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African Banker

Les pays africains en ordre dispersé pour 2021

L’Égypte a été plus attentive aux besoins économiques de la population, en apportant de la flexibilité dans son approche de confinement. Une stratégie qui a favorisé la croissance avec un engagement en matière de plan de relance limité à 1,6% du PIB.

À mi-chemin, la Tunisie a opté pour des restrictions modérées qui ont permis de maintenir une activité économique minimale. Son plan de relance représentant 3,0% du PIB aurait été plus important si la situation des finances publiques l’avait permise.

L’économie tunisienne est « complexe » : d’un côté, la croissance économique est insuffisante, de l’autre, l’encours de la dette exerce une pression sur la monnaie et les finances publiques. Les experts retiennent une croissance limitée à 2,7% en 2021.

Néanmoins, ils se déclarent « optimistes quant à la capacité de l’économie tunisienne de suivre le rebond de ses partenaires en Zone euro ». Le recul de l’inflation, qui devrait se poursuivre, soutiendrait le pouvoir d’achat des citoyens et ouvrirait la voie à d’autres réformes économiques.

En déployant un budget de 6,5% du PIB, les autorités du Sénégal érigent la croissance économique comme priorité absolue, même au prix d’une hausse rapide de l’endettement. Après une croissance nulle en 2020, le rythme de croissance (5,7%) « reprendrait son cours ordinaire ».

Attijari Global Research graphique

Le pays bénéficiera, dès l’an prochain, d’une accélération des investissements privés, tandis que la nouvelle exploitation des hydrocarbures est planifiée pour 2022. Gare toutefois à une dégradation par les agences de ratings, qui pourrait creuser un peu plus le service de la dette. 

Passage délicat au Cameroun

La Côte d’Ivoire a été plus équilibrée que ses voisins, dans ses choix. Avec un plan de relance équivalent à 6,5% du PIB, le pays prépare « une échéance électorale cruciale ».

Après une croissance modeste en 2020 (+1,1%), l’économie pourrait rebondir de 8,7% en 2021 (estimation FMI). « Ce niveau sous-entend une dissipation de la pandémie autant qu’une campagne agricole favorable », commentent les experts.

Toutefois, la Côte d’Ivoire a bien « la capacité de rebondir », s’appuyant sur « un budget d’investissement en progression, un climat des affaires en amélioration et un secteur privé dynamique ». Tandis que la situation budgétaire est « tout à fait rassurante ».

Enfin, étant déjà engagé dans un tracé de consolidation des finances publiques, le budget plan de relance au Cameroun a été limité à 0,8% du PIB. Une injection opérée dans une économie très affectée par la baisse des prix du pétrole.

S’étant fixé, en accord avec le FMI, un objectif de déficit budgétaire de 1,5%, le Cameroun devrait être particulièrement affecté du creusement de son déficit. Si le niveau de dette n’est pas alarmant en soi (39% du PIB), la difficulté réside dans la stagnation des recettes de l’État face à la hausse du service de la dette.

Le pays est dans un équilibre fragile. Diversifiée, son économie repose sur des revenus peu transformés. Elle est donc vulnérable à une éventuelle dégradation des termes de l’échange, font observer les experts d’Attijari Global Research.

De plus, à court terme, le pays manque de relais de croissance, en dépit de ses mesures de soutiens à l’économie, dans le cadre de l’espace Cemac. Aussi, la croissance devrait avoisiner 3,2%, en 2021. La pandémie a mis à mal ses efforts de consolidation des dépenses publiques. Enfin, le pays est davantage exposé aux aléas exogènes, comme les cours du pétrole.

ML

 

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