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Des inquiétudes persistent malgré la sagesse des prix (FAO)

Des inquiétudes persistent malgré la sagesse des prix (FAO)
  • Publiéoctobre 10, 2022

Si les prix mondiaux de l’alimentation s’assagissent enfin, une trentaine de pays africains sont encore fragilisés par le manque de résilience de leur agriculture, constate la FAO. L’Afrique de l’Ouest est relativement épargnée, tandis que l’Afrique centrale souffre des déplacements de populations.

 

Paradoxe : le baromètre des prix mondiaux calculé par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), en dollar, affiche une baisse pour le sixième mois consécutif, en septembre. Selon le bulletin de la FAO publié le 8 octobre 2022, le net recul des cours des huiles végétales a fait plus que contrebalancer la hausse des prix des céréales. Sur un an, l’indicateur ressort néanmoins en hausse de 5,5%, en dépit, donc, d’une baisse de 1,1% en septembre. L’indice suit l’évolution mensuelle des prix internationaux d’un panier de produits alimentaires couramment échangés. Sur le mois écoulé, le sous-indice des prix des huiles végétales a chuté de 6,6%, pour atteindre son plus bas niveau depuis février 2021. À l’inverse, celui des céréales a progressé de 1,5%, tandis que les prix internationaux du blé augmentaient de 2,2% sous l’effet de préoccupations concernant l’état des cultures en Argentine et aux États-Unis.

Si les conditions météorologiques ont été favorables en Afrique centrale, l’insécurité persistante et les déplacements de population, y compris dans certaines zones du Cameroun, continuent d’affecter les activités agricoles et de limiter l’accès des agriculteurs aux zones de culture et aux intrants.

À noter que les prix mondiaux du maïs n’ont quasiment pas bougé, tandis que les prix du riz ont progressé de 2,2% après des changements de politique tarifaire en Inde et les inquiétudes concernant le Pakistan, touché par de graves inondations, le mois dernier.

La FAO s’attend à une nouvelle baisse des estimations de la production céréalière mondiale pour 2022, qui s’établissent à présent à 2 768 millions de tonnes, soit 1,7% en dessous du chiffre de 2021. La production mondiale de céréales secondaires devrait atteindre 1 468 millions de tonnes, soit un recul de 2,8%, évolution qui s’explique principalement par des conditions météorologiques défavorables pour les cultures aux États-Unis.

Il n’en reste pas moins que selon le dernier rapport du Système mondial d’information et d’alerte rapide sur l’alimentation et l’agriculture de la FAO, 45 pays, dont 33 en Afrique, neuf en Asie, deux en Amérique latine et dans les Caraïbes et un en Europe, ont besoin d’une aide alimentaire extérieure.

 

Les conflits pèsent en Afrique centrale

« Des sécheresses s’étendant sur plusieurs années ont engendré une situation d’insécurité alimentaire grave en Afrique de l’Est, où certaines parties de la Somalie risquent d’être touchées par la famine si l’aide humanitaire n’est pas intensifiée. Des taux d’inflation élevés, des environnements macroéconomiques difficiles et la dépréciation des monnaies aggravent l’insécurité alimentaire dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier », note l’institution onusienne.

Des déficits pluviométriques importants et généralisés devraient entraîner une baisse des récoltes en Afrique de l’Est, notamment en Somalie et dans certaines parties de l’Éthiopie et du Kenya, tandis que l’insuffisance des ressources en eau et en pâturages affecte les élevages. En revanche, bien que les inondations en Afrique de l’Ouest ont entraîné des dommages localisés aux cultures, l’abondance générale des précipitations devrait favoriser une augmentation de la production en 2022. La sécheresse et les phénomènes météorologiques extrêmes dans certaines parties de l’Afrique du Nord et de l’Afrique australe ont entraîné une réduction de la production céréalière en 2022 dans la plupart des pays.

Ainsi, en Afrique du Nord, la production céréalière de 2022 réduite par la sécheresse entraîne des besoins d’importation élevés. Les récoltes de blé et d’orge de 2022 ont été achevées à la mi-juillet en Égypte, en Libye et au Maroc, tandis que sur les hauts plateaux d’Algérie, les activités de récolte se sont terminées à la mi-août 2022.

En Afrique, 33 pays ont besoin d’une assistance pour leur alimentation, juge la FAO.

 

En Afrique de l’Ouest, moins d’inquiétudes, donc. Dans les pays côtiers du golfe de Guinée, à savoir le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Togo, la récolte des cultures de maïs de la campagne principale s’est achevée récemment, tandis que la récolte du millet, du sorgho, du riz et des cultures de maïs de la seconde campagne devrait avoir lieu au cours du dernier trimestre de l’année. Dans les pays sahéliens, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, la Mauritanie, le Sénégal et le Tchad, la récolte des céréales secondaires et du riz est en cours, tandis que la récolte des céréales est sur le point de commencer en Guinée-Bissau, en Guinée et en Sierra Leone.

En Afrique centrale, la production céréalière de 2022 est limitée par les conflits et les prix élevés des intrants. Dans les zones septentrionales du Cameroun et de Centrafrique, la récolte des cultures de mil et de sorgho de 2022 a commencé dans la seconde moitié de septembre.

 

Des prix élevés des engrais

Dans les zones centrales et méridionales des deux pays, la récolte de la principale culture de maïs de 2022 a commencé à la mi-août 2022 et se poursuit actuellement.

Dans les provinces du nord de la RD Congo, la récolte de la principale culture de maïs de 2022 devrait commencer en octobre, tandis que la plantation des cultures de maïs de la campagne principale de 2022 est en cours ailleurs dans le pays, en République du Congo et au Gabon. Les conditions météorologiques ont été généralement favorables dans au cours de la campagne.

« Toutefois, l’insécurité persistante et les déplacements de population, y compris dans certaines zones du Cameroun, continuent d’affecter les activités agricoles et de limiter l’accès des agriculteurs aux zones de culture et aux intrants agricoles », prévient la FAO. Les prix internationaux élevés des engrais, en grande partie importés, ont également limité l’accès, en particulier pour les petits exploitants. « Il en résulte une utilisation sous-optimale, une diminution des rendements ou une réduction des surfaces cultivées, avec des impacts négatifs sur la production agricole de 2022 », conclut la FAO.

@AB

 

Écrit par
Laurent Soucaille

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