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Récompenses : Un prix pour les femmes et la science

Récompenses : Un prix pour les femmes et la science
  • Publishednovembre 30, 2021

Chaque année, les prix L’Oréal-Unesco récompensent des chercheuses pour l’excellence de leurs travaux. Issues de 17 pays, quinze doctorantes et cinq post-doctorantes africaines, ont été primées en 2021. Beaucoup œuvrent dans la recherche appliquée à la médecine.

Par Aude Darc

Le prix L’Oréal – Unesco permet de mettre à l’honneur les femmes de science. Cette année, le jury du prix Jeunes talents Afrique subsaharienne 2021 était présidé par Aggrey Ambali, directeur au sein de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-Nepad).

Les jurés ont effectué un choix parmi 440 candidates. Pour la première fois, l’Eswatini et le Gabon figurent au palmarès.

Les jeunes talents récompensés exercent dans différents domaines, de la chimie à la virologie en passant par la biologie, la neurologie ou encore la physique nucléaire.

« À travers leurs recherches, elles contribuent à l’amélioration significative des conditions de vie de millions de personnes à travers l’Afrique et le monde », souligne la Fondation L’Oréal.

« Nous avons besoin de modèles pour les femmes et jeunes filles scientifiques, et nous devons mettre en lumière le travail scientifique essentiel effectué par des femmes scientifiques dans le monde », s’exclame Shamila Nair-Bedouelle, de l’Unesco

La remise des récompenses a fait l’objet d’une cérémonie, organisée le 25 novembre à Kigali, au Rwanda.

Ce en présence de personnalités comme Valentine Uwamariya, ministre de l’Éducation au Rwanda, sa collègne Paola Ingabire (Innovation), l’ambassadeur de France Antoine Anfre et Huber Gijzen, directeur de l’Unesco pour l’Afrique de l’Est. 

Selon le jury, les jeunes femmes récompensées ont en commun « une détermination exemplaire que les obstacles qu’elles rencontrent ne peuvent altérer ». Certaines de ces difficultés sont inhérentes au monde de la recherche scientifique en Afrique subsaharienne, comme le manque de moyens financiers et techniques pour mener à bien des recherches.

Vinnie Kouamou, lauréate (d)

D’autres sont spécifiques au fait même d’être une femme. Certaines évoquent également le manque de rôles-modèles, et parfois, les réticences de certains directeurs de recherche à employer des femmes.

Le fait n’est pas qu’africain : la recherche mondiale fait encore aujourd’hui trop peu de place aux femmes : seulement 33 % des chercheurs dans le monde sont des femmes. Et la part des femmes africaines parmi les chercheurs mondiaux est, elle, de 2,6 %, selon un rapport de l’Unesco publié en 2021.

Combattre les discriminations

« Aujourd’hui, plus que jamais, le monde a besoin de science, et la science a besoin des femmes, et cela est particulièrement vrai pour l’Afrique subsaharienne. Pourquoi se priver de tels talents, alors que la science et l’innovation sont des leviers de croissance indispensables au continent ? », commente Alexandra Palt, directrice générale de la Fondation L’Oréal.

Dans le cadre de ce prix régional, les jeunes chercheuses ont reçu un soutien financier les aidant à poursuivre leurs travaux de recherche, soit une dotation de 10 000 euros pour les doctorantes et de 15 000 euros pour les post-doctorantes).

En outre, elles bénéficient d’une formation d’excellence (management, négociation, prise de parole en public…) qui vise à leur donner plus de moyens de briser le plafond de verre, ainsi que d’une campagne de visibilité presse et digitale afin de mettre en lumière leurs profils et d’inspirer de futures générations de chercheuses.

« Nous avons besoin de modèles pour les femmes et jeunes filles scientifiques, et nous devons mettre en lumière le travail scientifique essentiel effectué par des femmes scientifiques dans le monde. Notre objectif est de changer les tendances discriminatoires dont elles sont victimes, avec urgence et ensemble ! », conclut Shamila Nair-Bedouelle, de l’Unesco.

Jacky Sorrel Bouanga Boudiombo est donc la première lauréate originaire du Gabon. La jeune post-doctorante en Sciences physiques est spécialisée en chimie des matériaux.

Elle travaille sur de nouveaux protocoles médicamenteux, plus faciles à absorber par des malades qui ont besoin d’une lourde thérapie. La chercheuse souhaite avant tout encourager davantage de jeunes filles à poursuivre une carrière scientifique, dans un pays où peu d’étudiantes et étudiants ont accès aux laboratoires de recherche.

En RD Congo, Sephora Mianda Mutmbo étudie le potentiel antipaludique d’une centaine de plantes provenant de l’université de Pretoria ; elle contribue ainsi à la création d’une bibliothèque sud-africaine de produits naturels. Le paludisme a touché près de 230 millions d’Africains, en 2019.

Bibi Sharmeen Jugreet, travaille sur le potentiel pharmaceutique et cosmétique des huiles essentielles de son pays, l’île Maurice. Elle considère que la promotion des produits naturels transformés localement donnera un nouvel attrait à la médecine naturelle et permettra à davantage de personnes d’avoir accès aux soins.

La science est authentique

Au Bénin, Menonli Adjobimey travaille au sein du laboratoire d’épidémiologie des maladies chroniques et neurologiques. Elle étudie actuellement des maladies observées chez les travailleurs des usines textiles. « Le développement des nations commence par l’encouragement du potentiel scientifique, au service du bien commun », juge la doctorante.

Toujours au Bénin, Esther Laurelle Deguenon est une spécialiste de la microbiologie. En collaboration avec des laboratoires du Nigeria, elle tente de percer le mystère des gênes résistant aux antibiotiques, afin de rendre ces derniers de nouveau efficaces.

Au Cameroun, Vinie Kouamou étudie également la résistance aux médicaments, dans le cadre de recherches sur le VIH. Sa consœur de Douala, Ruth Nana Njantang, est spécialisée en physique nucléaire.

Ndeye Maty Ndiaye (d)

Un domaine qui la pousse à étudier… la peau humaine, dont elle analyse l’effet produit par les rayonnements des fluoroscopie. « La science est authentique, directe, et a des avantages dans la vie de tous les jours », considère-t-elle.

Enfin, au Sénégal, Ndeye Maty Ndiaye est une spécialiste des Sciences et technologies de l’ingénieur, spécialisée dans les nanomatériaux. Elle développe de nouvelles électrodes efficaces pour le stockage de l’énergie, comme les supercondensateurs.

@AD

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Par Aude Darc

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