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African Banker

Les Fintechs, ces partenaires des banques

La digitalisation des banques en Afrique et les partenariats avec les Fintechs constituent une excellente opportunité pour relever les défis de l’inclusion financière et de l’expansion rapide des services financiers digitaux, indispensable sur le continent.

Par Véronique Clara-Véronne

Face aux défis d’aujourd’hui et à ceux de demain, les banques doivent proposer à leurs clients les outils qui leur permettront de préempter le marché et de répondre rapidement, et de manière sûre et rentable, à leur demande. De concurrentes, les Fintechs deviennent des partenaires des banques, qui doivent franchir le pas de partenariats pour rester dans la course.

Tel est le sentiment d’Yves Eonnet (TagPay), Djiba Diallo (Ecobank Transnational), Obinna Ukwuani (Bank of Kigali) et Carl Manlan (Visa), réunis par Tag Pay pour un webinaire animé par Omar Ben Yedder, éditeur de African Banker.

« En Afrique, que nous voyons le début d’une nouvelle ère pour les banques, tandis que toutes les banques du monde ont les yeux tournés vers le continent. La Silicon Valley de la banque n’est pas en Californie mais en Afrique ; c’est là que ça se passe ! », s’exclame Yves Eonnet (TagPay).

Djiba Diallo, expert Fintech chez Ecobank, considère qu’il est important de comprendre les Fintechs et de tirer parti des opportunités qu’elles permettent. Les banques ont un rôle propre à jouer, mais elles doivent s’adapter à l’évolution du continent et, compte tenu de l’essor de ces nouveaux acteurs, le partenariat avec les Fintechs est essentiel. Déjà, de nombreuses banques s’associent à des entreprises Fintech pour se digitaliser ; elles peuvent ainsi étendre leurs services et toucher davantage de clients.

« Nous considérons la transformation digitale comme une nécessité ; aussi, nous avons investi dans cette transition pour nous engager dans cette nouvelle ère », confirme Obinna Ukwuani, directeur du numérique à la Bank of Kigali. « Toutes les sociétés deviennent aujourd’hui des sociétés technologiques, banque ou pas ! »

L’argent liquide domine toujours dans la majorité de l’Afrique mais, pour développer l’inclusion financière qui, par ailleurs, progresse déjà avec l’essor des technologies financières, la banque digitale devra connaître une croissance soutenue.

L’inclusion financière permet également aux banques de soutenir de nouvelles entreprises et de nouveaux entrepreneurs, stimulant ainsi l’économie. En s’appuyant sur les téléphones portables, la banque numérique a un rôle important à jouer, aujourd’hui comme demain.

Développer les compétences

Carl Manlan, est vice-président, directeur Europe centrale, Afrique et Moyen-Orient de l’impact social chez VISA. À son sens, parce que nous sommes aujourd’hui dépendants de l’argent liquide, « l’opportunité d’introduire des paiements numériques pour améliorer l’inclusion financière est cruciale ».

Toutefois, prévient-il, « il est essentiel de veiller à ce que la formation et le développement des compétences dans le domaine des finances soient adéquats pour que davantage de personnes puissent y avoir accès ».

Les partenariats entre les banques et les Fintechs permettront non seulement d’atteindre un plus grand nombre de clients, mais aussi de renforcer l’éducation financière des consommateurs. En outre, le secteur devra développer les talents et les compétences, et ce, à travers toute l’Afrique, afin de poursuivre sa croissance.

Autrefois des concurrentes, les Fintechs sont désormais considérées comme des partenaires des banques. Comme des acteurs clés de leur activité partageant la responsabilité de l’offre aux clients.

Une époque stimulante

Les banques entrent dans un nouvel univers et ont besoin de plateformes, de technologies et d’une architecture adaptées. Le système bancaire central traditionnel est dépassé et doit être remplacé. Les Fintechs aideront les banques à proposer un meilleur service aux clients, en travaillant en coopération et dans le même cadre réglementaire.

Les services bancaires numériques qui résulteront de leurs partenariats contribueront à l’inclusion financière et à la formalisation de l’économie informelle. Pour en arriver là, les banques, au niveau mondial, doivent participer à la révolution digitale et s’adapter à la demande des clients.

Yves Eonnet s’en réjouit : « L’époque dans laquelle nous entrons est très stimulante pour nous, les Fintechs et pour vous, les banques. L’expertise dont nous disposons ouvre la voie à de nouvelles opportunités et ressources pour les banques, notamment en raison du faible coût et de la rapidité du déploiement ».

Le patron de TagPay rappelle que les systèmes sont conçus pour cibler de nouveaux clients, l’inclusion financière ou de nouveaux secteurs mal desservis. « C’est passionnant en Afrique, parce que nous voyons le début d’une nouvelle ère pour les banques, tandis que toutes les banques du monde ont les yeux tournés vers le continent ! » L’Afrique présente une situation unique, de par cette question de l’inclusion financière.

« Les banques doivent attirer de nouveaux clients, leur proposer des services, se doter de la technologie adoptée et instaurer une culture dynamique qui rende cela possible, et c’est là, en Afrique, que nous construirons la banque du futur », juge Yves Eonnet. Qui conclut par une de ses formules fétiches : « La Silicon Valley de la banque n’est pas en Californie, mais en Afrique ; c’est là que ça se passe ! »

VCV

Session complète (en anglais) sur : https://bit.ly/3xb0Pu6

 

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