs de titres ou investisseurs, a pour conséquence la formation d’une demande excédentaire de monnaie contre obligations.

En effet, l’actif financier que les entreprises émettent pour financer cette part de l’investissement qu’elles n’arrivent pas à financer s’appelle obligation.

Or, à chaque renforcement de la préférence pour la liquidité, le taux d’intérêt (qui est l’inverse du prix monétaire des obligations) doit augmenter afin que les investisseurs souscrivent la totalité des obligations émises par les entreprises.

Ceci, afin de rendre impossible toute thésaurisation nette à l’échelle sociale. Le seul effet de la modification des préférences relatives aux deux formes d’accumulation de la richesse (monnaie et obligations) est donc la détérioration des conditions externes de financement des firmes. 

Une intermédiation spécifiquement bancaire 

L’alternative est donc simple. Soit le système bancaire n’intervient pas et la désaffection des investisseurs pour les obligations provoque une hausse du taux d’intérêt, ce qui casse la croissance. Soit il intervient suffisamment, c’est-à-dire offre assez de monnaie pour éviter la hausse du taux d’intérêt.

La monnaie émise pour contrarier la préférence pour la liquidité (la hausse du taux d’intérêt) a le contenu analytique d’un titre secondaire. En fait, le système bancaire se substitue aux investisseurs pour souscrire les titres dont ceux-ci ne veulent plus au taux maintenu.

Il s’agit là d’intermédiation financière spécifiquement bancaire. En ce sens que seules les banques peuvent offrir de la monnaie comme titre secondaire. 

Lorsque Ben Brenanke constate, lors de la crise des subprimes, une exaspération de la préférence pour la liquidité sur le marché interbancaire, il va simplement appliquer les préconisations de la théorie keynésienne aux banques elles-mêmes.

La monnaie émise par la Banque centrale américaine relevait et relève toujours de l’intermédiation financière spécifiquement bancaire, et non pas d’une création surnuméraire de monnaie. La monnaie émise par la Banque centrale est appelée par la préservation des conditions macrofinancières favorables à la croissance (taux d’intérêt bas).

Pour preuve, nul n’a vu l’inflation s’envoler en dépit du fait que la FED a quintuplé son bilan en cinq ans. Ce bilan dépassait les 4 000 milliards $ après cinq ans de QE, contre 800 milliards $ à la veille de la crise des subprimes

L’inflation naît des dépenses improductives 

En fait, après la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008, la défiance entre les institutions financières était totale. Elles refusaient de se prêter entre elles de peur de récupérer des créances toxiques.

Le président de la FED a alors décidé d’injecter de l’argent frais pour éviter au système de s’écrouler. Les instituions les plus mal en point – AIG, les organismes de refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae – ont été renfloués.

Le QE ou assouplissement quantitatif a donc consisté pour la FED à racheter les bons du Trésor et les titres hypothécaires dont personne ne voulait. En Zone euro, le QE a été à la fois plus tardif et plus important, au regard du ratio taille du bilan/PIB.

Il ressort ainsi que le QE a été appelé par des besoins de paiement nés sur le marché financier. Il ne correspond en rien à ce que l’on appelait, dans le monde d’avant, la planche à billets. 

Jacques Rueff disait qu’il y a « inflation chaque fois que l’on finance des dépenses improductives avec de l’argent qui n’existe pas », c’est-à-dire créé ex nihilo.

On voit bien que dans le QE, il ne s’agit pas de financer des dépenses improductives, mais de permettre la continuité des paiements, d’injecter la liquidité sans laquelle le système s’effondrerait.

Le QE est donc tout sauf inflationniste. « Dix ans après le début de la crise, l’inflation sous-jacente européenne se situe encore à 1 % en glissement » relève un analyste financier. Ce chiffre est bien éloigné de l’objectif de la BCE, pour qui une inflation très légèrement inférieure à 2,0 % est un signe de bonne santé de l’économie. 

Ranimer la croissance 

Dire que la politique d’argent facile est non inflationniste, équivaut à admettre qu’elle n’est d’aucune utilité pour combattre la déflation. En clair, il ne faut pas compter sur l’assouplissement monétaire pour ranimer la croissance.

Constater que « les liquidités ne redescendent pas dans l’économie » est devenu une banalité. Au point de contraindre la BCE à servir des taux négatifs sur les dépôts bancaires dans ses comptes. Pourtant, rien n’y fait.

Les banques européennes préfèrent payer la BCE, pour garder leurs liquidités, plutôt que de le risquer dans l’économie réelle. Pour financer le déficit budgétaire français, l’agence France Trésor, par exemple, réussit à placer ses titres à court terme, à taux négatifs.

Ce qui signifie que le déficit public français rend service aux marchés financiers en les délestant de liquidités dont ils ne savent que faire ! Les institutions financières rémunèrent dorénavant l’emprunteur. C’est le monde à l’envers. 

En Zone dollar, le crédit à l’économie n’a certes pas baissé, mais il a pris une pente inquiétante. En effet, du fait de la baisse du rendement des titres publics, les banques américaines sont allées chercher une meilleure rémunération ailleurs. Dans les pays émergents et sur le marché des obligations à hauts rendements (high-yield), souvent appelées…

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