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African Banker

Adesina réfute les allégations de mauvaise gouvernance

Le président de la BAD, Akinwumi Adesina, dément vigoureusement les allégations selon lesquelles la banque souffre d’une faible gouvernance, alors que les assemblées annuelles de la BAD démarrent à Accra.

 

Par Shoshana Kedem

Le président de la Banque africaine de développement (BAD) a qualifié de « mensonges et de préjugés » les allégations selon lesquelles la banque aurait des problèmes de responsabilité, de faible gouvernance et de pressions sur les responsables du contrôle interne.

Les cinq jours de réunions de la BAD, auxquels participent plus de 3 000 délégués, se dérouleront autour du thème « Atteindre la résilience climatique et une transition énergétique juste pour l’Afrique ».

S’exprimant à la veille de l’ouverture des assemblées annuelles de la banque à Accra (Ghana), Akinwumi Adesina a déclaré : « Nous ne serons pas définis par des falsificateurs, des mensonges et des préjugés. Nous sommes fiers d’être Africains. Nous continuerons à rendre l’Afrique fière en tant que seule institution financière africaine notée AAA. »

Dans une série de tweets, l’ancien ministre nigérian de l’Agriculture avait déjà énuméré les récentes réalisations de la Banque :

« Nous avons un système de gestion et de gouvernance excellent et robuste. Nous offrons une grande valeur ajoutée à nos clients en Afrique. Au cours des six dernières années, grâce à nos programmes High 5, notre travail a eu un impact sur 335 millions de personnes. »

Origine de la colère : le 20 mai, The Economist a publié un article intitulé « La faiblesse de la gouvernance nuit-elle à la Banque africaine de développement ? ». Le magazine britannique décrit plusieurs incidents survenus au sein de la banque basée à Abidjan, qui, selon lui, « soulèvent des questions troublantes sur la manière dont elle est gérée et sur le fait de savoir si ses organes internes exercent une surveillance suffisante sur les dirigeants de la BAD ».

L’enjeu est de taille. Selon le magazine, ces faits « jettent le doute sur la question de savoir si la banque conserve la pleine confiance des créanciers, donateurs et actionnaires qui la financent et dont elle a besoin pour éviter que les économies africaines ne soient tirées vers le bas par une dette croissante, la flambée des prix internationaux des denrées alimentaires et de l’énergie et les effets persistants de la pandémie ».

 

Le rôle des actionnaires

Des cadres supérieurs de la banque auraient intimidé des responsables de la surveillance interne et des enquêteurs sur la corruption, et auraient licencié un évaluateur indépendant alors que seul le conseil d’administration avait le droit de le faire, croit savoir The Economist.

« Les personnes extérieures ont considéré que cet incident avait un effet paralysant sur la responsabilité. » Une lettre signée par neuf évaluateurs indépendants d’institutions multilatérales, dont ceux de la Banque mondiale et du FMI, stipule que ce licenciement « porte directement atteinte à un principe fondamental et de longue date de l’évaluation indépendante », révèle le magazine britannique.

Des incidents survenus au cours des deux dernières années expliquent également comment un autre contrôleur de gestion, au sein du bureau de l’Intégrité et de la lutte contre la corruption, est parti sous la pression de la haute direction. Il aurait laissé inachevées des enquêtes sur des allégations de corruption à l’encontre de hauts fonctionnaires, selon le magazine.

De son côté, la banque insiste sur le fait que les affaires de ressources humaines ont été menées en consultation avec le conseil d’administration et conformément au règlement de l’institution.

Contrairement à la façon dont les autres banques de développement sont gérées (les pays créanciers détiennent la majorité des votes des actionnaires), à la BAD, environ 60 % des votes sont détenus par les pays emprunteurs, ce qui peut dissuader les actionnaires de se rallier aux réformes.

« Ses actionnaires peuvent avoir de nombreuses raisons de ne pas exiger de changement. Les pays emprunteurs peuvent craindre que le fait de s’exprimer ne se traduise par une diminution des prêts. Les donateurs non africains, dont certains sont d’anciennes puissances coloniales, peuvent craindre d’être considérés comme des ingérences. »

Les problèmes de gouvernance interne peuvent également avoir érodé la confiance dans l’institution et sa capacité à financer le développement, les actionnaires et les donateurs refroidissant la banque, prévient The Economist.

Fil Twitter du président de la BAD

 

En 2019, les donateurs ont approuvé une augmentation du capital en pourcentage plus faible que lors du cycle précédent (bien que plus importante en termes absolus) et une augmentation beaucoup plus faible que ce que demandait Akinwumi Adesina.

Pourtant, les nouveaux prêts de la BAD ont chuté de 51% entre 2019 et 2020 – période il est vrai particulière –, les approbations de sa branche concessionnelle, le Fonds africain de développement, s’effondrant de 24%.

Cette polémique survient donc alors que l’institution panafricaine de financement du développement, chargée de combler le déficit de financement des pays africains, se réunit au Ghana pour ses assemblées annuelles.

Les cinq jours de réunions, auxquels participent plus de 3 000 délégués, se dérouleront autour du thème « Atteindre la résilience climatique et une transition énergétique juste pour l’Afrique ». Au cours des travaux, le Conseil des gouverneurs doit débattre d’un rapport externe sur la gouvernance de la banque.

@AfricanBanker

 

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