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African Banker

La BIDC appuie secteur privé et infrastructures publiques

La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, via sa Banque d’investissement, lance un emprunt de 50 milliards de F.CFA. Outre l’appui à la microfinance, elle liste une série de projets susceptibles de raffermir la reprise économique. 

Par Laurent Soucaille

Grand appel à l’épargne publique pour la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao. La BIDC lance un emprunt de 50 milliards de F.CFA (76,22 millions d’euros), sur son marché obligataire, en l’occurrence la BRVM (Bourse régionale des valeurs mobilières). Qui connaît ici sa première opération d’envergure de l’année.

La BIDC explique que les fonds récoltés serviront à appuyer la relance de l’Uemoa. Tandis que les États doivent affermir leur soutien aux entreprises et aux ménages afin que la relance soit fermement enclenchée, en mettant l’accent sur les priorités identifiées.

Techniquement, l’opération débute ce 10 mai pour s’achever, au plus tard. le 24 mai. La cotation à la BRVM suivrait alors. L’obligation offre un rendement de 6,5 % sur sept ans. Cinq millions d’obligations seront émises, au prix de 10 000 F.CFA l’unité. L’émission est arrangée par la société de gestion et d’intermédiation Impaxis Securities ; le courtier avait déjà piloté la méga-opération obligataire de Sonatel, durant l’été 2020.

Au-delà de ses considérations techniques, l’opération permet d’apprécier les priorités de l’institution présidée par George Agyekum Nana Donkor, qui entend utiliser cet emprunt au financement de la relance, par le soutien tant au secteur public qu’au secteur privé. La BIDC est le bras financier Cedeao. Elle revendique, depuis sa création, le financement de près de 300 projets, pour l’équivalent de 2,84 milliards de dollars.

Dans sa mission de banque de développement, la BIDC finance des projets rentables avec un impact significatif en matière de développement des pays membres de la Cedeao. Face au contexte actuel dominé par la pandémie de Covid-19, « la BIDC se veut catalyseur de la relance économique en prêtant main-forte aux États membres », précise la notice légale d’informations qui accompagne l’opération.

Des projets structurants

Cette levée de fonds permettra à la BIDC de s’impliquer activement en soutenant les économies des pays membres à travers l’accompagnement des États membres dans la relance économique et des projets de développement dans les secteurs tels que l’infrastructure, l’énergie, l’eau, la santé. La banque entend appuyer le développement des PME à travers le financement d’institutions financières telles que les banques et les institutions de microfinance, ainsi que par le soutien au secteur privé.

Par exemple, la BIDC s’intéresse à la construction et à l’exploitation d’une minoterie à Cotonou (Bénin), pour la production de farine de blé, y apportant 1,05 milliard de F.CFA. En Côte d’Ivoire, la banque participe à la création d’une usine de transformation de cacao (2,4 milliards de F.CFA). Dans le domaine de la Finance, elle ouvrira des lignes de crédit, de 6 milliards de F.CFA chacune, en faveur d’institutions financières pour le financement de PME-PMI, au Mali, au Niger, dans les domaines industriels et agricoles.

En soutien au secteur privé, la banque participera à des travaux d’infrastructure au Sénégal (liaison en train vers l’aéroport Blaise-Diagne), à la réhabilitation des installations hydroélectriques de Selingue et Soluba (Mali). Elle contribuera au financement de travaux routiers en Côte d’Ivoire, à des infrastructures de transport au Burkina Faso, et à la construction du barrage de Kandadji (Niger).

La Banque apportera également son soutien au Projet d’appui du développement agricole au Togo. Le projet le plus significatif étant la construction de 5 000 pompes solaires et de kits de stockage à destination des zones rurales de Côte d’Ivoire, pour près de 7, 2 milliards de F.CFA. Dans les intentions de la BIDC, 22 milliards de F.CFA seront dédiés au secteur privé et 34 milliards au secteur privé.

Sur un plan plus général, la BIDC note que les mesures de restriction prises pour répondre à la pandémie de la Covid-19, tant à l’échelle mondiale que nationale, « ont de sévères répercussions sur les économies des États membres ».

Après près de deux décennies de « croissances résilientes et robustes », la région a connu sa première récession en 2020.

C’est pourquoi les fonds levés par cette opération « serviront à appuyer le financement de la relance de l’Uemoa ». Les États doivent affermir leur soutien aux entreprises et aux ménages afin que la relance soit fermement enclenchée, en mettant l’accent sur les priorités identifiées, considère la BIDC. Qui prévient : « La plupart des pays auront probablement des déficits budgétaires élevés en 2021. »

LS

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