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African Banker

Confiance maintenue envers la BAD

L’agence de notations Fitch souligne que la Banque africaine de développement continuera de bénéficier du soutien de ses grands actionnaires, parmi les plus sûrs. La solidité financière de la BAD n’est que faiblement affectée par la crise actuelle.

Par Laurent Soucaille

De forts soutiens et une gouvernance de qualité. Tel est le jugement de l’agence Fitch Ratings qui maintient son « triple A » à l’égard de la dette souveraine de la BAD (Banque africaine de développement).

La part des actifs notés AA à AAA dans le portefeuille de trésorerie de la banque s’établit à 89% à fin 2019 (88% en 2018). Fitch s’attend à ce que cette part reste bien au-dessus de 70%, le seuil d’une évaluation « excellente ».

Cette notation AAA de la BAD est motivée par « le soutien extraordinaire qu’elle reçoit de ses actionnaires ». Elle est également soutenue par la perception intrinsèque de la banque de développement.

Certes, cette perception est revue en légère baisse, afin de refléter la détérioration attendue de la qualité des actifs de la banque suite à la crise de la Covid-19. Pour autant, la dette nette de la banque sera entièrement couverte par le capital appelable des États membres notés AAA, d’ici 2022.

La projection de Fitch suppose une augmentation de 125% du capital souscrit à partir de 2021, conformément au septième plan d’augmentation générale du capital de la BAD, approuvé en octobre 2019.

L’agence s’attend à ce que tous les actionnaires non régionaux effectuent leurs premiers paiements avant octobre 2021, sous peine d’être confrontés au risque de perte de leurs actions. Six États membres ont commencé à effectuer des paiements pour un total de 135 millions de DTA, dont l’Allemagne et la Norvège.

Selon Fitch, les déboires actuels du président Akinwumi Adesina seront résolus prochainement et n’affecteront pas la trajectoire de souscription au capital par les actionnaires.

Les projections de Fitch supposent une croissance des opérations de crédit de 8% en moyenne sur un an. Qui entraîne « une augmentation significative des décaissements de prêts, notamment en 2020 », car la banque apporte une aide d’urgence à ses emprunteurs confrontés à la pandémie.

Étant donné que le ratio de fonds propres prudentiels de la BAD est très proche de sa limite de 100%, la capacité de la banque à poursuivre des décaissements rapides est étroitement liée à l’encaissement des paiements en capital versés par les actionnaires.

De faibles risques

En avril 2020, le conseil des gouverneurs de la BAD a approuvé un mécanisme de réponse à l’échelle du groupe, soit un ensemble de 10 milliards de dollars mis à la disposition des emprunteurs actuels pour atténuer l’impact économique de la crise sanitaire.

Encadré – Vers une révision en baisse pour le Maroc 

Pour l’heure, l’agence Fitch Ratings maintient son « BBB- » sur la dette souveraine du Maroc. Mais ce rating est désormais assorti d’une perspective « négative », c’est-à-dire que l’agence pourrait réviser prochainement en baisse sa notation. « Le budget révisé prévoit une détérioration du déficit de l’administration centrale à 75% du PIB en 2020, soit à son niveau le plus élevé depuis au moins trois décennies », explique l’agence.

Ce déficit serait plus du double de l’objectif budgétaire initial de 3,8% (hors privatisations) et du niveau de 3,9% enregistré en 2019. À l’inverse, l’agence prend note des financements extérieurs qui allègent le poids de la dette du Maroc.  

 

Le paquet sera financé par une réaffectation des ressources existantes et l’approbation totale en 2020 n’augmentera pas par rapport à l’avant-crise. Cependant, les décaissements seront plus rapides que dans le scénario d’avant la crise.

Depuis mars 2020, Fitch a dégradé huit pays représentant 29% du portefeuille de prêts et attribué des perspectives négatives à sept notations souveraines (lire encadré), qui représentent 27% supplémentaires des prêts.

Fitch évalue les risques globaux de la BAD comme « faibles », équilibrant le profil de risque de crédit « modéré » avec un risque de concentration « faible », des risques actions et de marché « très faibles » et un cadre de gestion des risques « excellent ».

Voilà pourquoi les perspectives de la BAD restent « stables ». L’agence s’attend toutefois à ce que la notation moyenne des prêts et des garanties de la banque baisse encore, à moyen terme, reflétant le risque de nouvelles dégradations des obligations souveraines.

Une gestion prudente

En dépit d’une légère augmentation des prêts non performants, l’agence n’attend aucun nouvel emprunteur souverain en défaut auprès de la banque. De l’avis de Fitch, les entrées nettes positives vers les emprunteurs souverains incitent fortement à rester en contact avec la banque, car un défaut entraînerait la suspension de nouveaux paiements.

Les politiques de gestion des risques de la banque sont prudentes et Fitch les considère comme « excellentes », en ligne avec les pairs régionaux notés AAA. Les risques de change et de taux d’intérêt sont très limités et gérés de manière prudente.

À fin 2019, les liquidités représentaient 2,9 fois la dette à court terme, tandis que les actifs de trésorerie représentaient 35% du total des actifs. La banque prévoit d’utiliser une partie de son portefeuille de trésorerie pour financer la croissance des prêts au cours des prochaines années…

…ce qui se traduira par une baisse de la part des actifs de trésorerie à moins de 30% de l’actif total. Les coussins de liquidité de la banque resteront bien au-dessus du seuil de 1,5 x, pour une évaluation « excellente » d’ici 2022.


La part des actifs notés AA à AAA dans le portefeuille de trésorerie de la banque s’établit à 89% à fin 2019 (88% en 2018). Fitch s’attend à ce que cette part reste bien au-dessus de 70%, le seuil d’une évaluation « excellente ». Les autres actifs sont les titres de créance publics chinois et japonais et les liquidités de la Banque du Japon.

Enfin, l’environnement des affaires de la BAD est « à risque modéré », conclut l’agence qui ne voit pas là matière à modifier son jugement sur la note intrinsèque de la banque. « L’évaluation prend en compte la grande taille de la banque et la qualité de sa gouvernance. »

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