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Le Sahel regorge plus d’arbres qu’envisagé

Le sud du Sahara et le Sahel abritent plus d’arbres qu’envisagé. Cette végétation, encore mal connue, semble d’ailleurs avoir un rôle crucial dans la biodiversité et la vie des populations, selon une étude publiée par la revue Nature.

Par Marie-Anne Lubin

Une équipe internationale de chercheurs a élaboré un programme de reconnaissance de formes, par intelligence artificielle, pour comptabiliser les arbres présentant une surface végétale de plus de trois mètres carrés.

Leur modèle a décortiqué plus de 11 000 images satellites haute définition. L’analyse de l’étude a été commandée et publiée par la revue Nature, mi-octobre, et fait depuis l’objet de commentaires scientifiques élogieux.

Il sera bientôt possible de cartographier l’emplacement et la taille de tous les arbres. Voilà qui constitue une connaissance fondamentale pour notre compréhension de l’écologie à l’échelle mondiale.

Sur une surface de 1,3 million de km2 , dans le sud du Sahara, la bande sahélienne et des zones subhumides en Afrique de l’Ouest, les chercheurs ont ainsi comptabilisé plus de 1,8 milliard d’arbres. Soit une moyenne de 13,4 arbres à l’hectare, d’une couverture végétale médiane de 12 m2.

La taille de leur couronne, supérieure à 3 m², et leur nombre dépendent étroitement du régime climatique et de l’usage des sols. Ces arbres contribuent de manière primordiale aux ressources locales, à la biodiversité et au stockage du carbone.

Ils jouent un rôle crucial au sein des écosystèmes et agrosystèmes tropicaux secs. Ces travaux suggèrent qu’il est possible de recenser l’ensemble des arbres « non forestiers » de la planète afin d’évaluer leur contribution aux enjeux environnementaux.

Ces arbres, qui se dressent parfois entre les dunes de sables, n’étaient jusque-là pas comptabilisés par les scientifiques, tout simplement parce qu’ils sont trop petits pour être identifiés par des images satellites à basse résolution.

Cette végétation est certes éparse. Néanmoins, « elle joue un rôle crucial pour la biodiversité et pour l’écosystème en tant que stockage de carbone, ressources alimentaires et abri pour les populations humaines et animales », relèvent les chercheurs. « Bien que la couverture végétale totale soit faible, la densité relativement élevée d’arbres isolés remet en question l’idée prévalente de désertification des zones sèches, et même le désert offre une densité d’arbres surprenante. »

Un écosystème complexe

La densité va croissant en descendant vers les zones plus humides au sud, de 0,7 arbre à l’hectare dans les zones « hyperarides », à 9,9 en zone aride, 30,1 en zone semi-aride 47 arbres à l’hectare en zone subhumide.

Outre ce recensement, l’étude offre une méthode inédite pour étudier la présence des arbres hors zones forestières denses. Il s’agit d’analyser notamment leur rôle d’atténuation en matière de changement climatique, et donc potentiellement de pauvreté, par leur contribution aux systèmes agricoles estiment les auteurs.

« Ce genre de données est très important pour établir une base. Et dans deux ou dix ans, on pourrait répéter l’étude pour voir si les efforts pour revitaliser la végétation sont efficaces », considère l’un des chercheurs, Jesse Meyer, de la NASA, l’agence spatiale américaine.

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