Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Banker

Togo : Les banques disposées à financer l’agriculture

Un facteur a davantage crédibilisé la structuration du Crédit Agricole aux yeux des banques et établissements financiers locaux dans le contexte d’opérationnalisation de cet instrument novateur. Il s’agit de l’association des nouvelles technologies aux projets agricoles. Le MIFA promeut pour ses bénéficiaires une plateforme permettant d’identifier et suivre en temps réel tous les acteurs d’une chaîne agricole donnée.

« La mise à contribution d’une intelligence artificielle assure un accompagnement permanent des bénéficiaires du MIFA par des conseillers agricoles spécialisés. Un accompagnement et un encadrement qui embrassent la fourniture de services comme les prévisions météorologiques et les détections de maladies agricoles », explique Dona Etchri, responsable de la plateforme au nom évocateur, « E-agribusiness ».

Apprendre durablement des erreurs

Le fonds Tirsal sera doté à terme de 100 millions d’euros, soit plus de 65 milliards de F.CFA, dont une contribution significative de l’État. Le MIFA, dans sa conception, vise surtout à moyen terme une professionnalisation de l’agriculture au Togo. « Il embrasse toute la campagne agricole et apporte surtout à l’exploitant un financement décent, à l’opposé des pratiques financières de l’heure », fait remarquer Basilia Zankou (responsable de la coopération et de la clientèle chez Sogemef – Société Générale de micro et méso-finance).

Au niveau des microfinances, le MIFA trouvera un terreau déjà très fertile ; car les microfinances locales ont pour activités principales le financement de l’agriculture. « Dans trois régions économiques sur les cinq du Togo, les microfinances administrent déjà une kyrielle de produits adaptés au financement agricole », témoigne Yombo Odanou, responsable de la faîtière nationale de ces institutions financières. « Cette belle synergie qui inclut notamment les banques et établissements financiers, les compagnies d’assurances, les institutions de microfinance, les fonds de garantie et d’autres agences partenaires augure des jours favorables pour l’agriculture togolaise », se félicite le président Faure Gnassingbé.

Des innovations et garanties qui ne laissent point douter que le Mécanisme « répartira convenablement les risques et les coûts dans le financement agricole, grâce au partage des risques liés au financement du secteur agricole sur d’autres secteurs », assure Michel Dorkenoo. Une précaution majeure permettant de « lever les réticences résiduelles au financement agricole par les banques », ajoute Dorkenoo, lui-même directeur général de Banque Atlantique.

« À ce rythme et à coup sûr, l’agriculture togolaise va y gagner beaucoup, car le MIFA rassure tous les acteurs qui y sont impliqués », renforce Minsob Logou, inventeur et entrepreneur agricole. « Le succès du MIFA est en définitive entre les mains des banques et institutions financières établies au Togo. Elles sont appelées à accorder davantage de prêts au secteur agricole et à des taux abordables », indique Akinwumi Adesina, président de la BAD qui a suivi de bout en bout l’élaboration du Mécanisme.

La phase pilote du MIFA qui couvre six mois s’opérationnalise en faisant une part belle aux filières comme le riz, le manioc et le maïs. Signes palpables du grand attachement du monde financier togolais à la réussite de ce Mécanisme novateur, l’APBEF envisage la création d’un « Guichet spécial » constitué de techniciens expérimentés dans le crédit à l’agriculture, et surtout motivés dans le travail de terrain.

Trente-cinq millions de dollars sont mobilisés annuellement par les budgets des États africains pour importer des produits agricoles, alors que ce « continent est à même de nourrir le monde et ses 9 milliards d’habitants d’ici à 2050 », si l’agriculture africaine entame dès à présent sa mue, rappelle Adesina.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts