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African Banker

Amen Bank poursuivra sa diversification

La deuxième banque privée de Tunisie, Amen Bank, n’échappe pas au ralentissement de l’activité économique. Le recul de l’activité est toutefois contenu, et n’entame pas la détermination de son nouveau directeur général à poursuivre sa diversification et ses innovations.

Par Paule Fax

Sans surprise, Amen Bank a subi, au premier semestre, le contrecoup de la crise sanitaire. La banque tunisienne a enregistré une baisse de 6,5% de son produit net bancaire, à 185,9 millions de dinars (57,4 millions d’euros). À comparer, toutefois, à un excellent premier semestre 2019.

« Amen Bank capitaliser sur tous les acquis réalisés, tout en cherchant le changement pour accompagner les mutations réglementaires, technologiques et les exigences du marché. »

Les produits d’exploitation ressortent à 426,5 millions de dinars, contre 447,7 millions à fin juin 2019. Les intérêts et revenus assimilé ont reculé de 4%, les commissions de 6% et les gains de portefeuille titres commercial ont reculé de 33%.

La banque précise que l’évolution des commissions en produits a été impactée « par les mesures prises par la banque pour faire face à la pandémie ». En effet, la banque a offert la gratuité de certains services et la suspension de perceptions sur certaines commissions ; commissions sur chèques impayés, commissions sur les retraits DAB, par exemple. Le recul est, en partie grande partie, compensé par les revenus du portefeuille d’investissement (+11%), deux fois plus important.

En dépit des mesures prises pour lutter contre la propagation de la maladie à Covid-19 au sein de ses établissements, Amen Bank est parvenu à diminuer ses charges d’exploitation, de 3%, à 248,8 millions de dinars. Compte tenu des provisions (+8,6%) nécessaires en cette période incertaine, le résultat d’exploitation ressort en baisse de 27,5%, à 54,2 millions de dinars.

La banque a participé à l’effort national de lutte contre la pandémie, versant 714000 dinars de contribution conjoncturelle, et 11,4 millions de dons au fonds de solidarité. Ce qui explique le recul –peu significatif de la bonne santé de l’entreprise – de 43% du résultat net, au premier semestre.

Aucun risque

« Les revenus sur les opérations avec la clientèle ont connu une baisse de 4,7%, expliquée d’une part par le ralentissement de l’activité économique aussi bien au niveau national et international, suite aux mesures de confinement prises, et d’autre part par l’évolution des intérêts réservés comparés à juin 2019 », explique un document comptable de la banque.

Évoquant les stress-test réalisés par les banques tunisiennes, Amen Bank considère que la situation actuelle ne présente « en aucun cas un risque pour la continuité d’activité de la banque ». Concrètement, le télétravail a été appliqué pour un grand nombre de l’effectif maintenant ainsi le même niveau de service offert aux clients.

En effet, l’établissement a entrepris des mesures qui veillent à prémunir la santé des collaborateurs et assurer la continuité des activités critiques en cas d’indisponibilité partielle ou totale des collaborateurs.

Ces résultats confirment que l’exercice 2020 semble une année de transition, pour la banque tunisienne, qui s’est dotée d’un nouveau directeur général, en août, en la personne de Néji Ghandri. Lequel assure que ce changement « assure la continuité », bien qu’il s’accompagne progressivement de nouveautés. Le groupe entend diversifier ses activités, afin de réduire ses risques.

« Notre objectif consistera à préserver les acquis obtenus, comme à titre d’exemple, les réalisations sur le segment Corporate ou les développements sur le compartiment du marché des capitaux. » De plus, « nous avons une nouvelle vision pour le segment Retail, recentré davantage sur la qualité du service bancaire, le renforcement de la digitalisation et la gestion intelligente des risques », confie-t-il au magazine African Manager.

Amen Bank a mis au point un plan de transformation, en cours de concrétisation, avec l’introduction de la notion de pôle, de la spécialisation des agences, du suivi régulier des différentes activités de la Banque à l’aide d’indicateurs de performance et de reporting intelligents.

« Mais également et surtout le conseil-client, afin de l’assister et de l’accompagner dans ses différents projets », explique le nouveau directeur général. Après la banque d’affaires, Amen Bank compte bientôt lancer sa banque privée. « Nous allons capitaliser sur tous les acquis réalisés, tout en cherchant le changement pour accompagner les mutations réglementaires, technologiques et les exigences du marché. »  

Enfin, Amen Bank devrait lancer prochainement un « fonds de retournement », une innovation marquant une première en Tunisie, offrant un conseil financier et métier personnalisé, lors des injections de fonds. « Nous espérons également que la Tunisie bénéficiera d’une accalmie politique et sociale, ce qui aura un impact positif sur le climat des affaires, dans notre pays », conclut Néji Ghandri.

PF 

 

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