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Education : Pour Paul Biya, il faut endiguer le chômage des jeunes

Le Président du Cameroun salue la résilience de l’économie de son pays, mais est conscient de l’inadéquation entre la formation des jeunes et le marché de l’emploi. Il prévient de nouveaux efforts pour atteindre le pari de l’émergence.

Par Laurent Soucaille

Le Président Paul Biya a-t-il tenu son pari ? C’est ce qu’il a laissé entendre dans son discours à la Jeunesse, mi-février, en indiquant que le Cameroun avait créé 500 000 emplois en 2019, conformément aux engagements pris en début d’année.

Notre politique de développement vise à moderniser notre agriculture, à stimuler notre industrialisation, notamment en transformant nos matières premières agricoles et minérales, et à développer le numérique

Pour autant, dans son discours, le Président n’a pas masqué les difficultés du marché de l’emploi, regrettant qu’une jeunesse plutôt bien formée ne trouve pas aisément un travail correspondant.

L’économie camerounaise se montre plutôt résiliente, face aux aléas de l’économie mondiale. Avec une croissance de 4,1% pour une inflation de 2,4%, c’est-à-dire en dessous du seul de 3% demandé en zone Cemac, le Cameroun résiste aux vents contraires.

À court terme, les opérateurs économiques devront néanmoins affronter le ralentissement des échanges avec la Chine. Le baromètre de RMB Investissements place le Cameroun à la 18e place des 54 pays africains, en termes d’attractivité pour les investisseurs ; tandis que leFMI attend une croissance attendue de 5%/an sur la période 2019-2024.

À l’occasion de la célébration de la Fête de la Jeunesse dont le thème était Jeunesse, paix, décentralisation et participation à la gouvernance locale pour un Cameroun nouveau, Paul Biya a demandé à la jeunesse de se montrer plus volontariste et de ne pas céder aux sirènes de la violence.

Dans son discours, le Président a vanté les mérites du Dialogue National et du Code général des collectivités territoriales décentralisées, qui « assure l’égalité de l’usage du français et de l’anglais ».

Des progrès appréciables mais insuffisants

Pourquoi évoquer d’emblée cette loi technique dans un discours aux jeunes? Il leur répond : « Vous êtes la première jeune génération qui va bénéficier des opportunités qui vont se présenter à ceux qui voudront s’investir dans la gouvernance locale. » Pour Paul Biya, cette loi démontre que l’on peut régler les problèmes de la société sans recourir à la violence.

« Notre système éducatif est déjà parvenu à un niveau de qualité reconnu mais il continuera de faire l’objet d’une attention particulière du gouvernement », a-t-il poursuivi. Tous types d’enseignements confondus, l’éducation représente environ le septième du budget de l’État. Néanmoins, le président déplore l’inadéquation des formations et de l’emploi, « un problème préoccupant, surtout s’agissant des jeunes ».

L’État recrute, son Armée aussi, le gouvernement lance des programmes d’aides à l’emploi mais « il faut bien reconnaître que ces efforts, même s’ils sont appréciables, ne sont pas de nature à résoudre le fait que notre économie ne crée pas assez d’emplois ».

Le Président se réjouit néanmoins :« 500 000 emplois ont été créés dans les secteurs modernes de notre économie ». Pour autant, la création d’emplois est primordiale, dans un pays marqué par un taux de chômage de plus de 30% et une sous-employabilité qui cumule à plus de 70%.

Trouver de nouveaux bassins d’emplois

Après les crises de ces dernières années, l’économie évolue de façon « plutôt satisfaisante » tandis que la croissance repart à la hausse, a indiqué le chef de l’État, reprenant ses propos de fin d’année 2019 de son discours à la Nation. Où il précisait que le contexte international demeurait « incertain » et que le Cameroun devrait consentir « des efforts supplémentaires pour rester sur la trajectoire de l’émergence ».

Le pays entend toujours atteindre ce stade de développement en 2035 ; le passage obligé pour y parvenir est la réduction de la dépendance à l’extérieur : « C’est tout le sens de notre politique de développement qui vise à moderniser notre agriculture, à stimuler notre industrialisation, notamment en transformant nos matières premières agricoles et minérales, et à développer le numérique. »

L’ambition du chef de l’État est de faire diminuer les importations, augmenter les exportations et créer ainsi de nouveaux bassins d’emplois.

D’autre part a, a-t-il précisé, le ministère de la Jeunesse poursuivra ses activités au bénéfice des jeunes dans les domaines de l’éducation civique et de l’intégration nationale, de leur insertion économique et de l’application du Plan triennal spécial jeunes (PTS-jeunes).

Le Président cite en exemple l’initiative « Youth Connekt Cameroon », son programme numérique lancé à Yaoundé. Ce PTS-jeunes, doté d’une enveloppe de 102 milliards de F.CFA (155,5 millions d’euros), vise la facilitation et l’accélération de l’insertion économique de 1 500 jeunes, dans quatre domaines prioritaires : agriculture, économie numérique, industrie et innovation. En 2019, plus de 780 000 jeunes ont été inscrits à l’Observatoire national de la jeunesse.

ENCADRE

L’université recrute

Le gouvernement camerounais a lancé, mi-février, le recrutement de 549 enseignants dans les universités d’État du Cameroun, au titre de l’exercice 2020.

Selon le communiqué signé par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, ce recrutement est ouvert aux personnes de nationalité camerounaise, âgées au plus de 45 ans révolus au 1er octobre 2020 et titulaires d’un doctorat ou d’un PHD. Ces recrutements concernent les principales universités du pays, comme Bamenda, Buea, Douala, Yaoundé 1 et Yaoundé 2, etc.

Chaque candidat déposera son dossier dans l’une des huit universités de son choix au plus tard le 21 mai 2020. Les Camerounais résidant à l’étranger déposeront leurs dossiers dans les missions diplomatiques et les postes consulaires.

Le chef de l’État Paul Biya a ordonné le 13 novembre 2018, un recrutement de 2 000 enseignants titulaires du doctorat-PHD dans les universités d’État. Ce recrutement spécial, ouvert aux diplômés résidant au Cameroun comme à ceux de la diaspora, s’étalera sur une période de trois ans, à compter de l’exercice 2019, soit 1000 enseignants en 2019, 549 enseignants en 2020 et 500 enseignants en 2021.

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Written by Laurent Soucaille

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