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African Banker

Les banques de développement misent sur les PPP

La BAD et la BOAD regroupent leurs forces pour soutenir les projets d’infrastructures financés en partenariats public-privé. La Banque ouest-africaine de développement entend se doter d’une nouvelle assise financière.

Par Laurent Soucaille

La BOAD (Banque ouest-africaine de développement) et la BAD (Banque africaine de développement) ont signé un accord de partenariat stratégique dans le cofinancement de projets d’investissements. Il s’agit pour les partenaires d’appuyer la préparation de projets d’infrastructure régionale en PPP (partenariat public-privé) impliquant au moins un État de l’Uemoa.

Dans les mois qui viennent, la BOAD devrait avoir doublé ses fonds propres, afin d’accroître son assise financière et sa capacité d’action, c’est-à-dire le nombre de projets soutenus. Les fonds propres pourraient passer à 3 milliards de dollars,

Dans le cadre de ce partenariat stratégique, la BAD s’appuiera sur le Fonds spécial associé aux projets d’investissement du Nepad. Pour sa part, la BOAD s’appuiera sur son Unité régionale de développement des projets en PPP. Les deux institutions entendent ainsi coopérer afin d’accroître la disponibilité des projets d’infrastructures régionales viables dans les transports, l’énergie, l’eau et les technologies de l’information et de la communication.

D’après le protocole d’accord, conclu pour une période de cinq ans, les deux partenaires vont identifier, sélectionner et prioriser des projets d’infrastructure régionale envisageables en PPP. Ils vont procéder à la réalisation des études de faisabilité ainsi qu’à la structuration et à l’appui de la transaction.

À cet effet, les deux institutions établiront conjointement une liste de projets pouvant bénéficier d’un cofinancement pour la préparation et s’accorderont sur les composantes du projet à financer, l’encadrement et la supervision des études ainsi que les modalités de décaissement. Pour la réalisation effective des projets, programmes et activités en lien avec leur domaine de coopération, les deux parties coopéreront à travers un éventail de mécanismes.

Combler le déficit de financement

Akinwumi Adesina, président de la BAD

Au terme du partenariat, les deux parties attendent plusieurs résultats. Tout d’abord, l’élaboration d’une liste des projets régionaux susceptibles de faire l’objet d’un développement conjoint sous le modèle PPP. Puis, définir le cofinancement chaque année, des activités de préparation d’au moins deux projets d’infrastructures PPP, tirés de la liste des projets régionaux sélectionnés.

De plus, BAD et BOAD veulent renforcer des capacités d’au moins deux promoteurs de projets ou d’agences d’exécution sélectionnées et la création et la gestion conjointe d’une base de données sur le financement des projets d’infrastructures PPP en Afrique de l’Ouest.

Ce partenariat aidera les deux institutions et les pays de l’UEMOA à constituer un « solide pipeline » de projets préparés, bancables et de qualité, d’infrastructure régionale, dans le cadre de la relance des investissements dans les infrastructures post-Covid-19. Par conséquent, il contribuera à accélérer la mobilisation des investissements dans les infrastructures indispensables pour combler le déficit de financement qui s’amplifiera à la suite des impacts négatifs de la pandémie.

Les relations entre les deux banques d’investissement ne sont pas récentes. Elles sont régies par un accord de coopération signé à Abidjan le 21 février 1978, la BAD étant d’ailleurs actionnaire et membre du conseil d’administration de la BOAD.

Doublement des fonds propres de la BOAD

Pour la BOAD, cet intérêt pour les PPP va de pair avec le soutien au secteur privé, cheval de bataille du président de l’institution, Serge Ekué. Dans les mois qui viennent, la Banque devrait avoir doublé ses fonds propres, afin d’accroître son assise financière et sa capacité d’action, c’est-à-dire le nombre de projets soutenus.

Les fonds propres pourraient passer à 3 milliards de dollars, à la faveur du soutien de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest et des huit États membres. Ces actionnaires « A » sont rejoints par les institutions financières internationales (Banque européenne d’investissement, le fonds allemand KfW, etc.). Ces actionnaires « B » seront mis à contribution.

L’éventuelle entrée au capital de partenaires stratégiques, notées AA ou plus par les agences spécialisées, permettra d’obtenir des financements à moindre coût sur les marchés financiers, explique Serge Ekué, cité par Le Point. « Nous allons créer une catégorie C pour faire entrer de nouveaux actionnaires du secteur privé, de l’assurance qui travaillent sur des durées plus longues. La philosophie est d’accroître les fonds propres pour augmenter la dette à disposition des États et du secteur privé. » La présence au capital de ces actionnaires également mieux « notés » permetta à la BOAD des refinancements à moindre frais.

LS

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