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African Banker

Malgré la crise, tracer la voie de la relance

Gare au fardeau de la dette

Le chemin de la reprise sera difficile, insiste toutefois la BM. La plupart des pays de la région sont entrés dans la crise sanitaire avec des institutions d’appui à la croissance plus faibles. L’activité économique dans les pays de meilleure qualité institutionnelle a moins souffert de la pandémie.

Des institutions solides contribuent à des réponses politiques efficaces pour tracer la voie de la reprise et améliorer la résilience des pays aux chocs. Avec une diminution de l’incertitude liée à la nature de la pandémie, il sera essentiel d’assurer des réformes institutionnelles qui renforcent l’efficacité et la redevabilité des gouvernements vis-à-vis de leurs citoyens, la prestation de services, l’engagement de la société civile et la lutte contre la corruption.

Sur le plan sanitaire, l’Afrique est, finalement, assez peu touchée par la Covid-19. Toutefois, l’ampleur et la trajectoire de la pandémie dans la région restent très incertaines. L’arrivée d’une seconde vague en Europe et aux États-Unis et les craintes d’une seconde vague potentielle en Afrique alimentent de nouvelles incertitudes.

La plupart des pays vont émerger de la crise pandémique avec des déficits budgétaires historiquement importants. Ces déficits vont se creuser en moyenne de 3,5 points de pourcentage du PIB, pronostique la BM. Le fardeau de la dette deviendra également plus lourd, le risque de défaut de paiement ayant commencé à se concrétiser dans un pays de la région.

La ZLECAf doit être engagée

Conscients de la difficulté de la tâche, les économistes de la BM jugent que les gouvernements africains doivent mettre en œuvre des réformes pour garantir des positions budgétaires plus soutenables dans un avenir proche. Ces réformes devraient inclure une plus grande transparence et une meilleure gestion de la dette, ainsi qu’une plus grande efficacité de la dépense publique.

Par exemple, la publication des emprunts prévus et des dettes éventuelles, et l’amélioration de l’information financière pourront contribuer à réduire l’opacité des profils d’endettement des pays et renforcer la viabilité de la dette. Le renforcement des administrations fiscales, la réduction des flux financiers illicites et l’amélioration des systèmes de gestion des investissements publics – en particulier la gouvernance des infrastructures – pourraient améliorer l’effet de ces investissements sur la production.

Pour la BM, la voie de la relance souhaitée doit déboucher sur des emplois et une transformation économique, principales clés d’une croissance soutenue, inclusive et résiliente. La création d’emplois plus nombreux, meilleurs et inclusifs peut être réalisée grâce à la transformation numérique, à la réaffectation sectorielle et à l’intégration spatiale.

Il sera également essentiel d’assurer un transfert des ressources vers des secteurs économiques non traditionnels, mais ayant une plus forte productivité économique, une plus faible volatilité et plus de valeur ajoutée. Pour cela, la BM conseille aux Africains de tirer parti de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine).

Enfin, considère-t-elle, il sera essentiel de transférer des ressources des sites moins créateurs d’emplois vers des zones plus efficaces en la matière grâce à une meilleure connectivité entre le monde rural et le monde urbain, et entre les zones côtières et l’intérieur du pays. Sans oublier le souhait d’une transition décisive d’une économie tirée par l’exportation de matériaux bruts vers une économie tournée vers l’augmentation de la valeur ajoutée et des chaînes de valeur intra-africaines.

En conclusion, la BM juge que si la catastrophe mondiale de la Covid-19 devait avoir un côté positif, ce serait la confirmation de l’importance primordiale de l’économie numérique et que de nombreux pays africains ont su saisir cette opportunité. Tandis que les technologies numériques contribuent à stimuler la productivité agricole. Elles aident aussi les pays à renforcer leur système de protection sociale.

Pour autant, l’Afrique subsaharienne a besoin de financements importants pour investir dans le capital humain, l’énergie et les infrastructures numériques et physiques, explique la BM, qui lance là un appel à la communauté internationale.

L’Initiative de suspension du service de la dette a fourni un répit salutaire à certains pays. Cependant, jusqu’à présent, la participation à cette Initiative n’a conduit qu’à de faibles économies potentielles pour les pays africains (5,2 milliards de dollars pour les pays participants), tandis que les craintes de déclassement par les agences de notation en cas de participation de créditeurs privés engendrent des problèmes de coordination. Compte tenu de la nature de la crise, un meilleur accès aux financements concessionnels officiels est nécessaire pour aider les pays à faible revenu de la région.

KA

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