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African Banker

Togo : Les banques disposées à financer l’agriculture

Un nouveau jour semble poindre sur le financement de l’agriculture togolaise par les banques, avec l’objectif à moyen terme de faire des agriculteurs de meilleurs créateurs de richesses.

Lomé, Edem Gadegbeku

Malgré les mutations engendrées par le Programme national d’investissement et de la sécurité alimentaire (Pniasa) entre 2011 et 2016, dans le secteur agricole, qui occupe 73 % des actifs au Togo, le taux de financement du secteur agricole (représentant pourtant plus de 46 % du PIB) par les treize banques commerciales du pays, a été mesuré seulement à 0,2 % en 2017 selon le ministère de l’Agriculture.

Un taux que le gouvernement ambitionne de porter à 5 % en cinq ans, en lançant à la mi-2018 le Togo Incentive-Based Risk Sharing System for Agricultural Lending (Tirsal) ou le Mécanisme incitatif de finance agricole fondé sur le partage des risques (MIFA).

Inspiré par le Nigeria, le Tirsal, qui est pour l’heure dans sa phase d’expérimentation, a pour objectifs majeurs de développer les chaînes de valeur agricoles en promouvant les besoins des importateurs et ceux des exportateurs, tout en identifiant clairement les besoins réels des acteurs de ce secteur.

« Le succès du MIFA est en définitive entre les mains des banques et institutions financières établies au Togo. Elles sont appelées à accorder davantage de prêts au secteur agricole et à des taux abordables », explique le président de la BAD.

Ce Mécanisme projette de professionnaliser environ un million de producteurs agricoles d’ici à 2021. Une ambition s’inscrivant en bonne place dans le Plan national de développement 2018-2022 qui priorise le développement des agropôles.

« Entre les banques et l’agriculture au Togo, ce fut une histoire houleuse suite aux difficultés rencontrées par les banques locales dédiées au secteur agricole entre 1960 et 1990. L’offre de financement agricole était restée peu adaptée à la nature systémique des besoins de financement à l’agriculture et peine à couvrir ceux-ci », rappelle Michel Dorkenoo, président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Togo.

« À travers ce mécanisme, le producteur agricole a des garanties de financements bancaires, et le financier est sûr du paiement du crédit qu’il octroie. Mieux, le MIFA est un établissement public qui fait de la facilitation et de l’accompagnement financiers », explique Noël Bataka, coordonnateur de la phase pilote du MIFA.

Un mécanisme innovant

« Jusqu’à présent au Togo, l’exploitant agricole supportait tout seul les risques d’exploitation de ses projets. Avec le MIFA, tous les acteurs de la chaîne agricole se verront protéger sur le plan financier », ajoute-t-il. Ainsi, sur le terrain financier, cette nouvelle donne promue autour du Crédit Agricole séduit plusieurs banques de la place. Parmi elles, Orabank : « Le MIFA lève le goulot du risque de financement agricole qui prévalait jusqu’à présent au Togo. C’est un mécanisme innovant qui permettra l’octroi de crédits à taux bonifiés, mieux que le crédit classique », souligne avec satisfaction Toussaint Sossou, directeur du risque à Orabank.

Lequel verrait « d’un bon oeil » que l’État mette en oeuvre des mesures incitatives d’octroi du crédit par les institutions bancaires, dans le cadre du MIFA. Cette nouvelle architecture du financement du monde agricole a le mérite d’étendre des garanties assurantielles au risque agricole. Toutefois, fait observer un responsable d’une compagnie d’assurance, il urge, pour atteindre l’efficacité dans le cadre du MIFA, d’« adapter les polices d’assurance au contexte agricole ». Car, précise ce responsable, « ces garanties ont la possibilité de couvrir tous les acteurs intervenant sur une chaîne agricole donnée ».

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