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African Banker

Monnaie : Les réserves du F.CFA quittent Paris et retournent à Dakar

La Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) rapatrie les réserves de change obligatoires des pays ouest-africains détenus par la Banque de France. Un geste politique alors que le projet de l’éco piétine ?

Par Paule Fax

La Banque de France effectuerait le transfert de tout ou partie des 5 milliards d’euros de réserves de change à la BCEAO (Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest), sise à Dakar. L’institution française « est en train de transférer des fonds qui appartenaient aux États africains », rapporte l’AFP, qui cite une source – anonyme – proche du gouvernement français. Pour l’heure, la BCEAO refuse de commenter cette information. Cinq milliards d’euros représentent 3 280 milliards de F.CFA.

Cette opération intervient à quelques jours du Sommet sur la finance africaine, à Paris, où la question délicate de l’avenir de l’éco, qui doit remplacer le franc CFA, sera sans nul doute évoquée. La réforme avait été annoncée en décembre 2019 par les présidents français Emmanuel Macron et ivoirien Alassane Ouattara. Elle prévoit justement la suppression de la réserve monétaire des pays africains sur un compte du Trésor français.

Ce dépôt – rémunéré – représentait la moitié des réserves de change des pays de la Zone. Une mesure que les Africains considèrent comme incompatible avec leur souveraineté sur la monnaie. « Soit, rompons les amarres », avait déclaré le président Macron, entendant les critiques de la société civile et politique africaine. La BCEAO n’« aura à l’avenir plus d’obligation particulière concernant le placement de ses réserves de change » et « sera libre de placer ses avoirs dans les actifs de son choix », expliquait alors le gouvernement français.

Le franc CFA est la monnaie commune à huit pays membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) – Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo. Pour l’heure, « l’autre » franc CFA, celui de l’Afrique centrale, n’est pas concerné par la réforme.

Pour l’économiste togolais Kako Nubukpo, connu pour ses positions critiques vis-à-vis du franc CFA, « cette décision pourrait inciter les États de la zone franc à renouveler les modalités de placement de leurs réserves de change et de gestion de la trésorerie des banques centrales ».

Selon le nouveau conseiller du président de l’Uemoa, cette décision pourrait aussi inciter les pays africains à « imaginer un régime de change moins rigide que celui qui existe actuellement, à savoir la parité fixe entre le franc CFA et l’euro », maintenue par la réforme.

Plus généralement, l’économiste plaide pour une réflexion sur « le rôle des réserves de change dans la transformation structurelle des économies de la zone Franc », estimant que  « cette période Covid-19 pousse à une utilisation active des réserves de change pour relancer l’économie mondiale ».

Du 26 au 28 mai 2021, Kako Nubukpo accueillera à Lomé une Conférence internationale sur l’éco. Les deux principaux résultats attendus sont la rédaction d’un rapport sur la transition du franc CFA à l’éco et la rédaction d’une feuille de route à soumettre aux chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao pour la mise en place de l’éco.

Le F.CFA

EN BREF

Billet de 50.000 F.CFA : La BCEAO dément formellement cette « fausse information »

« INFO !! », alertent plusieurs publications circulant sur Facebook : « La BCEAO mettra en circulation un billet de 50 000 francs à partir du 30 avril !! » (La date change régulièrement). Ce texte est souvent accompagné d’une photo du billet en question. Le nombre « 50 000 » y est inscrit deux fois et encadre un dessin représentant une famille de lions sur fond de savane. La BCEAO a été averti que des messages de ce type lui sont imputés et sont diffusés sur les réseaux sociaux, « tendant à faire croire à l’introduction imminente d’une nouvelle coupure de 50 000 F.CFA ».

La Banque centrale dément formellement cette « fausse information » et précise qu’elle n’a apporté aucune modification à la gamme actuelle des billets de banque de son émission en circulation qui demeurent valides.

Elle invite par conséquent les populations à la plus grande vigilance et à ne se référer qu’aux seules voies de communication officielles usuelles de l’Institut d’émission. Tous ses communiqués sont publiés sur son site internet, ainsi que dans la presse écrite et audiovisuelle.

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