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Analyse et Opinion

Restaurer la confiance en nous-mêmes à Davos

Après deux ans d’absence, le Forum économique mondial se réunit de nouveau dans la riche bourgade suisse. Ce rendez-vous des grands de ce monde fournit une occasion bienvenue de réfléchir aux conflits actuels et à la nécessité d’y remédier tous ensemble, comme face à la pandémie.

Par Anver Versi

La réunion 2022 du Forum économique mondial à Davos représente un répit bienvenu et opportun alors que le monde semble s’enfoncer dans une nouvelle crise. Nous ne pouvons qu’espérer que les compétences diplomatiques collectives de l’organisation, aiguisées au fil des décennies, encouragent les dirigeants politiques, sociaux et économiques du monde entier à prendre un peu de recul par rapport à leurs propres préoccupations nationales et à jeter un regard lucide sur l’état du monde actuel.

Et l’état du monde actuel n’est pas bon, il faut le réparer. Et il peut l’être, mais seulement si nous travaillons tous ensemble, dans le monde entier, pour notre bien collectif.

La pandémie a été une démonstration éclatante de « l’effet papillon » et de l’interconnexion et de l’interdépendance du monde. Un envahisseur microscopique dans un petit coin du monde a fini par paralyser virtuellement toute l’économie mondiale et tuer, selon l’OMS, environ 15 millions de personnes.

La Covid-19 a également été un avertissement brutal que l’expression « menace existentielle »  est très réelle et que, malgré tous nos miracles technologiques, nous sommes toujours très vulnérables aux dangers naturels et d’origine humaine.

Surtout, la pandémie a démontré clairement que, grâce à l’application de notre plus grand atout en tant qu’espèce, notre intellect et le stock accumulé de nos connaissances, nous avons pu une fois de plus vaincre l’un des plus grands dangers auxquels l’humanité est confrontée.

Cela étant, pour arrêter le virus et réduire sa capacité de destruction à des endroits isolés, il a fallu que le monde entier agisse comme un seul homme et mette en commun les compétences disponibles partout sur la planète. Alors que la recherche frénétique d’une solution au virus s’accélérait, il n’était pas question de nationalité, de race, de religion, de classe sociale, de richesse ou de pauvreté. Il n’était question que de nous, en tant qu’espèce, et de la manière de survivre à une menace existentielle bien réelle. Et malgré les cris, nous l’avons fait, mais en agissant comme une seule personne.

À peine la menace imminente du virus s’est-elle dissipée que nous avons semblé trouver à nouveau des raisons de nous diviser et de nous dresser les uns contre les autres.

La montée des leaders populistes, qui utilisent la division et la haine de l’autre comme base de leur pouvoir, exacerbe des situations déjà tendues et, dans certaines parties du monde, les gouvernements semblent être en guerre contre leurs propres citoyens. La démocratie et l’État de droit sont menacés même dans certains pays considérés comme stables et matures.

Comme l’ont signalé plusieurs experts – dont beaucoup sont présents sur la plateforme du Forum elle-même, tous les ingrédients d’une conflagration sociale incontrôlable sont en train d’être assemblés, peut-être aveuglément par des dirigeants autoritaires, et une petite étincelle pourrait tout déclencher.

La guerre en Ukraine a déjà provoqué des pénuries de céréales, de mazout, d’engrais et de gaz, ainsi qu’une hausse sans précédent des prix des produits de base, non seulement dans les pays en développement mais aussi dans les pays avancés.

 

L’esprit humain est robuste

Pendant ce temps, le spectre du changement climatique plane sur la planète comme un esprit souvent invisible mais toujours malin. Des vagues de chaleur sans précédent en Inde et au Pakistan, des inondations soudaines et destructrices en Afrique du Sud, des sécheresses ailleurs ne sont que quelques-unes des manifestations de cette grave menace existentielle.

Le monde est effectivement mal en point. Mais l’esprit humain est robuste et résilient. Les meilleurs d’entre nous relèvent les défis. Alors que certains sèment les graines de la discorde, d’autres plantent les fleurs de l’entente. Pour un gain temporaire, les personnes altruistes et au grand cœur créent et construisent ; alors que les cupides accumulent et thésaurisent, les généreux distribuent ; alors que certains tendent tandis que certains tendent un pied pour faire trébucher les autres, d’autres relèvent ceux qui sont tombés et les remettent sur leurs pieds ; tandis que les peureux construisent des murs de prison, les courageux ouvrent les portes ; tandis que les destructeurs cherchent la guerre, les sauveurs créent la paix.

Ainsi, tout au long de l’histoire de l’humanité, le yin et le yang, le positif et le négatif se sont affrontés dans un combat éternel. Nous nous trouvons aujourd’hui engagés, bon gré mal gré, dans cette bataille. Ce que nous savons, c’est que lorsque nous sommes unis, comme nous l’étions pendant la pandémie, nous sommes assez puissants pour vaincre même le plus dangereux des adversaires. Lorsque nous sommes désunis, comme lors des conflits actuels, nous sommes les plus vulnérables.

Klaus Schwab, fondateur et patron du Forum économique mondial, a suggéré que le Forum se réunisse sous le slogan « Travailler ensemble, restaurer la confiance ». Pouvons-nous retrouver la confiance les uns dans les autres ? Pouvons-nous retrouver la confiance en nous-mêmes ? L’esprit humain est fort, et nous croyons que nous le pouvons. L’Ubuntu africain énonce : « Je suis parce que nous sommes. »

@AB

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Written by Anver Versi

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