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Les États-Unis promettent des liens nouveaux avec l’Afrique

Les États-Unis promettent des liens nouveaux avec l’Afrique
  • Publiédécembre 13, 2022

Le sommet Etats-Unis Afrique ne manque pas de dossiers brûlants à traiter. Washington engage 55 milliards de dollars d’investissements nouveaux vers le continent, en trois ans. Et souhaite donner un rôle accru à l’Union africaine dans les instances internationales.

 

« Nous avons besoin de voix africaine. » Tel semble être l’élément de langage qui prévaut à Washington. La capitale fédérale des États-Unis accueille un grand nombre de dirigeants africains pour un sommet que beaucoup espèrent riche en annonces concrètes.  

Les États-Unis « vont consacrer 55 milliards de dollars à l’Afrique sur trois ans, autour d’objectifs tangibles », a déjà promis la Maison Blanche, en préambule de ce rendez-vous. Ces fonds seront en particulier consacrés à la santé et à la réponse au changement climatique, a souligné lundi à la presse le conseiller présidentiel Jake Sullivan. La répartition sera dévoilée dans les jours à venir.

La Maison Blanche promet que ces financements, et plus généralement l’engagement américain, ne seront pas liés à l’attitude des pays africains face à la guerre en Ukraine, alors que nombre d’entre eux ont refusé de condamner ouvertement la Russie. « Nous ne mettons de pistolet sur la tempe de personne » à ce sujet, a affirmé le conseiller de Joe Biden.

Sur un plan plus politique, le sommet et les différentes réunions parallèles seront l’occasion d’aborder les soubresauts du continent, de l’Éthiopie à la RD Congo. Le chef de la diplomatie américaine se dit « personnellement impliqué » dans le conflit à l’est de la RD Congo

Dès ce mardi, le président américain annonce la création d’un Conseil consultatif sur l’engagement de la diaspora africaine aux États-Unis. Un moyen, parmi d’autres, pour Washington, d’approfondir les liens avec le continent. Cette instance conseillera le Président sur une toute une série de questions touchant l’Afrique et ses diasporas. Un forum des jeunes leaders d’Afrique et de la diaspora devait se tenir mardi dans le cadre du Sommet.

« Les voix africaines sont essentielles pour résoudre les problèmes mondiaux. Pour faire entendre ces voix, l’un de nos principaux objectifs est d’élargir notre cercle d’engagement pour inclure les communautés de la diaspora africaine », a déclaré Dana Banks, conseillère spéciale de Joe Biden.

D’autre part, les Etats-Unis annonceront probablement le soutien des États-Unis à l’admission de l’Union africaine au G20, le groupe des plus grandes économies mondiales, en tant que membre permanent.

 Le partenaire vers lequel on se tourne en premier

« Nous avons besoin de plus de voix africaines dans les conversations internationales qui concernent l’économie mondiale, la démocratie et la gouvernance, le changement climatique, la santé et la sécurité », précise un autre conseiller de la Maison Blanche, Judd Devermont

Selon ce conseiller, rapporte le Washington Post, cette initiative fait suite aux demandes du président de l’Union africaine Macky Sall, et du président sud-africain Cyril Ramaphosa. L’Afrique du Sud est le seul membre africain du G20. Le président américain devrait également se prononcer en faveur d’une représentation de l’Union africaine au sein du Conseil de sécurité des Nations unies.

Clairement, les États-Unis savent qu’en Afrique, ils doivent redoubler d’efforts, notamment face à la concurrence de la Chine. Du point de vue de l’Afrique, un soutien de l’Oncle Sam ne sera pas superflu. Les investissements ont fortement reculé, selon le cabinet privé Trendeo. En 2022, le continent ne draine plus que 2,9% des investissements mondiaux dans l’industrie, contre une part de 12,6% en 2016.

Dans ce contexte, les Etats-Unis cherchent à devenir « le partenaire vers lequel on se tourne en premier » en Afrique, confirme un porte-parole du département d’Etat, Ned Price, rappelant la tournée effectuée par le secrétaire d’État Antony Blinken (photo ci-dessus), en août 2022.

Outre les investissements, d’autres chantiers attendent les participants : le changement climatique, la sécurité alimentaire, les relations commerciales et la bonne gouvernance, le rôle de la société civile, etc. La reconsidération de l’accord tarifaire AGOA, qui arrive à échéance en 2025, est également très attendue.

Sur un plan plus politique, le sommet et les différentes réunions parallèles seront l’occasion d’aborder les soubresauts du continent, de l’Éthiopie à la RD Congo. Le chef de la diplomatie américaine se dit « personnellement impliqué » dans le conflit à l’est de la RD Congo et les tensions avec le Rwanda. Il devait s’entretenir avec le président Félix Tshisekedi. Afin de pousser à la réconciliation avec Paul Kagamé ?

LA avec Reuters et AFP.

@NA

 

Écrit par
Laurent Allais

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