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African Banker

BIDC : Une présence trop discrète

Bras financier de la Cedeao, la Banque d’investissement et de développement communautaire affiche un bilan plutôt modeste, comparé aux besoins. Son action est entravée par son manque de visibilité et la rareté des ressources concessionnelles.

Dakar, Seydou Ka

Malgré sa relative ancienneté, la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (BIDC), dont la 16e édition du Conseil des gouverneurs s’est tenue à Dakar le 10 août 2018, est peu connue dans les pays francophones de l’Uemoa. « Comparée à la BOAD (Banque ouest-africaine de développement), la politique d’intervention de la BIDC est très peu connue, surtout par le secteur privé et les entreprises qui cherchent des sources de financement », note Oumar Bâ, enseignant à la Faculté des Sciences économiques et de gestion de l’université de Dakar. Qui constate un manque de communication liée à cette institution financière.

Amadou Bâ entend permettre à la banque d’accomplir convenablement sa mission de promotion du financement de programmes et de projets de développement tant nationaux que régionaux pour l’émergence de la Cedeao.

Ce manque de visibilité, à la fois au sein de la Communauté, mais aussi auprès des partenaires de développement et des acteurs du secteur privé de la sous-région, constitue « un obstacle » à la mobilisation de ressources, plus particulièrement des ressources concessionnelles, pour financer les projets et programmes de développement dans la sous-région, admet la Banque dans son Plan stratégique 2016-2020.

Même si, selon le président de la BIDC, Mamman Bashir Ifo, « des progrès considérables » ont été réalisés ces dernières années. En effet, la banque a opéré une levée de fonds d’un montant de 26 milliards de F.CFA (46,2 millions $) sur le marché financier de l’Uemoa en 2017, et obtenu 60 millions $ de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). Mamman Bashir Ifo mentionne également l’accord-cadre pour une nouvelle ligne de crédit d’un montant de 500 millions $ signé entre la BIDC et le gouvernement indien/EximBank India à Delhi, le 25 mars 2018.

Bilan mitigé

Des fonds qui ont permis de financer quelques initiatives d’envergure. Durant l’exercice 2017, le conseil d’administration de la BIDC a ainsi approuvé le financement de douze projets pour un montant de 141,8 millions $, dont neuf du secteur privé. Ce qui porte à 2,3 milliards $ le total des engagements nets de la BIDC dans les pays membres pour 266 projets.

Sur la même période, la BIDC a signé neuf nouveaux accords de prêt d’un montant de 108,6 millions $ pour des projets au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Mali, au Nigeria, au Sénégal et au Togo. Selon Mamman Bashir Ifo, en 2017, pour la quatrième année consécutive, le Groupe de la BIDC a enregistré un bénéfice net de 3,5 millions d’UC (soit 4,7 millions $), contre un bénéfice de 2,7 millions d’UC réalisé l’année précédente.

En ce qui concerne la Banque, elle a enregistré un bénéfice d’environ 1,94 million d’UC en 2017 contre 3,2 millions d’UC l’année précédente. Cependant, il ressort de l’analyse de la situation agrégée des indicateurs de suivi-évaluation du Plan stratégique 2010-2014 que les résultats se sont révélés contrastés et « en deçà des prévisions ». Si plus de la moitié des objectifs ont été atteints en termes d’approbations de financement de projets (60,9 %) et de nouveaux engagements (53,9 %), les performances, en revanche, ont été faibles en ce qui concerne les décaissements (40,3 %) et la mobilisation de ressources nécessaires à la mise en oeuvre du Plan (30 %).

Pour être plus efficace, la BIDC doit créer une filiale au niveau de chaque État membre pour mieux cibler des projets, préconise Oumar Bâ. Elle doit aussi recentrer ses interventions dans des secteurs pouvant favoriser le développement des échanges intracommunautaires. Et pour mobiliser plus de ressources, elle devra davantage se tourner vers le marché financier.

« En principe, la BIDC négocie des lignes de crédit pour pouvoir les réutiliser sous forme de ressources de financement. Mais elle peut développer – ce qu’elle a d’ailleurs commencé à faire – son intervention sur les marchés financiers, notamment sur les principales places financières de la sous-région (Bourses de Lagos, d’Accra et la BRVM) pour lever plus de fonds. En plus, elle peut nouer des relations avec certaines institutions financières d’envergure pour avoir des lignes de crédit de longue durée. C’est dire que les sources de financement ne manquent pas », note Oumar Bâ.

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