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Maroc : Le système bancaire est résilient

Satisfecit teinté de prudence du FMI à l’égard du Maroc. Les autorités, dont la Banque centrale, ont pris les bonnes décisions face à la double crise que traverse le pays. Lequel devra poursuivre ses réformes et ne pas trop laisser filer sa dette.

Par Laurent Soucaille

Une équipe des services du FMI (Fonds monétaire international) a mené une mission dans le cadre des consultations de 2020 ; la mission s’est achevée le 2 novembre. « En dépit de la riposte rapide des autorités, la pandémie n’a pas épargné le Maroc et a eu des retombées négatives sur sa population, à l’instar de tous les pays du monde », fait observer l’envoyé du FMI, Roberto Cardarelli.

« Il est essentiel de faire avancer le programme de réformes structurelles pour solidifier la reprise après la pandémie et atteindre une croissance plus forte, résiliente et inclusive, qui améliore le niveau de vie de l’ensemble des Marocains », juge le FMI.

Sous l’effet combiné de la sécheresse et de la pandémie, le PIB du Maroc devrait se contracter de 6% à 7 % en 2020 en fonction de l’évolution de la crise sanitaire, et le taux de chômage devrait fortement augmenter. Les déficits budgétaire et extérieur devraient se creuser, du fait de la baisse des recettes fiscales et le recul des recettes en devises tirées du tourisme, respectivement.

Néanmoins, la résilience des transferts des marocains résidant à l’étranger et la baisse des importations ont limité les besoins de financement extérieur du pays, et les réserves internationales restent largement supérieures à leur niveau de 2019.

Les économistes du FMI s’attendent à ce que la croissance du PIB rebondisse l’an prochain, à 4,5 %. Ils font l’hypothèse que les effets de la sécheresse et de la pandémie s’estompent, « mais cette projection de référence est sujette à de considérables risques baissiers ».

Petit satisfecit de l’institution de Washington : « La politique budgétaire a été assouplie de manière appropriée en 2020. » Les recettes fiscales ont diminué nettement ; les autorités ont accru les dépenses publiques et révisé leur composition pour réduire au minimum les répercussions économiques et sociales de la crise.

Les experts du FMI constatent que la Banque centrale du Maroc, la Bank Al-Maghrib, a pris des mesures décisives pour atténuer les répercussions de la pandémie sur l’économie réelle et le secteur financier. Les services du FMI notent « avec satisfaction » la politique monétaire accommodante qui est menée et considère que celle-ci devrait être poursuivie jusqu’à ce que l’inflation commence à augmenter.

Une flexibilité accrue face aux chocs

Bank Al-Maghrib envisage d’utiliser tous les outils à sa disposition pour contribuer à limiter l’impact économique si les risques liés à la résurgence de la pandémie se matérialisaient.

« Une plus grande flexibilité du régime de change va bénéficier à l’économie marocaine en préservant les réserves et la compétitivité et en renforçant sa capacité d’absorption des chocs externes. »

Soulagement aussi du FMI à l’égard du secteur bancaire : « Les banques ont été relativement résilientes face à la pandémie, grâce à leurs niveaux initiaux élevés de fonds propres et de liquidité et à la riposte vigoureuse de la Banque centrale. »

En effet, cette dernière a demandé aux banques d’accroître leurs provisions et de suspendre la distribution de dividendes cette année afin de se prémunir contre une détérioration éventuelle du portefeuille des crédits bancaires dans un avenir proche.

Bank Al-Maghrib continue de surveiller activement les répercussions de la crise sur la qualité des actifs bancaires, tout en poursuivant, en coordination avec le ministère chargé des Finances, le parachèvement du dispositif de résolution afin de renforcer la panoplie d’instruments des autorités. gv

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