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Activités Bancaires

Forces et faiblesses de la BIDC

Forces et faiblesses de la BIDC
  • Publisheddécembre 7, 2021

Moody’s se montre moins inquiète à l’égard de la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao. L’institution, qui améliore progressivement sa gouvernance, doit élargir le spectre de ses garants afin de concourir davantage à l’économie sans fragiliser ses ratios.

Par Véronique Clara-Véronne

L’américaine Moody’s a relevé sa perspective sur la notation à long terme (B2) de « négative » à « stable ». Ce qui signifie qu’aucune dégradation de cette notation – synonyme de conditions de crédits plus difficiles –, ne se profile à horizon prévisible.

Au-delà de cette décision, la radiographie de la BIDC (Banque d’investissement et de développement) par l’agence permet de cerner les forces et les fragilités persistantes de cette institution de la Cedeao.

La BIDC a des paiements gérables au cours des 12 à 18 prochains mois, tandis qu’aucune échéance importante arrivant à échéance au cours de cette période, selon l’agence américaine.

La BIDC a apuré des arriérés de capital en provenance de certains actionnaires majeurs, tandis que l’établissement poursuit ses efforts visant à améliorer son cadre de liquidité et ses pratiques de gestion des risques.

En effet, au cours des neuf premiers mois de 2021, la banque a reçu 61 millions de dollars d’arriérés de paiement de souscription au capital de la part de certains d’actionnaires, les arriérés revenant à 14% du capital de la BIDC contre 23% en 2020.  

Le Nigeria et la Côte d’Ivoire ont presque entièrement payé leurs arriérés avec des paiements de 29 millions $ et 21 millions $, respectivement. La Gambie, la Guinée-Bissau, le Libéria et le Sénégal ont également effectué des paiements.

Parallèlement, la banque recherche une expansion de ses sources de financement, réduisant sa dépendance à un nombre restreint de partenaires. Elle a ainsi reçu des garanties en provenance d’institutions de financement du développement et des prêteurs commerciaux, pouvant ainsi élargir son champ d’action dans le financement du commerce.

Les perspectives nouvelles reflètent également l’orientation récente du modèle économique de la BIDC vers une augmentation des activités de prêt. Sur ce point, Moody’s considère que la BIDC ralentira considérablement ses plans d’expansion de son portefeuille de prêts, étant donné les perspectives limitées, à court terme, de lever des capitaux supplémentaires importants pour contenir l’augmentation de l’endettement.

Vers une meilleure gouvernance

Face à cela, il subsiste « des problèmes de crédit persistant », notamment un profil de liquidité toujours faible provenant de sources de financement encore réduites en nombre, un soutien historique limité de la part d’actionnaires mal notés eux-mêmes, une faible adéquation des fonds propres compte tenu de la faible qualité des emprunteurs de la banque et de son domaine d’activité difficile, et des contraintes de gouvernance.

Toutefois, la politique de liquidité tant attendue et les améliorations plus larges du cadre de gestion des risques ont été approuvées par le conseil d’administration, à l’initiative de George Donkor, et sont désormais opérationnelles ; elles visent à améliorer la visibilité sur la liquidité à moyen terme et le profil de risque de la banque.

La BIDC étend progressivement ses activités de rétrocession aux banques commerciales en se concentrant sur les prêts aux PME, dans le but de remplir son mandat de développement tout en diversifiant son exposition aux risques.

Alors que le dernier cycle de planification stratégique qui a commencé en 2021 prévoit des décaissements de prêts plus élevés, les perspectives stables supposent que la BIDC tempérera les plans ambitieux d’expansion du portefeuille de prêts pour contenir l’augmentation de l’endettement.

 L’agence rappelle que l’adéquation des fonds propres de la BIDC reste plus faible que celle d’autres banques multilatérales de développement (BAD, etc.) ; d’où sa prudence. Pour atténuer ce problème, la BIDC dispose d’importants dépôts en espèces et la couverture du service de la dette de la banque par des actifs liquides fournit un tampon, tandis que les paiements d’intérêts restent abordables.

La BIDC présente des paiements gérables au cours des 12 à 18 prochains mois, tandis qu’aucune échéance importante arrivant à échéance au cours de cette période. De plus, Moody’s n’anticipe pas d’asymétrie des échéances dans les années à venir car la BIDC fait correspondre la devise de ses emprunts à celle de ses prêts, qui sont principalement libellés en dollars, en francs CFA et en euros.

À l’inverse, la force du soutien des membres reste fragile, compte tenu de la faible capacité des actionnaires à fournir du capital en temps opportun, en cas de besoin.

@VCL

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Par Véronique Clara-Véronne

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