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Améliorer les bonnes pratiques ESG en Tunisie

Améliorer les bonnes pratiques ESG en Tunisie
  • Publiénovembre 30, 2023

Trois institutions tunisiennes reçoivent le soutien de l’IFC (Banque mondiale) afin d’améliorer et de promouvoir les bonnes pratiques ESG. En particulier, la Bourse de Tunis pourra intensifier sa communication financière sur ces questions.

 

IFC (Société financière internationale) coopérera avec la Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BVMT), l’Institut Tunisien des Administrateurs (ITA) et l’Université centrale, membre d’Honoris United Universities. Ce dernier est le premier réseau panafricain d’enseignement supérieur privé et qui héberge l’Observatoire tunisien des femmes dans les conseils d’administration. Il s’agit, pour la filiale de la Banque mondiale, d’appuyer le renforcement de la capacité de ces organisations à promouvoir les bonnes pratiques ESG (Environnementale, sociétale et de gouvernance) dans leurs secteurs respectifs. Ce, « à l’heure où les exigences en la matière deviennent incontournables », précise un communiqué de l’IFC. 

« Les conseils d’administration plus équilibrés ont tendance à être plus efficaces, permettant ainsi aux entreprises d’améliorer leur performance et d’être plus durables et résilientes. »

La prise en compte des normes ESG permet aux entreprises de mieux gérer les risques, d’améliorer leur réputation, d’attirer davantage d’investissements et de créer de nouveaux marchés. En Tunisie, l’adoption de ces pratiques par les banques et les entreprises reste encore limitée : selon une étude de l’IFC, la majorité des banques du pays ne sont pas dotées des capacités internes pour appréhender les risques ESG.

« Permettre aux entreprises d’améliorer leurs pratiques ESG est essentiel pour bâtir une économie solide et durable en Tunisie et attirer les investisseurs internationaux, explique Sarah Morsi, responsable d’IFC pour la Tunisie.

Ces trois accords s’inscrivent dans le cadre d’un programme lancé par IFC en février 2023, en partenariat avec le Secrétariat d’État suisse à l’économie (SECO), afin d’encourager l’adoption des pratiques ESG dans les secteurs financier, manufacturier et agroalimentaire du pays.

« Nous nous appuyons sur deux décennies de collaboration fructueuse entre SECO et IFC pour renforcer la gouvernance d’entreprise et la finance durable dans les pays en développement », confirme Josef Renggli, ambassadeur de Suisse en Tunisie. « Ce nouveau programme vise à améliorer les pratiques ESG en Tunisie et dans d’autres pays de la région MENA, facilitant ainsi les investissements indispensables alignés sur les Objectifs de développement durable du pays. »

 

Une expertise de première main

En Tunisie, les exigences en matière de pratiques ESG sont pour l’instant limitées, notamment dans le secteur bancaire, et l’établissement de rapports ESG pour les entreprises cotées repose sur une démarche volontaire.

Plus spécifiquement, l’appui d’IFC soutiendra la Bourse de Tunis à mettre en place un cadre et des outils permettant à un plus grand nombre d’entreprises cotées de produire des rapports ESG ; à renforcer les capacités des administrateurs de banques et de sociétés membres de l’ITA en matière de normes ESG ; et finalement à promouvoir, à travers le soutien de l’Observatoire tunisien des femmes administrateurs et l’Université centrale, la diversité de genres au sein des conseils d’administration.

« Ce partenariat avec IFC permettra de renforcer la capacité de la Bourse de Tunis en matière de reporting ESG et des indices dédiés et de fournir une expertise de première main aux entreprises qui se sont portées volontaires pour élaborer leurs premiers rapports ESG », se félicite Bilel Sahnoun, directeur général de la BVMT.

Moez Joudi est président de l’ITA. À son sens, fort de l’appui de l’IFC, son institution « pourra mieux contribuer à diffuser une culture de la bonne gouvernance et de la transparence au sein des entreprises tunisiennes tout en les sensibilisant à l’importance de la conformité aux impératifs ESG ».

 

Un soutien non démenti

En effet, « à l’heure où les conseils d’administration des entreprises en Tunisie comptent moins de 15% de femmes administrateurs, nous nous réjouissons d’œuvrer, de concert avec IFC, à accroître le taux de participation des femmes directrices et cadres à des postes clés dans les entreprises tunisiennes », commente Houbeb Ajmi, directrice de Honoris United en Tunisie. « Les conseils d’administration plus équilibrés ont tendance à être plus efficaces, permettant ainsi aux entreprises d’améliorer leur performance et d’être plus durables et résilientes. »

IFC se veut un leader mondial dans la mise en place de critères ESG et de gouvernance d’entreprise, notamment par le biais de la mise en œuvre de standards et de normes de performance, ainsi que par l’élaboration d’outils et documents d’orientation.

Au cours des cinq dernières années, la branche secteur privé de la Banque mondiale a mobilisé plus de 140 millions de dollars en soutien aux secteurs agroalimentaire, manufacturier, financier et énergie renouvelable en Tunisie.

@ABanker

 

 

Écrit par
Kimberley Adams

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