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Une cartographie dynamique de la violence

 

Une diffusion assez faible des conflits 

On comprend dès lors que les principaux foyers de cette violence « transnationale » se situent dans les bassins du lac Tchad et dans la région Liptako Gourma, deux régions appauvries où les groupes dihadistes exploitent les rivalités entre les populations. Entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. La plupart des attaques se déroulent en dehors des centres urbains et loin des principaux couloirs routiers. 

Le CSAO est une plateforme internationale indépendante dont le secrétariat est hébergé au sein de l’OCDE. Sa mission consiste à promouvoir des politiques régionales à même d’améliorer le bien-être économique et social des populations de la région. 

Les conflits sont essentiellement locaux, quoique plus intenses qu’auparavant, enseigne ce rapport ? Contrairement à la croyance populaire selon laquelle les idées extrémistes alimentées par des groupes transnationaux se répandent comme une traînée de poudre dans la région, moins de 35% des régions violentes présentent des signes de diffusion possible. 

En général, les conflits ne se propagent pas vers de nouveaux lieux éloignés, et la violence est principalement ancrée dans certains espaces, avec des conséquences profondément négatives pour les civils. On le voit au Nigeria ou en Libye, où la violence est centrée sur quelques villes. On voit aussi que certaines régions demeurent durablement en paix.  

Des interventions militaires utiles 

Le CSAO appelle les États de la région ainsi que la communauté internationale à promouvoir des initiatives régionales visant à restaurer la légitimité de l’État, à investir davantage dans les régions frontalières et à accroître la protection des civils, afin de créer des régions plus sûres où des formes inclusives d’action publique sont mises en œuvre et un dialogue étroit entre les États, les acteurs locaux et les populations est renforcé. 

Face à cette situation, reconnaît le rapport, les pays africains s’organisent en coalition ; leurs actions militaires ont modifié tant la géographie que le type de violence. Au Mali, l’opération Serval a réduit la violence, laquelle est devenue plus diffuse. 

Dans l’ensemble, y compris en Libye, au lac Tchad, les interventions militaires ont apporté une certaine stabilité, en Afrique de l’Ouest et centrale.

Néanmoins, les politiques régionales devraient accorder plus d’attention à la dynamique spatiale des conflits et aux voies – parfois imprévisibles – de propagation de la violence politique, après une intervention militaire. Laquelle se traduit trop souvent soit par l’instabilité politique, soit par le renforcement de régimes autoritaires, davantage militarisés, qui se présentent comme garantie de la sécurité. 

Ainsi, l’indicateur fournit par le CSAO permet aux décideurs politiques, aux analystes, de mieux appréhender la dimension géographique non seulement des conflits eux-mêmes, mais de leurs évolutions et des moyens de les combattre.

Il insiste sur les tendances de long terme parfois négligées, comme le fait que les pays en proie aux conflits, dans les années 1990, sont aujourd’hui en paix, tandis que les lieux de conflits actuels sont dans des zones hier relativement à l’abri. Enfin, l’indicateur permet de synthétiser l’impact des interventions militaires.  

Le CSAO est une plateforme internationale indépendante dont le secrétariat est hébergé au sein de l’OCDE. Sa mission consiste à promouvoir des politiques régionales à même d’améliorer le bien-être économique et social des populations de la région. 

Rapport complet : https://read.oecd-ilibrary.org/development/the-geography-of-conflict-in-north-and-west-africa_02181039-en#page1 

Édition en français disponible courant mars

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