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Une alliance pour rendre les projets « verts » crédibles et financés

Une alliance pour rendre les projets « verts » crédibles et financés
  • Publiénovembre 14, 2022

L’Alliance pour les infrastructures vertes en Afrique est opérationnelle. Elle entend lever jusqu’à 500 millions de dollars de capitaux pour la préparation et la création d’infrastructures à un stade précoce. En renforçant la bancabilité des projets, elle pourrait susciter jusqu’à 10 milliards $ d’investissements du secteur privé.

 

Annoncée en février 2022, l’Alliance pour les infrastructures vertes en Afrique une initiative de l’Union africaine, du groupe de la Banque africaine de développement et d’Africa50, en partenariat avec plusieurs partenaires mondiaux. Dont la Banque européenne d’investissement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, l’Agence française de développement, la Fondation Rockefeller, l’Agence américaine pour le commerce et le développement, le Centre mondial pour l’adaptation, le Private Infrastructure Development Group et le Forum africain des investisseurs souverains.

L’Alliance vise à lever d’importants capitaux pour accélérer la transition juste et équitable de l’Afrique vers zéro émission nette. Elle a deux objectifs stratégiques : générer une solide réserve de projets transformateurs bancables et catalyser un financement rapide et à grande échelle pour les infrastructures africaines.

« Le problème n’est pas un manque de volonté ou de désir de la part des populations africaines ou de leurs gouvernements. C’est une question d’organisation, de mise en place des bons éléments pour que la vision devienne réalité. »

Dès février, les partenaires ont commencé leur travail de collaboration et ont identifié quatre piliers d’action collective. Le premier, « Préparation et développement de projets », soutient la transformation de projets, de la conception à des propositions bancables. Il permet également de développer une solide réserve de projets d’infrastructures vertes bancables. Le deuxième, « Notation des projets », définit des critères écologiques d’éligibilité des projets et des lignes directrices pour la notation des projets d’infrastructure. Il fournit également une assistance technique pour renforcer les capacités du secteur public. Le troisième, « Cofinancement et dérisquage », fournit les instruments de dérisquage nécessaires pour faciliter les investissements et développer un cadre clair pour mobiliser le financement par capitaux propres et par emprunt pour les infrastructures vertes. Enfin, le quatrième, « Investisseurs institutionnels », facilite la mobilisation de fonds auprès des investisseurs institutionnels africains et mondiaux et permet de tirer parti des marchés de capitaux africains et internationaux pour stimuler les émissions d’obligations vertes et le financement des projets.

 

De grands projets

Le capital levé permettra de constituer une solide réserve de projets bancables, depuis la phase de préfaisabilité jusqu’à la clôture commerciale et financière. Ce montant sera mobilisé grâce à une combinaison de co-investissements, de cofinancements, d’atténuation des risques et de financements mixtes fournis par les membres de l’Alliance. Ce capital proviendra également d’autres institutions financières et des fondations, d’investisseurs institutionnels publics et privés africains et mondiaux, de promoteurs de projets, d’opérations souveraines de banques multilatérales de développement et de bailleurs de fonds bilatéraux du G20.

Les secteurs prioritaires de l’Alliance sont l’énergie, les transports, l’eau et l’assainissement, les infrastructures de santé, les infrastructures à haut débit, les infrastructures urbaines et rurales. L’Alliance soutiendra des programmes de grande envergure, tels que des mégaprojets solaires ou des projets d’hydrogène vert, ainsi que des initiatives de capital-risque plus modestes, comme des projets de technologies propres, de stockage de l’énergie ou de solutions d’e-mobilité.

Akinwumi Adesina considère que l’initiative est « parfaitement alignée » avec l’appel mondial lancé par les dirigeants du G7 en juin 2022, lorsqu’ils ont appelé à un partenariat sur les infrastructures et les investissements mondiaux pour mobiliser 600 milliards $ en faveur des infrastructures d’ici à 2027. Et le président de la BAD de lancer un appel : « Nous avons besoin de vous tous, car les besoins en Afrique sont tout simplement énormes. Ce n’est qu’en travaillant ensemble et en mettant en commun nos ressources que nous pourrons avoir un impact transformateur et engager l’Afrique sur une voie claire pour atteindre l’objectif de zéro émission nette et atténuer les effets des changements climatiques. » Les besoins de financement pour les infrastructures en Afrique se chiffrent entre 130 et 170 milliards $ par an. Le déficit de financement s’élève jusqu’à 108 milliards $ par an.

Malheureusement, déplore Akinwumi Adesina, « la plupart des infrastructures nécessaires à l’Afrique n’ont pas encore été construites. C’est donc l’occasion rêvée de faire les choses bien, en construisant des infrastructures vertes respectueuses du climat et résilientes au changement climatique ».

 

Dépasser les obstacles

La commissaire de l’Union africaine chargée de l’Énergie et des Infrastructures, Amani Abou-Zeid, rappelle son rôle : « En tant qu’institutions africaines, nous devons nous focaliser sur la préparation des projets à un stade précoce, sur les interventions de dérisquage et sur la création d’un environnement commercial solide pour attirer les investisseurs du monde entier. Nous voulons attirer les investissements autour de projets prioritaires qui conjuguent tous nos efforts pour aboutir. Nous devons maintenant intensifier nos efforts et agir plus vite et à plus grande échelle. »

Pour Alain Ebobissé, le directeur général d’Africa50, « il s’agit d’une initiative axée sur les résultats, qui permet de faire passer rapidement des projets du stade de la conception à celui de la bancabilité ».

Intervenant au cours d’une table ronde lors de la COP27, le vice-président de la Banque européenne d’investissement, Ambroise Fayolle, a souligné combien « la préparation de projets et l’accès aux financements figurent parmi les principaux obstacles qui empêchent de rendre les infrastructures africaines vertes et résilientes au changement climatique ». Aussi la nouvelle Alliance marque-t-elle à ses yeux « une étape importante dans l’accélération et le renforcement des financements provenant de sources publiques et privées ».

Rajiv Shah, de la Fondation Rockefeller, a rappelé à cette occasion combien l’Afrique est « en première ligne des crises climatique, énergétique et alimentaire mondiales ». Grâce à des initiatives « innovantes » comme cette Alliance, « » les Africains peuvent mener une révolution énergétique propre qui permettra d’éviter une catastrophe climatique et d’étendre l’accès à l’électricité et aux opportunités économiques à l’ensemble du continent ».

Pour Obaid Amrane, d’Ithmar Capital, « l’Alliance est là pour apporter des solutions. Nous pouvons rendre l’Afrique plus verte, tant pour la production d’électricité que pour aider l’Europe à rendre son industrie plus verte. C’est aussi l’occasion de créer des emplois pour les jeunes ».

En effet, a confirmé Ambroise Fayolle, « cette initiative touche à deux choses primordiales : la possibilité de dynamiser la préparation de projets et d’apporter des capitaux privés ». L’approche pragmatique de cette alliance le rend optimiste : « Nous devons apporter des choses qui sont reproductibles et que nous pourrons reproduire dans des projets menés dans différentes régions d’Afrique. Ce qui comptera, c’est que nous soyons capables de réaliser ces projets rapidement. »

 

C’est toujours un partenariat

Clôturant la session, Tony Blair a déclaré : « Nous ne résoudrons ce problème qu’en prenant des mesures fortes qui reposent sur des plans et une mise en œuvre pratiques. Il est important que les gouvernements se développent de manière durable. La question n’est pas seulement de savoir comment nous réussissons à obtenir des financements et des investissements pour l’Afrique, mais aussi comment les gouvernements eux-mêmes se préparent à accueillir ces financements ; c’est l’autre côté de l’équation, et c’est pourquoi la préparation de projets est si importante. »

« C’est toujours un partenariat », a ajouté l’ancien Premier ministre britannique : « Le problème n’est pas un manque de volonté ou de désir de la part des populations africaines ou de leurs gouvernements. C’est une question d’organisation, de mise en place des bons éléments pour que la vision devienne réalité. Et s’il y a une chose que j’ai apprise au sein d’un gouvernement, c’est que le plus difficile est de faire bouger les choses. Nous pouvons rédiger des rapports et avoir de grandes visions. Mais en fin de compte, c’est la mise en œuvre qui compte. »

@NA

 

 

 

Écrit par
Paule Fax

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