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African Banker

Ecobank a enregistré un premier semestre plutôt favorable

Le groupe panafricain Ecobank a subi l’épidémie de coronavirus, au premier semestre. La conversion devises a accentué l’impression de repli des résultats, qui sont plutôt encourageants exprimés en monnaies locales. La bonne surprise est venue du Nigeria.

Par Kimberly Adams

Dans un contexte difficile, le groupe bancaire Ecobank a enregistré un premier semestre plutôt favorable, si l’on analyse les données en monnaies africaines.

En effet, depuis la publication des résultats 2019, le groupe panafricain exprime plutôt ses comptes consolidés en dollars, selon les taux de change de la fin de la période considérée. Dans cette grille de lecture, les résultats sont alors en baisse, compte tenu du recul des monnaies africaines au premier semestre.

En monnaies locales, donc, le produit net bancaire a progressé de 1,95%, à changes constants, à 459,216 milliards de F.CFA (700 millions d’euros) contre 450,397 milliards de F.CFA au premier semestre 2019.

« L’activité économique en Afrique subsaharienne devrait se réduire. Mais notre engagement envers le continent, nos parties prenantes et nos employés, reste indéfectible », a exprimé le directeur général, Ade Ayeyemi.

Les encours d’Ecobank se portent à 9 786,705 milliards de FCFA (près de 15 milliards d’euros) contre 9 327,603 milliards au 30 juin 2019. Dans le même temps, le montant des prêts et créances s’est établi à 5 049,988 milliards de F.CFA (7,7 milliards d’euros) contre 5 039,047 milliards de F.CFA au 30 juin 2019.

Ecobank, à l’image d’autres banques africaines, a ajusté sa stratégie, en accentuant son offre de produits digitaux. « Les clients utilisent de plus en plus nos canaux numériques, grâce à notre application mobile, Ecobank Pay, OMNI, en ligne et en libre-service sur nos distributeurs automatiques », souligne la direction. « Le nombre de transactions dans les agences a diminué d’environ 64 % par rapport à l’année précédente, tandis que les engagements numériques ont augmenté de 56 % ».

En dépit des mesures sanitaires, les charges d’exploitation ont reculé de 1,58%, à 294,32 milliards de F.CFA. Sans surprise, en revanche, le coût du risque a augmenté de 2,59% à 34,113 milliards.

Bonne surprise au Nigeria

Conséquence, le résultat d’exploitation, bondit de 10,76% à 130,693 milliards de F CFA contre 118,076 milliards F.CFA un an auparavant. Enfin, le bénéfice du groupe bancaire panafricain a progressé de 13%, à 106,02 milliards d’euros (161,7 millions d’euros), contre 95,66 milliards de F.CFA au 30 juin 2019.

Ecobank a donc significativement réduit son endettement, après avoir cédé une part importante de ses titres publics et limité ses emprunts. Sur le plan opérationnel…

Les capitaux propres du groupe ressortent, au 30 juin 2020 à 1 124,964 milliards de F.CFA, soit une augmentation de 83,357 milliards. À noter le recul des dettes de 103,786 milliards de F.CFA, à 1 194,030 milliards.

Commentant les résultats consolidés de la holding, le directeur général Ade Ayeyemi a qualifié d’ « encourageante » la performance financière. Ce « malgré l’impact défavorable de la conversion des devises et de la Covid-19. » En effet, exprimé en dollars, le groupe a dégagé un bénéfice consolidé avant impôts de 170 millions.

Présent dans de nombreux pays africains, le groupe a subi les dépréciations des monnaies africaines, une fois les résultats exprimés en dollars ou en euros. Ainsi, le produit net bancaire a-t-il reculé de 1%, à 771 millions $, contre 776 millions un an plus tôt. Si les revenus d’intérêts sont en hausse de 18%, le reste de l’activité a subi un recul de 17%.  De plus, compte tenu de la situation actuelle, le groupe a intensifié sa politique de provisions pour risques de crédit et financier. Cette charge a bondi de 57%.

Dans fait, le bénéfice net attribuable à la holding a été de 89 millions $, contre 120 millions $ pour la même période en 2019. Le groupe a subi des faibles marges avant impôts, réalisées dans les filiales de l’Uemoa (-23%) et celles de l’Afrique centrale et australe (-40%).

En revanche, l’activité et les résultats au Nigeria sont de meilleure facture. Le bénéfice avant impôt y a plus que quintuplé. Le Nigeria, point noir du groupe ces dernières années, est donc devenu au premier semestre la bonne surprise qui amorti les reculs constatés ailleurs.

En dépit d’un premier semestre difficile, la trésorerie, quoiqu’en baisse, est restée solide. Ecobank a donc significativement réduit son endettement, après avoir cédé une part importante de ses titres publics et limité ses emprunts. Sur le plan opérationnel, Ecobank bénéficie de la solidité de ses activités cœur de métier, la banque d’entreprise et d’investissement.

« L’environnement opérationnel reste difficile alors que la pandémie continue de progresser sur tout le continent… L’activité économique en Afrique subsaharienne devrait se réduire. Mais notre engagement envers le continent, nos parties prenantes et nos employés, reste indéfectible », a conclu Ade Ayeyemi.

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