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African Banker

Les pays africains en ordre dispersé pour 2021

Les spécialistes d’Attijariwafa bank examinent à la loupe les destins de quelques pays africains, à court et moyen terme, dans l’hypothèse d’une crise sanitaire estompée en 2021. Ceux qui ont investi dans la relance sans compromettre leur endettement sont mieux lotis.

Par Marie-Anne Lubin

« La vie n’a pas de prix mais la préserver coûte très cher », font observer les experts d’Attijariwafa bank, en prélude d’un point analytique sur la situation de quelques pays africains en cette période de crise sanitaire.

Ils constatent que les pays qui ont opté pour un confinement strict pour une durée significative, comme le Maroc et Tunisie, pourraient subir une récession équivalente à deux années de croissance. Ce n’est qu’à partir de l’année 2022 que leurs PIB retrouveraient ses niveaux de 2019.

La Côte d’Ivoire a bien la capacité de rebondir, s’appuyant sur un budget d’investissement en progression, un climat des affaires en amélioration et un secteur privé dynamique. Tandis que la situation budgétaire ivoirienne est tout à fait rassurante.

D’un côté, des pays comme l’Égypte, le Sénégal, ou le Cameroun comptent sur de nouvelles capacités de production de ressources naturelles pour engager des investissements de pré-production et assurer un rebond de croissance. Dans d’autres pays, la reprise demeure tributaire du rétablissement de leurs partenaires commerciaux et de l’impact des aléas climatiques sur la composante agricole.

En effet, la diversification des partenaires économiques s’avère aussi critique que celle de la production. L’exposition de plusieurs pays d’Afrique du Nord et subsaharienne, déjà considérés diversifiés en matière de production, à des pays européens très touchés par la pandémie (à l’instar de la France, de l’Italie, ou de l’Espagne) s’avère risquée. Voir très coûteuse en matière de croissance économique.

Aussi, l’assiduité budgétaire se révèle-t-elle d’un grand appui, en temps de choc. Certes privés de quelques points de croissance, les pays (Maroc, Égypte, Côte d’Ivoire) qui ont démontré une assiduité en matière de dépenses publiques, ont, à plusieurs occasions, fait appel à des financements étrangers pour des coûts compétitifs.

D’autres (comme le Sénégal), bien que faisant preuve d’une croissance soutenue, se retrouvent en difficulté, aspirant à une suspension du remboursement de leurs dettes en 2020.

En dépit des alarmes, les experts d’Attijari Global Research constatent que les envois de la diaspora sont plutôt résistants à la crise. La baisse des envois a été limitée au troisième trimestre vers le Maroc (-2,3% sur un an glissant) et ont augmenté de 8,8% vers la Tunisie. « Les transferts des non-résidents surprennent par leur résilience. » Une situation qui pourrait s’expliquer par la prédominance des aides de première nécessité aux dépens des transferts d’épargne.

Les monnaies, quel que soit leur régime, sont plutôt résilientes en cette période de crise : le F.CFA, le dirham, le dinar, et même la livre égyptienne, pourtant complètement flexible. Elles ne dévissent pas. Le recul de la consommation et de la production, la baisse des prix de l’énergie ont eu un impact positif sur la balance commerciale des pays net importateurs. Sans oublier le recours à des prêts étrangers qui ont renfloué leurs réserves de change.

Concernant le tourisme, il semble clair que le développement d’une offre interne permanente constitue un nouvel impératif pour la viabilité de ce secteur. Certes, le tourisme externe (de masse, culturel, ou de niches) a un effet structurant. Mais il est mis à mal par des événements exogènes comme le terrorisme ou les crises sanitaires. Le développement d’une offre interne permanente réduirait l’exposition de ce secteur aux aléas.

Une situation complexe en Tunisie

Les pays ont dû faire des choix « cornéliens » entre la santé des citoyens et les impératifs économiques. Le Maroc a pris les mesures sanitaires les plus sévères, mais, en contrepartie, son plan de relance est le plus ambitieux : près de 12% du PIB.

Il pourrait se traduire par un rebond de 4,7% du PIB en 2021. Le Maroc, soulignent les analystes, est soutenu par « une longue tradition d’inflation modérée » ; laquelle préserve le pouvoir d’achat. La consommation demeure ainsi un socle de la croissance économique au Maroc.

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