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African Banker

Congo : Une lueur pour les entreprises

Plusieurs banques créancières du Congo Brazzaville, menées par BGFI Bank, ont accepté un mécanisme permettant de réinjecter jusqu’à 300 milliards de F.CFA dans l’économie. Un soulagement tandis que l’État, endetté, peine à jouer son rôle de soutien.

Par Paule Fax

Après le Club de Paris, le Club de Londres, le « Club de Brazzaville » sort du bois. En l’occurrence, il s’agit d’un groupe de banques créancières du Congo, qui avaient constitué au printemps un groupement d’intérêt économique.

Ce club viendrait de mobiliser 300 milliards de F.CFA (457,4 millions d’euros) en faveur des entreprises congolaises. Pour un pays particulièrement endetté et fortement touché par les effets de la crise actuelle, cet appui financier fait figure de bouffée d’oxygène. 

Grâce à ce mécanisme, l’État pourra, dans un premier temps, apurer la dette commerciale due aux entreprises. Dans un deuxième temps, le gouvernement s’attaquera à la dette sociale, à celle due aux caisses de Sécurité sociale ainsi que celle des autres dettes sociales.

Dans la recherche des solutions visant à apurer la dette intérieure, le gouvernement avait conclu, en mars dernier, un accord de financement avec ce Club de Brazzaville. Lequel réunit la BGFI-Bank, la Congolaise de banque (LCB), Ecobank et la Banque sino congolaise pour l’Afrique (BSCA). Cette créance concerne à la fois la dette commerciale et sociale.

L’annonce de nouveaux développements a été faite par Henri-Claude Oyima, le PDG du groupe BGFIBank, chef de file. Le dirigeant du premier groupe bancaire en Afrique centrale, a rendu compte de sa mission, samedi 19 septembre, au président du Congo, Denis Sassou-Nguessso. « Nous sommes heureux de vous annoncer que nous avons conclu, à la fois avec tous les créanciers de ce club et le ministère en charge des Finances et du budget, en faveur d’une enveloppe de trois cents milliards de francs CFA », a déclaré le banquier.

Ce financement devrait « permettre de régler une partie de la dette intérieure du Congo », a expliqué le PDG de BGFI Bank. Attention, a-t-il prévenu, « il ne s’agit pas de financements accordés directement à l’État, mais des financements destinés à accompagner les entreprises et permettre la relance de l’économie du pays ». Laquelle est fragilisée par la crise pandémique et la forte baisse du cours des prix du pétrole, principal produit d’exportation.

Une aide rapide

Au Congo-Brazzaville, pour la seule période 2014-2016, l’État doit à ses fournisseurs, au titre de la dette intérieure, un peu plus que ces trois cents milliards de francs CFA. Faute d’avoir engagé un mouvement de diversification de son économie, les finances du pays sont au plus bas.

Le gouvernement éprouve des difficultés à payer les salaires des fonctionnaires, les pensions des retraités et les bourses des étudiants. Et le FMI suspend ses aides en raison du nombre insuffisant de réformes et d’une gouvernance jugée défaillante.

Pour les entreprises congolaises, cette annonce du Club de Brazzaville peut donc constituer une aide précieuse. Même s’il en faut davantage à certaines pour sortir du déficit et du besoin de paiement chronique.

Le Premier ministre, Clément Mouamba a estimé qu’au total, plus de 250 milliards de F.CFA seront ainsi injectés dans l’économie. La décote tenant au coût de mise en œuvre de l’appui, par les différents partenaires. Les créanciers du Club de Brazzaville, ainsi remboursés en priorité, ont donc pour vocation de soutenir l’économie réelle du pays. Le Premier ministre considère que l’État, les banques et les entreprises « trouveront leur compte » dans cette opération, la première du genre au Congo.

De son côté, le ministre délégué au Budget, Ludovic Ngatsé, a précisé que le Premier ministre avait instruit les départements concernés de réunir tous les dossiers dans les dix jours qui viennent afin d’amorcer le paiement. Dans un premier temps, il faudra que l’État apure la dette commerciale due aux entreprises, en vue de relancer l’économie. Dans un deuxième temps, a indiqué le ministre, le gouvernement s’attaquera à la dette sociale, à celle due aux caisses de Sécurité sociale ainsi que celle des autres dettes sociales.

Au chapitre de sa dette extérieure, après avoir essuyé plusieurs revers auprès des institutions financières internationales, le Congo a obtenu un moratoire de sa dette qui représente plus de 110 % du PIB. Le pays est toujours en attente du versement de la deuxième tranche au titre du fonds élargi de crédit (FEC), conformément à l’accord signé avec le FMI.

En effet, dans le cadre de son programme économique conclu en juillet 2019 avec le FMI, le Congo est tenu de solder la dette intérieure afin de favoriser la relance des activités du secteur privé. Demande réitérée face aux effets de la pandémie de Covid-19.

PF

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