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African Banker

Ellever de Ecobank, un programme spécifique aux femmes

Le groupe bancaire panafricain Ecobank déploie, dans les 33 pays où il est présent, un programme destiné spécifiquement aux femmes : guichet spécial, taux attractifs, mentorat et réseautage, pour une meilleure inclusion des femmes.  

Par Paule Fax

La ministre togolaise Myriam Dossou-d’Almeida a officiellement lancé, le 27 novembre 2020, le programme « Ellever » de Ecobank. Derrière ce mot-valise, se cache une initiative qui vise à aider les entreprises dirigées par des femmes, ou destinées aux femmes, dans les 33 pays où est implanté le groupe bancaire panafricain.

« Ellevate », en anglais, est conçu pour permettre aux femmes de réaliser leur potentiel en leur proposant un accompagnement, grâce à des solutions financières personnalisées et des services à valeur ajoutée. Pour le groupe bancaire, l’initiative permet aussi de gagner de nouveaux marchés en répondant à une demande solvable. 

Pour un groupe bancaire, aider les entreprises dirigées par des femmes permet aussi de diversifier ses revenus. « D’autant que les entreprises dirigées par des femmes font preuve d’une meilleure discipline financière ! », fait observer le directeur général de Ecobank.

Ses promoteurs partent d’un constat : les femmes constituent environ la moitié de la population en Afrique. Les PME représentent jusqu’à 90 % des entreprises en Afrique, et les femmes détiennent environ un tiers des PME africaines enregistrées. Une femme sur quatre en Afrique crée ou dirige une entreprise, faisant du continent africain l’une des régions du monde où le nombre de femmes entrepreneures est le plus élevé.

L’économie féminine représente un marché à fort potentiel. L’engagement de Ecobank de contribuer au développement économique et à l’intégration financière du continent « ne serait pas complet si on ne s’intéressait pas spécifiquement aux femmes », a résumé Joséphine Anan-Ankomah, directrice exécutive Banque commerciale, lors de la cérémonie de lancement.

Bien sûr, une bonne collaboration entre le gouvernement et le secteur privé est essentielle à la création d’un environnement propice à l’épanouissement et à la réussite des femmes. Concrètement, le programme Ellever sera déployé dans chaque agence bancaire du groupe. Les femmes créatrices ou dirigeantes d’entreprises pourront y obtenir des informations spécifiques. Le programme devrait également s’adresser aux associations, ainsi qu’aux membres de la diaspora.

Un projet économique

La ministre Dossou a salué « le rôle important » des femmes dans le développement socio-économique de l’Afrique. « Elles sont le catalyseur du changement et de la prospérité. » Elle a précisé que le gouvernement togolais « continue d’élaborer et de mettre en œuvre des politiques et des programmes qui favorisent l’autonomisation économique des femmes, de tout âge et de toute classe sociale ». 

Aussi, au nom de la Première ministre, Victoire Dogbe Tomegah, se déclare-t-elle « heureuse de voir que le groupe Ecobank offre aux femmes l’opportunité de prendre la place qui leur revient dans le développement économique du Togo et de tout le continent ». Son gouvernement travaillera avec le secteur privé « pour optimiser le potentiel des femmes africaines et créer des opportunités d’affaires inclusives », a promis la ministre du Développement à la base, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes du Togo.

Graça Machel est la fondatrice du Graça Machel Trust et de la Fondation pour le développement communautaire. « L’autonomisation des femmes n’est pas seulement une question de développement, c’est aussi une question économique », a-t-elle expliqué. « Les institutions financières qui reconnaissent les changements à l’œuvre au niveau mondial et qui agissent pour participer à ce marché émergent, tireront un meilleur profit de leur investissement. »

Josephine Anan-Ankomah a souligné qu’« en concevant Ellever, les équipes de Ecobank ont pris le temps de comprendre les besoins des femmes, ce qu’elles attendent réellement de leurs banquiers, et ont proposé des solutions pratiques qui aideront à combler les lacunes identifiées ». Ellever se présente comme une gamme de produits financiers, « qui accompagne les entreprises grâce à des solutions commerciales différenciées ».

Le programme a été conçu pour les entreprises appartenant aux femmes, gérées par les femmes ; ou les entreprises avec un pourcentage élevé de femmes au sein du conseil d’administration, un pourcentage élevé de femmes employées dans l’entreprise. Enfin, il vise aussi les entreprises qui fabriquent les produits pour femmes (mode, santé, hygiène, etc.).

Des progrès insuffisants à capitaliser

Ces sociétés bénéficieront des solutions pour améliorer leur gestion de trésorerie, de taux d’emprunt favorables et des services à valeur ajoutée comme les formations en leadership et des opportunités de réseautage. Pour aider à réduire leur déficit de financement, Ecobank devra allouer 10% du portefeuille de prêts de sa banque commerciale.

Ade Ayeyemi, directeur général de Ecobank, rappelle que les femmes en Afrique représentent une importante ressource économique « largement inexploitée ». Elles sont confrontées à des disparités entre les sexes dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’inclusion financière et de la participation politique. Ainsi qu’à des obstacles inutiles qui limitent leurs capacités à participer pleinement à l’économie.

Ade Ayeyemi

Des progrès ont été réalisés, du côté de l’écart de revenus et des résultats scolaires. L’Afrique affiche aussi le taux de représentation des femmes au sein des conseils d’administration le plus élevé au monde : 17%.

Pourtant, les PME dirigées par des femmes (environ un tiers) sont plus susceptibles de se classer derrière les entreprises dirigées par des hommes. De plus, leur déficit de financement est estimé à 42 milliards $. Imiter la région ayant fait le plus de progrès en matière de parité pourrait générer 316 milliards $, soit 10% de plus de PIB, à l’Afrique, d’ici 2025.

Pour Ecobank, aider les entreprises dirigées par des femmes permet aussi de diversifier ses revenus. « D’autant que les entreprises dirigées par des femmes font preuve d’une meilleure discipline financière ! », fait observer Ade Ayeyemi.

PF

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