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African Banker

Banque mondiale : Togo, encore un effort !

La Banque mondiale considère que le Togo doit poursuivre ses efforts en matière d’attractivité pour le secteur privé. Quelques pistes : améliorer l’accès à l’électricité, à l’Internet, revoir les mécanismes de financement, afin de confirmer ses récents progrès.

Par Marie-Anne Lubin

Le Groupe de la Banque mondiale vient d’accorder 70 millions de dollars (38,9 milliards de F.CFA) au Togo. Cette somme aidera le pays à traverser le trou d’air dans sa croissance, fortement affectée par la pandémie de la Covid-19.

 « Cet appui est important pour aider le Togo à atténuer les effets de la pandémie sur les populations et exécuter le plan national de redressement post-Covid-19 », commente Hawa Cissé Wagué, représentante résidente de la Banque mondiale pour le Togo.

Le Togo doit mieux s’adapter à la dynamique du marché du travail, juge la BM. Cela requiert une analyse prospective qui permet d’anticiper les besoins en compétences sur le marché de l’emploi afin d’adapter les parcours scolaires en conséquence.

Selon qui « les mesures de protection sociale et de santé soutenues par cette opération devront atténuer l’impact des effets de la crise sur les plus vulnérables en soutenant la consommation des ménages et en garantissant l’accès aux services de base. »

L’annonce de cet appui intervient alors que la BM rend public un rapport complet sur la situation économique du Togo, Dynamiser l’investissement privé pour plus de croissance et d’emplois.

L’institution salue la croissance enregistrée ces dernières années, et invite le pays à poursuivre ses efforts de soutien au secteur privé. Le rapport se double des résultats et des commentaires de la BM après une enquête auprès de chefs d’entreprise du Togo.

Selon le scénario optimiste retenu, la croissance du PIB tomberait à 1 % en 2020 (contre 5,3% prévus en début d’année) et rebondirait à 4% en 2021 et 5,5% en 2022. Cette croissance serait tirée par des investissements publics dans les infrastructures et un regain de l’investissement privé du fait des récentes réformes visant à améliorer le climat des affaires.

La qualité des infrastructures de télécommunications constitue une contrainte majeure de développement des entreprises. Les technologies efficaces de l’information et de la communication (TIC) « réduisent les coûts de transaction et favorisent la connectivité et l’innovation sur le marché ».

Aussi, la BM regrette-t-elle, au Togo, « le coût élevé et les services relativement médiocres contraignent les entreprises et limitent l’effet de levier et les retombées que le secteur des TIC peut créer ».

La crise peut devenir une opportunité

L’investissement privé est essentiel à la réalisation du PND (Plan national de développement) 2018-2022. Ils ont certes augmenté, ces dix dernières années, mais restent « bien inférieurs » aux niveaux nécessaires pour atteindre les objectifs du Plan.

Le PND suppose une augmentation annuelle de l’investissement privé de 17% sur la période 2018-2022 alors qu’il n’a augmenté que de 11% par an entre 2010 et 2018. Toutefois, les performances récentes du Togo sur le plan de l’amélioration du climat des affaires suggèrent l’existence d’une volonté politique et d’un environnement propice à l’accélération des investissements privés.

En dépit de ses défis et de son coût économique, humain et social, la crise de la Covid-19 donne l’occasion d’un redéploiement des énergies vers la construction d’un secteur privé dynamique et résilient, juge la BM.

Qui fixe un agenda des réformes autour de trois axes essentiels. Le renforcement de la résilience ; la levée des contraintes structurelles au développement d’un secteur privé productif ; des mesures ciblées pour l’optimisation de la performance des secteurs prioritaires du PND.

Concernant l’objectif de résilience, la BM recommande l’accélération de la digitalisation de l’économie, afin d’assurer la continuité de l’administration publique et de l’activité économique en temps de crise.

L’action peut également être améliorée par le renforcement de la protection de la main-d’œuvre au travers d’un mécanisme de filet de Sécurité sociale. Enfin, il est nécessaire de construire une architecture institutionnelle, légale et infrastructurelle d’un système public de garantie pour les PME.

Surtout, la crise sanitaire réaffirme la nécessité de lever les contraintes structurelles qui pèsent sur le secteur privé. Le Togo doit poursuivre ses efforts en vue de faciliter l’accès au financement, améliorer de la qualité et de réduction des coûts d’accès à l’électricité et aux services de télécommunication (internet, téléphonie mobile). « Il semble nécessaire de réduire le poids de la fiscalité sur les entreprises et de renforcement du capital humain. »

Évoquant les secteurs prioritaires du PND, la BM cite l’agriculture, la logistique et les transports, et le secteur minier. « Dans l’agriculture, l’investissement public dans l’irrigation, l’amélioration et la sécurisation de l’accès à la propriété foncière et la sécurisation de l’accès aux inputs sont des mesures clés pour garantir une augmentation substantielle de la productivité et de la création d’emplois. »

S’adapter au marché du travail

Dans la logistique et des transports, il importe de renforcer la qualité de la main-d’œuvre et développer des mécanismes de financement, y compris le crédit-bail, pour le renouvellement de la flotte de transport.

Dans le secteur minier, l’amélioration continue du système d’information et le renforcement du cadre juridique relatif aux procédures d’octroi des droits d’utilisation des terres et des permis d’exploitation sont essentiels pour attirer des investisseurs stratégiques dans le secteur. De plus, le fonctionnement des Zones économiques spéciales pourrait être amélioré.

En matière d’accroissement du capital humain, la BM considère que pour être facteur d’accroissement de la productivité et de création d’emplois, « il est nécessaire de s’adapter à la dynamique du marché du travail ».

Cela requiert une analyse prospective qui permet d’anticiper les besoins en compétences sur le marché du travail afin d’adapter les parcours scolaires en conséquence.

De plus, pour plus d’efficience et de cohérence avec l’agenda global des réformes du climat des affaires, il importe de procéder à une évaluation de l’efficacité des incitations fiscales appliquées dans le cadre des zones franches et prévues dans le cadre du code des investissements.

ML

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