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FMI et Tunisie concluent un premier accord

FMI et Tunisie concluent un premier accord
  • Publiéoctobre 16, 2022

La Tunisie pourrait bénéficier, avant la fin de l’année, d’un premier accès aux Droits de tirage spéciaux du FMI, dont la direction doit approuver un accord de quatre ans portant sur 1,9 milliard de dollars. Accord qui suppose de sévères réformes de gouvernance.

 

Les autorités tunisiennes et l’équipe du FMI sont parvenues à un premier accord sur les politiques et les réformes économiques. Ces dernières seront soutenues par un nouveau mécanisme élargi de crédit (FEP) de 48 mois, avec un accès demandé de 1,472 milliard de DTS (environ 1,9 milliard de dollars). Cet accord final sur l’arrangement est soumis à l’approbation du Conseil d’administration du FMI, qui doit discuter de la demande de programme de la Tunisie en décembre.

Cet accord permettra d’alléger la dette du pays et indirectement de drainer davantage de capitaux vers le secteur privé. Attendu depuis longtemps, il intervient dans un contexte tendu dans le pays. Les manifestations contre la vie chère se multiplient et le président Kaïs Saïd, en dépit d’un pouvoir renforcé ces derniers mois, ne peut pas ignorer la fronde.

Le FMI demandera notamment au pays d’améliorer l’équité fiscale en prenant des mesures pour faire entrer le secteur informel dans le filet fiscal et en élargissant l’assiette fiscale pour assurer des contributions équitables de toutes les professions.

L’institution demande au pays de contenir ses dépenses et de créer un espace fiscal pour le soutien social. Ses représentants reconnaissent néanmoins que les autorités ont déjà pris des mesures pour contenir la masse salariale de la fonction publique et ont commencé à éliminer progressivement les subventions inutiles aux prix.

Parallèlement, le pays doit renforcer le filet de sécurité sociale en augmentant les transferts monétaires et en élargissant la couverture de ces filets pour dédommager les ménages vulnérables de l’impact de la hausse des prix.

Reste à savoir si le gouvernement tunisien peut répondre aux exigences du FMI. Lequel aurait listé une cinquantaine de réformes à entreprendre, dont un peu plus de la moitié serait déjà en cours d’exécution, par exemple en matière fiscale. Les plus délicates concernent l’allègement du poids du secteur public, qui représentait 15,6 % du PIB en 2022).

 

Une cinquantaine de réformes

Un accord définitif pourrait être signé dans les prochains jours, tandis que le FMI déclenchera une procédure d’inspection des réformes en cours durant le premier trimestre 2023. Avant cela, l’État pourra rechercher de nouvelles sources de financement auprès de ses partenaires habituels au développement. Du côté du FMI, le premier déboursement de DTS pourrait intervenir avant la fin de l’année 2022.

Selon le communiqué du FMI, ce nouvel accord « soutiendra le programme de réformes économiques des autorités visant à rétablir la stabilité extérieure et budgétaire de la Tunisie, à renforcer la protection sociale et à promouvoir une croissance plus élevée, plus verte et inclusive et la création d’emplois tirée par le secteur privé ». 

Le FMI appelle de ses vœux un programme global de réforme des entreprises publiques, en commençant par la promulgation d’une nouvelle loi sur les entreprises publiques. Ainsi que des réformes en vue de la libre concurrence, afin d’attirer davantage d’investissements. Ce qui va de pair avec un renforcement de la gouvernance et la transparence dans le secteur public.

Le FMI appelle enfin à protéger le pouvoir d’achat des Tunisiens et à adapter la politique économique au changement climatique. Par la promotion d’investissement dans les énergies renouvelables ainsi que dans la gestion des terres et des eaux usées, entre autres mesures. « La communauté internationale a un rôle important à jouer pour faciliter le programme des autorités par le déblocage rapide des financements afin d’assurer le succès de la politique des autorités et des efforts de réforme », conclut le FMI.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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