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African Banker

BOAD & AFD : Soutien au secteur privé

La BOAD et l’AFD ont signé deux conventions pour répondre à l’urgence sanitaire et économique, ainsi que pour préparer l’avenir. La première vise à aider financièrement à soutenir les entreprises privées, la seconde favorise la recherche d’une relance durable.

Par Paule Fax

L’AFD (Agence française de développement, associé à la BOAD (Banque ouest-Africaine de développement) poursuit sa stratégie de riposte à la pandémie de coronavirus en Afrique.

Les deux institutions ont signé, à Lomé, deux conventions de financement d’un montant total de 114,8 milliards de F.CFA (175 millions d’euros). Elles étaient représentées, pour la circonstance, par Christian Adovelande, président de la BOAD, et François Jacquier-Pélissier, directeur de l’AFD au Togo.

Depuis 1976, le partenariat entre la BOAD et l’AFD a notamment été matérialisé par neuf opérations dans différents domaines : agriculture, infrastructure de service public, appui au secteur privé, secteur de l’énergie, consolidation financière, climat.

Ces initiatives s’inscrivent respectivement dans le cadre de l’initiative française « Covid 19 – Santé en Commun » portée par l’AFD. Ces appuis sont accompagnés d’une subvention d’assistance technique de 393 millions de F.FA (600 000 euros).

Ce financement global de l’AFD contribuera « à la stratégie de la BOAD au bénéfice des États-membres et opérateurs économiques de l’Uemoa dans une optique de relance économique durable suite à la pandémie de la Covid-19 », précisent les deux parties.

La première convention d’un montant de 65,6 milliards de F.CFA (100 millions d’euros) concerne le volet financier. Elle vise à appuyer la BOAD dans sa réponse contracyclique face à la crise.

Tout d’abord, elle participe au financement des plans de riposte des pays membres de l’Uemoa, dans le cadre d’une initiative portée par la BOAD en relation avec la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest) et la Commission de l’Uemoa.

Un prêt d’urgence à taux préférentiel d’un montant unitaire de 15 milliards de F.CFA a été débloqué en faveur de chaque Etat-membre (soit un total de 120 milliards). Ensuite, la convention AFD-BOAD financera des investissements de relance économique opérés par le secteur privé de la sous-région. Pour cela, la BOAD vient de mettre à la disposition des banques commerciales de l’Union une ligne de refinancement, d’un montant de 100 milliards de F.CFA.

Une relance soucieuse du climat

Outre ce volet financement, la BOAD et l’AFD envisagent un dialogue stratégique sur la relance économique durable dans le contexte post-crise, dans le cadre de la formulation du Plan stratégique de la BOAD pour la période 2021-2025. Les premiers axes et orientations viennent d’être approuvés au cours de la 117e session de son Conseil d’administration, tenue le 24 juin 2020.

La seconde convention porte sur une ligne de crédit de 49,2 milliards de F.CFA (75 millions d’euros) ainsi qu’une subvention de 600 000 euros d’assistance technique. Sa finalité est de contribuer au développement de modèles économiques résilients et bas carbone en zone Uemoa, en densifiant et en réorientant les flux d’investissement vers des projets climat.

Plus spécifiquement, la ligne de crédit vise au financement de projets d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre (25%) et d’adaptation des populations vulnérables aux conséquences des changements climatiques (75%) dans la sous-région.

Ces initiatives s’inscrivent respectivement dans le cadre de l’initiative française « Covid 19 – Santé en Commun » portée par l’AFD. Ces appuis sont accompagnés d’une subvention d’assistance technique de 393 millions de F.FA (600 000 euros).

La subvention permettra d’appuyer la BOAD dans la déclinaison de sa stratégie Environnement et climat, afin que la Banque soit en mesure d’accompagner durablement ses Etats-membres et ses partenaires sur le sujet du climat.

Ces appuis, qui répondent à deux sollicitations de la BOAD, s’inscrivent pleinement dans la stratégie du groupe AFD visant à accompagner la structuration d’un écosystème financier résilient et durable, en mesure d’opérationnaliser le volet financier de l’Agenda 2030 sur le développement durable et l’Accord de Paris sur le climat en Afrique de l’Ouest.

Un Sommet sur les ODD en novembre

Avec ces signatures, se félicitent les protagonistes, une nouvelle étape est franchie dans « le riche partenariat historique » qu’entretiennent la BOAD et l’AFD depuis la création de la banque régionale en 1976. Ce partenariat a notamment été matérialisé par neuf opérations dans différents domaines : agriculture, infrastructure de service public, appui au secteur privé, secteur de l’énergie, consolidation financière, climat.

Il a été alimenté par des échanges réguliers entre les directions générales et les équipes opérationnelles des deux institutions. Il est également vivant dans le cadre de l’adhésion commune à l’International Development Finance Club (IDFC) qui anime le débat stratégique des principales banques publiques de développement du monde… .

..autour de l’atteinte des ODD (Objectifs de Développement Durable) et de l’alignement avec l’accord de Paris sur le climat ainsi qu’au Mainstreaming Climate Action in Financial Institutions. Cette Initiative rassemble à ce jour 44 institutions financières publiques et privées actives dans la promotion de la finance climat.

L’AFD et la BOAD participeront ensemble au premier Sommet des Banques de développement sur le financement des ODD, qui se tiendra à Paris du 10 au 12 novembre 2020. Ce Sommet sera organisé en partenariat avec le Forum de Paris sur la Paix.

Cet évènement de grande envergure réunira pour la première fois l’ensemble des Banques publiques de développement et constituera une plateforme essentielle pour encourager ces institutions à agir ensemble afin de libérer leur plein potentiel et de maximiser les investissements s’inscrivant en cohérence avec l’agenda multilatéral du développement durable.

Enfin, rappelons que l’initiative Santé en commun de l’AFD vise à répondre aux besoins urgents des pays en matière sanitaire, et à les aider à mieux faire face aux risques épidémiologiques futurs et aux conséquences économiques des crises.

Elle ne s’adresse pas qu’aux États, mais aussi aux organisations de la société civile, aux banques publiques de développement et au secteur privé. L’AFD prévoit d’y consacrer quelque 1,2 milliard d’euros.

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