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African Banker

Changement dans la continuité à la BOAD

Serge Ekue prend la tête de la Banque ouest-africaine de développement. Ce spécialiste des marchés financiers présentera bientôt le Plan stratégique de la BOAD. L’institution devra préserver la qualité de sa signature et répondre aux besoins de financements de l’Uemoa.

Par Kimberly Adams

Une page se tourne à la BOAD (Banque ouest-africaine de développement). Après 42 ans au sein de l’institution, le Béninois Christian Adovelande a, comme prévu, laissé la place à son compatriote Serge Ekue, désigné mi-août pour lui succéder.

Serge Ekue a déclaré son intention de s’inscrire dans la continuité de ses prédécesseurs. Il sera « le premier responsable de l’institution, mais également le premier serviteur, son soldat du développement ».

Un changement dans la continuité, néanmoins, puisque Serge Ekue était, depuis mai 2020, conseiller spécial du président Adovelande, à ce poste depuis près de dix ans. Le conseiller avait pour principale mission de finaliser le Plan stratégique 2021-2025, que le nouveau président aura donc charge de mettre en œuvre, ainsi que de superviser les stratégies de mobilisation des ressources financières de la Banque.

Une cérémonie de passation de pouvoir s’est déroulée le 28 août, au siège de la BOAD à Lomé (Togo), en présence notamment de Sani Yaya, ministre des Finances du Togo, et président en exercice du Conseil des ministres de l’UMOA (Union monétaire ouest-africaine). Serge Ekue, 54 ans, est nommé pour un mandat de six ans.

Expert reconnu des marchés de capitaux, le Béninois dirigeait depuis 2016 les activités de la Banque de Financement et d’Investissement (BFI) de Natixis pour le Royaume-Uni, à Londres. Responsabilité qu’il cumulait avec celle de la direction des Solutions de Marchés pour l’Europe et la région MENA (Moyen-Orient et Afrique).

Pour Natixis, il a conseillé et conduit par le passé les opérations de sorties internationales du Bénin, du Sénégal, et de la Côte d’Ivoire. De 2010 à 2016, il dirigeait les opérations pour la zone Asie-Pacifique pour la banque française.

Serge Ekue cumule ainsi plus de vingt années d’expérience en Finance internationale, financements structurés et de marchés, pour avoir exercé ces larges responsabilités dans le monde entier. Il est détenteur de l’Exécutive MBA d’HEC Paris, d’un DESS Banques-Finances de Paris V, du diplôme de l’institut d’Études Politiques de Bordeaux.

Quelques défis, une compétence reconnue

Dans son discours d’investiture, Serge Ekue a déclaré son intention de s’inscrire dans la continuité de ses prédécesseurs. Il sera, a-t-il précisé, « le premier responsable de l’institution, mais également le premier serviteur, son soldat du développement ». À son sens, le succès qu’il promet pour son mandat « débutera par la présentation dans les prochaines semaines à nos différentes instances de gouvernance, du prochain Plan stratégique 2020-2025 ».

La banque de développement, considère son ex-président Christian Adovelande, aura quelques défis à relever ces prochaines années. Le premier sera, à son sens, de préserver les ratios d’utilisation des fonds propres, garants de la solvabilité de la banque.

Aujourd’hui, « le renforcement des fonds propres tient essentiellement à la mise en réserve des résultats d’exploitation annuels alors que les engagements nouveaux annuels se situent à des niveaux élevés », a-t-il expliqué. « Avec la poursuite des activités de financement et celles de mobilisation de ressources en vue d’assurer les décaissements nécessaires, un défi majeur pour la BOAD est ainsi de préserver la qualité de sa solvabilité et de ses ratings actuels. »

Sous le mandat de Christian Adovelande, l’institution a accompagné plus de 1 200 projets pour le compte des pays membres et des entreprises du secteur privé de l’Uemoa pour un montant total d’engagements de 5 817,8 milliards de F.CFA (8,87 milliards d’euros).

Christian Adovelande préconise, le cas échéant, une augmentation de capital, solution la plus simple pour préserver l’adéquation des fonds propres, compte tenu des exigences croissantes de financement. Il reste d’autres défis, dont l’un pourrait se conclure prochainement : l’accès de la BOAD aux ressources de l’Union européenne, dont le principe est en cours d’éligibilité.

De son côté, Sani Yaya a rappelé que « face aux mutations profondes de l’environnement économique et financier, entraînant des besoins croissants de la part des États membres, les interventions de BOAD sont attendues de tous nos pays ».

Le ministre faisait à la fois allusion aux besoins structurels de l’Afrique de l’Ouest (infrastructures, électricité, digitalisation des économies…) et aux défis qu’entraîne la pandémie de la Covid-19. « Vous prenez votre fonction en cette période de crise sanitaire et économique mondiale qui n’épargne pas nos pays. Ce qui rend encore ce défi plus grand », a-t-il lancé à l’adresse du nouveau promu.

Il a rejoint Serge Ekue pour rappeler l’importance de la BOAD quand elle apporte « les réponses appropriées aux effets néfastes des changements climatiques, pour la modernisation de l’agriculture, le financement du secteur privé, et la création d’emplois pour les jeunes, entre autres ».

La BOAD compte pour principaux actionnaires les pays de l’Uemoa ainsi que la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest. Elle compte également, parmi ses actionnaires de second rang, la France, KFW (Allemagne), la BERD (Banque européenne de développement), la Banque africaine de développement, Eximbank (Inde), la Belgique, la Chine, et le Maroc.

Sous le mandat de Christian Adovelande, l’institution a accompagné plus de 1 200 projets pour le compte des pays membres et des entreprises du secteur privé de l’Uemoa pour un montant total d’engagements de 5 817,8 milliards de F.CFA (8,87 milliards d’euros).

KA

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