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African Banker

Nigeria : Le dilemme de la Banque centrale

Face au risque de récession, la Banque centrale du Nigeria abaisse son taux directeur de 100 points de base, à 12,5%. Pourtant, l’institution redoute la persistance de l’inflation. Elle appelle à des mesures concrètes de la part de l’État.  

Par Kimberly Adams

Le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Nigeria (BCN) réuni les 21 et 22 septembre, a décidé un nouvel assouplissement, « à la lumière des incertitudes persistantes liées à la pandémie Covid-19 et à la baisse des prix du pétrole brut ».

La Banque centrale appelle le gouvernement à restaurer le climat des affaires au Nigeria. Si elle assouplit sa politique monétaire, elle entend continuer de prendre toutes les mesures pertinentes pour garantir que le risque d’inflation est maîtrisé.

Un long communiqué signé par le gouverneur Godwin Emefiele précise les contours de cette décision qui a surpris les marchés. En effet, le Nigeria fait face à une résurgence de l’inflation, que toute Banque centrale est supposée combattre par l’arme des taux élevés.

Pourtant, les banquiers centraux constatent que le climat d’attentisme prévaut, tandis que la demande globale reste faible. Ils constatent « des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, une évolution mitigée des prix, des prix du pétrole volatils et à la baisse, ainsi qu’une hausse du chômage ».

Le CPM (Comité de politique monétaire) a observé l’« amélioration modérée » de la production mondiale, tandis que la récession s’est généralisée au deuxième trimestre de 2020. Tendance qui fait suite à la forte baisse de la croissance de la production dans les économies avancées et à l’apparition de risques de détérioration supplémentaire de la croissance de la production mondiale.

Avec l’injection sans précédent et coordonnée de liquidités par Banques centrales et institutions monétaires, le risque d’une autre la crise financière post-Covid-19 ne peut plus être négligé, redoute la BCN. Laquelle craint « une double récession mondiale profonde » lorsque les Banques centrales du monde entier voudront normaliser leur politique monétaire.

D’ailleurs, sur les marchés financiers mondiaux, les conditions restent relativement tendues, reflétant les incertitudes persistantes. Alors que les marchés montrent des signes modérés de reprise, les conditions financières ne se sont pas encore totalement assouplies, les investisseurs restant prudents face au risque persistant d’un second cycle de confinements.

Le spectre de la stagflation

Au Nigeria, le PIB réel s’est contracté de 6,1% au deuxième trimestre de 2020, contre une croissance de 1,9 % au premier trimestre. Voilà qui achève un cycle de croissance « faible mais positive » enregistré par le pays depuis 2017 – l’année 2020 pourrait s’achever par une récession de l’ordre de 9%, considère le consensus des économistes.

La contraction au deuxième trimestre a été largement tirée par la mauvaise performance des secteurs pétrolier et non pétrolier en raison des blocages pour contenir la propagation de la pandémie. Le secteur pétrolier s’est contracté de 6,6 %, tandis que le secteur non pétrolier s’est contracté de 6 % au deuxième trimestre 2020.

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