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African Banker

S&P Ratings maintient sa confiance à la BAD

L’agence Standard & Poor’s maintient sa confiance en la Banque africaine de développement, qui reçoit le soutien de ses actionnaires dans la tempête. La BAD joue son rôle de soutien à l’Afrique sans risques excessifs.

Par Kimberly Adams

« Nous nous félicitons de la décision prise par S&P Global Ratings de réaffirmer la notation de la Banque. Elle reflète la grande solidité financière de l’institution, sa gestion prudentielle du risque et la qualité de sa gouvernance. » Ainsi le gouverneur de la BAD (Banque africaine de développement) a-t-il réagi à la dernière note de l’agence américaine de notation.

Laquelle a confirmé ses notes de AAA/A-1+ sur les dettes à long et court termes de la BAD ; la perspective de cette notation demeure « stable ».  « Nous allons maintenir la Banque à ce niveau d’excellence, avec le plein soutien de tous nos actionnaires, afin d’apporter à nos pays membres régionaux un appui essentiel en matière de financement, de connaissance et de soutien aux politiques, durant cette période de pandémie de Covid-19 », a poursuivi Akinwumi Adesina.

Les analystes s’attendent à la poursuite du soutien des actionnaires, qui fournissent à la BAD du capital en temps opportun. Tandis que la banque de développement « gérera prudemment » la croissance des prêts au secteur privé, conformément à son mandat.

Revenant sur les secousses qui agitent la BAD et son président, S&P Global Ratings considère qu’en interne, « cette question est traitée de manière appropriée, par les voies institutionnelles qui conviennent ».

Face aux accusations, le bureau du Conseil des gouverneurs a souscrit aux conclusions du comité d’éthique des conseils d’administration qui a exonéré le président de tout acte répréhensible, bien qu’il autorise un examen indépendant du rapport, compte tenu des opinions divergentes des gouverneurs.

Bien sûr, il subsiste un risque, qui tient dans la structure et la composition de l’actionnariat : 60% des actions avec droit de vote proviendront, après l’augmentation de capital en cours, des membres régionaux. « Les notations sont potentiellement vulnérables au risque d’agence, ce qui signifie que les intérêts des membres emprunteurs pourraient différer de ceux des créanciers », reconnaissent les analystes.

Cette particularité pèse sur l’appréciation de la gouvernance de la BAD. « Ce facteur est compensé par notre vision de la solide gestion des risques et de la culture des risques de la BAD qui, selon nous, s’étend aux règles et procédures appropriées pour gérer le personnel et les autres questions liées à l’éthique. »

Un rôle clé en Afrique

S&P s’attend à ce que le soutien des actionnaires « demeure solide », quel que soit le résultat de l’examen indépendant. En octobre 2019, les actionnaires de la banque ont approuvé sa septième augmentation générale de capital, augmentant effectivement le capital de la banque de 115 milliards de dollars, dont 6% sont versés et le reste sous forme de capital exigible, à 208 milliards $.

Plus récemment, le conseil des gouverneurs a approuvé la reconstitution du Fonds africain de développement. « Lequel imprime son rôle important en Afrique, marqué par une longue expérience dans l’accomplissement de son mandat politique au cours des cycles économiques, combiné à un solide soutien des actionnaires », juge S&P.

Selon l’agence de rating, la BAD jouera un rôle clé en soutenant l’Afrique, en particulier dans le contexte de Covid-19. L’institution a approuvé un plan de secours allant jusqu’à 10 milliards $ pour 2020, dont 6,9 milliards $ seront financés par la BAD et le reste par le biais de son guichet de prêts concessionnels. Ce programme de secours représente en grande partie une réorientation des prêts existants, ce qui soutiendra sa position de capital.

Une gestion prudente

Les experts prévoient « un soutien exceptionnel » sous forme de capital exigible, de la part d’actionnaires de la banque eux-mêmes « très bien notés » (AA + et AAA). Cela alimente une augmentation significative du ratio fonds propres/risques et « atténue l’impact sur le profil de risque financier suite à une détérioration potentielle de l’adéquation des fonds propres de la BAD ».

De plus, au cours des deux prochaines années, la BAD gérera prudemment son capital tout en maintenant des niveaux solides d’actifs de liquidité de haute qualité et un financement solide. Les analystes s’attendent à la poursuite du soutien des actionnaires, qui fournissent à la BAD du capital en temps opportun.

Tandis que la banque de développement continuera de bénéficier du traitement privilégié des créanciers et qu’elle « gérera prudemment » la croissance des prêts au secteur privé, conformément à son mandat. Comme de coutume, S&P prévient qu’une détérioration des critères de jugement énoncés ci-dessus pourrait l’amener à revoir sa position.

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