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Procès Sankara : perpétuité pour Blaise Compaoré

Procès Sankara : perpétuité pour Blaise Compaoré
  • Publiéavril 6, 2022

L’ancien président du Burkina Faso a été condamné à la perpétuité pour complicité d’assassinat et attentat à la sûreté de l’État, au terme d’un procès de six mois. Blaise Compaoré, qui nie les faits, réside en Côte d’Ivoire.

Par Laurent Allais

Le jugement était attendu par les Burkinabè, ce 6 avril 2022. Le tribunal militaire de Ouagadougou a condamné l’ancien président Blaise Compaoré à la prison à perpétuité, pour sa participation au meurtre de Thomas Sankara.

Quatorze accusés comparaissaient dans ce procès, dont Hyacinthe Kafando, chef de la sécurité de Blaise Compaoré, qui a écopé de la même peine, ainsi que le général Gilbert Diendéré, un des chefs de l’armée lors du putsch de 1987. Le général Diendéré purge déjà une peine de 20 ans de prison pour sa participation à une tentative de coup d’État en 2015, un an après la chute de Blaise Compaoré, tombé à la suite d’une insurrection populaire.

Thomas Sankara a été tué, en compagnie de douze de ses partisans, lors d’une réunion au siège du Conseil national de la révolution, à Ouagadougou, le 15 octobre 1987. Il avait 37 ans. Sa disparition était un sujet tabou durant les 27 années de pouvoir de Blaise Compaoré.

Blaise Compaoré, désormais âgé de 71 ans, avait refusé de comparaître devant le tribunal militaire. L’ancien président destitué est réfugié en Côte d’Ivoire depuis 2014. Il aurait reçu la nationalité ivoirienne. De son côté, Hyacinthe Kafando est également en fuite, depuis 2016.

Le motif précis de la condamnation est « attentat à la sûreté de l’État ». Blaise Compaoré et Gilbert Diendéré sont également reconnus coupables de « complicité d’assassinat » tandis que Hyacinthe Kafando est considéré comme étant celui qui mené le commando meurtrier de Thomas Sankara. Il est donc condamné pour « assassinat ». Les trois hommes ont quinze jours pour faire appel de ces sentences.

 

Un long procès

Lesquels peuvent paraître lourdes, puisque les juges sont allés au-delà des réquisitions du Parquet militaire. Lequel avait demandé 30 ans de prison contre Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando, et 20 ans contre Gilbert Diendéré. Huit autres accusés ont été condamnés à des peines allant de trois ans à vingt ans de prison. Trois accusés ont été acquittés. Le verdict a été accueilli par des applaudissements dans la salle du tribunal, selon les journalistes présents sur place.

Le procès, attendu depuis des années, avait débuté en octobre 2021. Près d’une centaine de témoins ont été entendus à la barre. Le procès avait été « mis en sommeil » après le coup d’État du 24 janvier 2022 qui a renversé le président élu Roch Marc Christian Kaboré. Il a repris quelque temps après, en dépit de quelques interruptions dues à la défense. Laquelle a tenté de faire valoir qu’un procès conduit par un tribunal militaire pour « attentat à la sûreté de l’État » ne pouvait se tenir alors que le pouvoir en place était lui-même issu d’un coup de force. Le Conseil constitutionnel a rejeté cet argument.

Les avocats avaient, dès les mises en accusations, dénoncé « un procès politique devant une juridiction d’exception ». Blaise Compaoré a toujours nié être le commanditaire de l’assassinat de son ancien compagnon de lutte Thomas Sankara.

De son côté, la famille, qui réclamait « justice et non vengeance », a regretté que les principaux accusés ne soient pas présents lors du procès et qu’aucun n’ait reconnu ou regretté les faits.

Thomas Sankara a été tué, en compagnie de douze de ses partisans, lors d’une réunion au siège du Conseil national de la révolution, à Ouagadougou, le 15 octobre 1987. Il avait 37 ans. Sa disparition était un sujet tabou durant les 27 années de pouvoir de Blaise Compaoré.

@LA

 

Écrit par
Laurent Allais

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